Mon voyage en Transsibérien – Partie 2 : Ekaterinbourg
La Russie réserve toujours des surprises, bonnes ou mauvaises. À Ekaterinbourg, nous avons frôlé le vol mais aussi rencontré des habitants généreux qui nous ont offert le gîte. Voici le deuxième article de notre aventure sibérienne. Vous pouvez d’ailleurs lire la première partie de notre périple sur le chemin de fer transsibérien.
Pas de vol aujourd'hui !
Après 26 heures de train, nous sommes arrivés à Ekaterinbourg, notre deuxième escale. Nous devions rencontrer les Urben Explorers que nous avions contactés en ligne, mais il nous restait plus d’une heure et demie d’attente. Nous nous sommes donc installés au café de la gare.
Au bout de dix minutes, quelques hommes au regard suspect se sont approchés. Armés de couteaux, ils semblaient attendre que nous quittions le lieu. J’ai sorti mon propre couteau pour faire bonne figure, mais j’avoue avoir eu peur – ils étaient cinq ou six, alors que nous n’étions que deux.
Nous avons trouvé une issue : un groupe de jeunes recrues (18‑22 ans) descendait du train. En nous glissant parmi eux, nous avons pu franchir la porte du café sans croiser les braqueurs.
Ce départ mouvementé est devenu, avec le temps, une anecdote amusante. Notre amie locale nous a expliqué que les agresseurs semblaient appartenir à un gang pakistanais. Mais nous avons vite oublié cet incident, car… les Russes sont incroyablement… crazy !
Les Russes, un peuple fou (dans le bon sens)
Les récits de Russes aux comportements extravagants pullulent sur YouTube. Cette folie cache souvent une énergie débordante, et nous avons pu en faire l’expérience à Ekaterinbourg.
Une scierie abandonnée
En suivant notre amie jusqu’à sa voiture, nous avons découvert une ancienne scierie. Fascinés par les lieux abandonnés, nous avons accepté son invitation à explorer l’intérieur. Elle a escalé le mur pour atteindre une fenêtre, et nous l’avons suivis.
L’intérieur, encore chargé de machines rouillées et de poussière, était un bel exemple d’architecture industrielle russe. Une vraie trouvaille pour les amateurs d’exploration urbaine.
Mon deuxième tatouage
Après la scierie, nous avons passé l’après‑midi à parcourir le centre‑ville. Mais nous avons finalement choisi de nous rendre chez un tatoueur local. Après avoir dessiné le motif sur son ordinateur, il l’a gravé sur mon bras, accompagné de son chien. Le résultat me plaît encore aujourd’hui.
Panorama d’Ekaterinbourg
Avec le tatouage encore saignant, nous avons grimpé au toit d’un immeuble de 20 étages. Le panorama était époustouflant : le soleil se couchait, la ville s’illuminait, et nous avons partagé des bières comme de vrais Russes.
Bières sur le toit d’une usine sidérurgique
Après quelques heures sur le toit, notre hôte russe nous a proposé une nouvelle aventure. Nous avons franchi une clôture barbelée, nous faufilé entre les gardes, puis pénétré dans les tunnels souterrains d’une usine d’acier. Nous avons fini la soirée sur le toit de l’usine, à boire encore une bière.
De retour, je me suis légèrement coupé sur le fil barbelé, mais cela n’a aucune importance face aux souvenirs de cette journée mémorable à Ekaterinbourg.
Ekaterinbourg
Après ces péripéties, voici quelques lieux à ne pas manquer, qu’ils soient insolites ou classiques.
Monastère de Ganina Yama
« Alors où est le tsar ? » – « Partout, il a été abattu. » – Léon Trotski, découvrant le sort de la famille Romanov.
Le 17 juillet 1918, durant la guerre civile russe, la famille impériale est exécutée dans le sous‑sol du monastère. En 2000, le gouvernement russe a fait ériger la chapelle « Khram na Krovi » (Église du Sang), un petit mémorial dédié aux Romanov. En 2001, sept chapelles ont été ajoutées, chacune honorant un membre de la famille. Une des chapelles a brûlé en 2010, mais des travaux de reconstruction sont prévus.
Monument du clavier QWERTY
Conçu par Anatoly Vyatkin le 5 octobre 2005 près de la rivière Iset, ce monument reproduit à l’échelle 30 : 1 un clavier cyrillique d’ordinateur IBM. En 2011, les touches Y, F1, F2 et F3 ont été volées puis restaurées. La légende veut que l’on puisse formuler un vœu en tapant sur les touches, puis « Entrée » pour le réaliser, ou Ctrl‑Alt‑Suppr pour « rebooter » sa vie.
Frontière Europe‑Asie
À 17 km d’Ekaterinbourg se trouve le point où l’Europe rencontre l’Asie. Un petit monument marque ce repère. Il faut y accéder en voiture ou en taxi, car aucun transport en commun ne s’y rend. Autour du monument, des arbres sont décorés de rubans : les couples mariés laissent un ruban ou un cadenas pour porter chance.
Église de Tous les Saints
Construite entre 2000 et 2003 sur le site de la Maison Ipatiev (démolie en 1977), où la famille Romanov a été assassinée, cette église orthodoxe russe est l’une des plus belles que j’ai vues, à part la Cathédrale du Christ Rédempteur à Moscou.
Conclusion
Ekaterinbourg est une ville fascinante, riche d’attractions historiques et d’expériences hors du commun. Cette journée restera parmi les plus folles de ma vie. Si cet article vous a plu ou si vous avez des questions sur Ekaterinbourg ou le Transsibérien, laissez un commentaire ci‑dessous.




