Sac à dos au Bhoutan : est‑il possible de voyager en sac à dos ?
Le Bhoutan est le seul royaume bouddhiste de l’Himalaya encore existant, ce qui en fait une destination très prisée. Il n’a ouvert ses frontières aux touristes qu’en 1974, ce qui explique l’engouement grandissant pour ce pays méconnu.
Après avoir quitté mon emploi pour parcourir le monde, j’ai choisi le Bhoutan comme première escale, convaincu que l’expérience serait unique. Mais le Bhoutan impose une taxe royale quotidienne de 250 $ incluant hébergement, repas et guide. Peut‑on réellement faire du backpacking là‑bas ? Peut‑on voyager seul ?
Backpacking au Bhoutan
Le pays exige le paiement de 250 $ par jour, ce qui vous garantit un itinéraire complet, du petit‑déjeuner au dîner, ainsi qu’un guide personnel pendant tout le séjour. Cette formule rend le voyage en solitaire ou le backpacking « à la carte » quasiment impossible.
De plus, le nombre de touristes autorisés chaque saison est limité et attribué selon le principe du premier arrivé, premier servi. Si votre demande n’est pas retenue, elle est reportée à la saison suivante, ce qui complique davantage l’idée de partir à l’aventure en sac à dos.

Voyageurs indiens et exigences récentes
Jusqu’en 2020, les ressortissants indiens pouvaient traverser la frontière avec un simple permis délivré par le service d’immigration, sans payer la taxe royale. En 2020, une nouvelle législation a introduit des frais de 1 200 ₹ pour les Indiens, Bangladais et Maldiviens, bien que la pandémie de Covid‑19 ait suspendu cette mesure. Il convient donc de vérifier régulièrement le site de l’Ambassade royale du Bhoutan pour les dernières informations.

Indiens voyageant seuls au Bhoutan
Pour les non‑Indiens, le backpacking reste très limité. La taxe de 250 $ couvre tout, ce qui empêche tout déplacement autonome. Même en payant un supplément de 40 $ pour voyager seul, vous restez lié à un itinéraire préétabli et à un guide.
Mon expérience de backpacking au Bhoutan
En 2016, j’ai voyagé seul au Bhoutan. J’ai débuté à Phuentsholing avec un permis de route limité à Thimphou et Paro, valable une semaine. Pour l’étendre, je me suis rendu au bureau d’immigration de Thimphou, où l’on m’a proposé un prolongement de 15 jours incluant quatre villes supplémentaires (Bhumtang, Mongar, T/Gang et la sortie via S/Jongkhar).

Ce processus, bien que simple pour un Indien, restreignait mes déplacements à ces seules villes et à un délai de 15 jours. On peut donc dire que, d’une certaine façon, j’ai pu faire du backpacking, mais avec de fortes contraintes.
Ne voyagez pas seul au Bhoutan
Jusqu’en 2029, les Indiens pouvaient se déplacer sans payer la taxe royale, mais le pays n’a jamais encouragé le voyage en solo. Dès que l’on se présente à l’immigration avec un sac à dos et l’envie de découvrir le pays comme un local, les fonctionnaires restent perplexes et imposent un itinéraire défini.
Lors de mon passage à Thimphou, on m’a demandé de quitter le pays sous 15 jours, suivant un trajet précis, via ce que l’on appelle un « lettre d’immigration ».

Si vous ne pouvez pas vous rendre au Bhoutan mais cherchez une destination similaire, je recommande le monastère de Tawang en Arunachal Pradesh, en Inde. Culturellement proche du Bhoutan, Tawang abrite le deuxième plus grand monastère du monde après le Palais du Potala et se trouve à seulement 15 km de la ville bhoutanaise de Trashigang.




