Longwa, le point culminant du district de Mon au Nagaland
Souvent qualifié d'« Orient sauvage », le Nagaland était autrefois le terreau de tribus pratiquant la décapitation, qui affichaient les têtes de leurs ennemis aux entrées de leurs villages jusqu'à la fin du XXe siècle.
Le village de Longwa, situé dans le district de Mon, n'échappait pas à cette tradition.
Aujourd'hui, le Nagaland n'est plus que l'ombre de son passé guerrier, mais on y rencontre encore des Naga en tenue traditionnelle, impressionnants sans pour autant pratiquer la décapitation.
En quête d'exotisme, j'ai donc visité le village frontalier de Longwa, dans le district de Mon.
Beaucoup de voyageurs redoutent le Nord‑Est de l'Inde, notamment le Nagaland. Si vous avez des doutes sur la sécurité mais souhaitez tout de même découvrir la région, consultez mon article « Le Nagaland est‑il sûr à visiter ? ».

Un roi aux 60 épouses
On raconte que le chef de Longwa, appelé localement « Angh », mange en Birmanie et dort en Inde, car une partie de sa demeure se trouve de chaque côté de la frontière.
Il aurait 60 épouses et gouvernerait plus de 70 villages s'étendant de la Birmanie à l'Arunachal Pradesh – une vie de luxe, à n’en pas douter !
De plus, le roi et tous les habitants de Longwa possèdent la double nationalité indienne et birmane.


Que voir et faire à Longwa, Mon
Longwa recèle de nombreuses attractions qui valent le détour.
1. La maison du roi – Accessible sans autorisation ni frais, cette demeure vous plonge dans le passé et expose des objets rares de la culture Naga, notamment de la tribu Konyak. C’est l’une des principales raisons de visite du district de Mon.



2. Un village accueillant – Longwa est l’un des plus grands villages de Mon et dispose de plusieurs hébergements pour les voyageurs. Le coût d’un séjour y est généralement inférieur à celui de la ville de Mon.
En bref, si vous explorez Mon et désirez vivre la culture nagarienne, Longwa est un lieu sûr et authentique.

3. Le « repaire d’opium » – Bien que la consommation d’opium soit illégale, le village est connu pour la culture de la plante. Les visiteurs peuvent observer la préparation de l’opium et son usage à travers des pipes en bambou finement gravées.

4. Les derniers chasseurs de têtes tatoués – Longwa est l’un des rares endroits où l’on peut encore rencontrer ces hommes, souvent prêts à poser pour les photos (contre rémunération) et à montrer leurs torse tatoués.

Enfin, Longwa occupe une place particulière en tant que dernier village frontalier de l'Inde. La frontière avec la Birmanie y est matérialisée par un point de vue où un jalon indique les deux pays, séparés par une ligne invisible.

Comment se rendre à Mon
Les transports publics au Nagaland sont peu fiables. Il faut réserver les bus plusieurs jours à l'avance, et les dimanches, les services sont quasi inexistants. Les Britanniques avaient inculqué aux Nagas l’idée de ne rien faire le dimanche ; le résultat : le Nagaland se transforme en « désert » ce jour‑là.

Mon récit : de Kohima à Longwa
Sans réservation de bus, mon trajet de Kohima à Longwa a duré deux jours. J’ai d’abord trouvé un covoiturage jusqu’à Dimapur, puis pris le train vers Bhojo (Assam). Après une nuit blanche à la gare, j’ai continué le dimanche vers le point d’entrée nord du Nagaland, Namza, et grâce à un autre auto‑stop, j’ai atteint Mon.
Un bus aurait coûté 800 ₹ et mis un peu plus de 12 heures ; j’ai payé un tiers du prix mais perdu 48 heures ! De Mon, j’ai pris un taxi partagé de 150 ₹ pour Longwa.
Conseil : Réservez votre billet de bus au moins 24 heures à l’avance depuis Kohima. Le bus part quotidiennement à 13 h (sauf le dimanche) et arrive à Mon tôt le lendemain matin. De là, un taxi partagé vous conduit à Longwa.
Si vous êtes à Kohima, lisez aussi mon article sur le road‑trip Dimapur‑Kohima, ma visite de Khonoma, ou mon guide du Festival Hornbill en décembre.

District de Mon : un des meilleurs endroits du Nagaland
Le district de Mon, très fréquenté par les touristes, offre une immersion unique dans la vie villageoise nagarienne. Longwa constitue une base idéale pour découvrir les derniers chasseurs de têtes tatoués, approcher la frontière birmane, voyager en taxi partagé ou en voiture.
Les familles locales vivent modestement, la jeunesse fait face au chômage, mais la communauté conserve une vie chaleureuse, de bons repas et de la convivialité.
Le district vaut également le détour pendant le festival Aoling.


Où dormir à Longwa
Il existe deux hébergements touristiques. L’un est géré par la communauté, l’autre par une famille influente.
Le homestay de Jeilei, parent éloigné du roi, offre une expérience authentique aux voyageurs et aux routards, au cœur du mode de vie Konyak.


Le foyer possède une grande cuisine avec feu central où l’on prépare lentement les repas, idéal pour siroter du thé noir, engager de longues conversations et faire connaissance.
Vous pouvez également acquérir des objets artisanaux – bec de calao, sculptures en bois, fusil à silex – directement sur place.
La nourriture est très biologique et le service, excellent.

Les chambres sont propres, équipées de couettes épaisses et offrent une vue imprenable sur le village.

Tarifs : environ 600 ₹ par lit et par nuit. Le repas coûte 180 ₹ pour les végétariens et 200 ₹ pour les non‑végétariens.
En somme, le séjour chez Jeilei combine confort basique, accueil chaleureux et immersion culturelle.




