S'il vous plaît, évitez… Koh Poda, Thaïlande
Un secret bien gardé au cœur de Krabi
Vous vous souvenez que je vous avais conseillé de passer à côté de Todo Santos au Guatemala, Samara au Costa Rica ou Valladolid au Mexique ? Rarement je découvre un lieu que je veux garder pour moi seul, mais Koh Poda a changé la donne. Dès les premiers pas sur son sable blanc immaculé, j’ai compris qu’il s’agissait d’un joyau encore préservé. En tant que lecteur fidèle, je ne pouvais pas rester silencieux : je vous le recommande, à condition de garder ce secret.

Comment j’ai trouvé cet oasis
Krabi, la région côtière emblématique de Thaïlande, mérite une attention particulière. Mon premier séjour s’est soldé par une arnaque à Bangkok et des prix excessifs à Krabi, ce qui m’a laissé un goût amer. J’ai alors écarté Koh Lanta, Koh Phi Phi (trop bondées et malodorantes), Phuket (un peu crasseuse) et Maya Bay (décevante). Mais les photos spectaculaires des falaises de calcaire de Railay et Tonsai, ainsi les avis enthousiastes sur Ao Nang, m’ont poussé à revenir le long de la mer d’Andaman.

Ao Nang : une déception odorante
À notre arrivée, Ao Nang semblait prometteur, mais l’odeur d’eaux usées provenant d’un canal voisin, chargé de déchets et d’une décharge improvisée, a tout gâché. Les restaurants alentour étaient tout aussi inhospitaliers à cause de la puanteur.

Railay, entre beauté et inconfort
Nous avons embarqué pour Railay, espérant le paradis. Le décor était certes magnifique, mais les bateaux à longue queue polluaient l’air et l’eau, et le rocher d’accès décourageait la baignade. Les restaurants en front de mer facturaient des prix astronomiques (un Pad Thai plus cher qu’à New York), au même niveau que Koh Tao, mais la qualité laissait à désirer. En huit jours autour d’Ao Nang et de Railay, je n’ai trouvé aucun repas mémorable.


Une île méconnue : Koh Poda
Avant de quitter Krabi, nous avons contacté un tour‑operator proposant des escapades privées. Leur réponse : « Il n’y a pas de plages sans foule ici ». Nous avons tout de même réservé une sortie snorkeling privée vers Chicken Island et Koh Poda.


Et là, le paradis s’est dévoilé : eaux cristallines, étendue de sable blanc vierge. Au premier débarquement, plus de vingt bateaux et touristes occupaient la zone d’atterrissage, mais en s’éloignant, le calme était total : aucune foule, seulement la mer turquoise et quelques baigneurs sous les arbres.



Aucun hôtel ne vient troubler l’intérieur herbeux, même si l’accès depuis Ao Nang ne prend que 20 minutes. Un unique stand propose des boissons ; au‑delà, c’est le désert.


Nous avons repéré des restes de feu de camp, signe d’un camping sauvage (la réglementation reste floue).

Koh Poda : le paradis thaïlandais négligé
Ravi d’avoir découvert ce petit coin de rêve, je suis resté aussi longtemps que possible. Cependant, la présence de déchets sur cette île très fréquentée le jour même a gâché l’expérience ; les bateaux restent quelques minutes seulement, mais les campeurs nocturnes aggravent le problème. Un simple geste : emporter vos déchets avec vous.



En tant que parc national, l’entrée coûte 200 THB (≈ 5,90 USD) pour les visiteurs privés, 50 THB (≈ 1,50 USD) en groupe. Ces frais devraient financer le nettoyage au‑delà du point d’arrivée.MISE À JOUR 2019 : les frais sont désormais 400 THB (≈ 13,25 USD).

Les cicatrices du tsunami de 2004 restent visibles : absence de palmiers, troncs massifs bloquant les passages à marée haute (contournement via le sentier forestier).

Malgré ces imperfections, nous y sommes retournés le lendemain.


Conseils pratiques pour visiter Koh Poda
Krabi se développe rapidement ; la pression touristique risque d’atteindre Koh Poda. Marchez doucement, respectez la nature et repartez avec vos déchets.
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