Comment organiser mon premier voyage en Italie
Chère Fathom : J’ai parcouru le monde, mais jamais l’Italie (embarras, je sais). Nous disposons de deux semaines et voulons voir le maximum – Rome, Venise, la Toscane, la côte Amalfitaine – tout en profitant d’une vraie vacances et en découvrissant la dolce vita. Et bien sûr, nous voulons éviter les sentiers touristiques classiques.
Pas d’embarras, le plus important c’est que vous y allez. L’Italie est un pays accueillant les voyageurs. Les lieux que vous avez cités sont très touristiques, mais c’est pour une bonne raison : ils sont tout simplement extraordinaires. J’y retourne depuis que je suis tout petit, et même les sites les plus fréquentés ont leurs charmes.
OÙ COMMENCER
Optez pour un itinéraire du nord au sud : atterrissez à Venise, descendez vers Florence et la Toscane, continuez jusqu’à la côte Amalfitaine, puis partez de Rome. Vous pouvez aussi terminer votre séjour par quelques jours de détente sur la côte Amalfitaine avant de repartir de Naples, l’aéroport le plus désorganisé du monde.
QUAND PARTIR
Règle d’or : évitez le mois d’août. Le 15 août, la fête nationale du Ferragosto, tout le pays part en vacances, les prix flambent et les villes se transforment en « fermé ». L'hiver peut être brumeux et sombre, surtout à Venise, mais le meilleur moment pour visiter l’Italie se situe en mai, juin, septembre et octobre.
Ce voyage sera un cours intensif de l’Italie, mêlant visites effrénées de villes à des journées plus calmes à la campagne. Je me concentrerai davantage sur les escales moins évidentes.
VENISE : 2 JOURS
En dehors de l’hiver rigoureux, Venise est un véritable fourmillement touristique. Mais c’est Venise, et elle reste époustouflante, même quand on la trouve agaçante. Vous verrez la magnifique place Saint-Marc, assisterez à une démonstration de soufflage du verre à Murano (j’ai visité l’usine Seguso l’an dernier), vous perdrez dans les ruelles étroites et dégusterez fruits de mer et cicchetti (petites assiettes). Pour le séjour, choisissez le luxueux Il Palazzo (mon préféré des hôtels Bauers) ou le charmant Hotel Metropole, tous deux à deux pas de la place Saint-Marc et loin de la foule.
BOLOGNE : 1‑2 JOURS
Souvent oubliée dans les circuits rapides, Bologne constitue une halte idéale entre Venise et Florence. C’est ma ville préférée d’Italie : cuisine exceptionnelle, vie politique animée entre communisme et bourgeoisie haut de gamme, et de longues arcades parfaites pour les passeggiatas. L’hôtel que je recommande le plus est le Corona D’Oro. Vous y découvrirez une petite ville riche en patrimoine, loin des foules qui envahissent Venise, Florence ou Rome.

Pavia et son père admirant les fresques de la chapelle Scrovegni à Padoue.
PADOUA : ½ JOUR
Depuis Venise, une excursion d’une demi‑journée à Padoue (40 min en train) s’impose pour les amateurs d’art. La chapelle Scrovegni de Giotto, véritable petite chapelle Sixtine, a été restaurée il y a quelques années et révèle des fresques racontant la vie de Jésus et de Marie, avec un tableau de l’enfer qui ferait pâlir Hieronymus Bosch. Réservez à l’avance. Profitez‑en pour flâner sur la Piazza della Frutta et la Piazza delle Erbe, goûter un zabaglione au Caffè Pedrocchi (le « meilleur café d’Europe » selon Stendhal) et découvrir les stands gourmands sous le Palazzo della Ragione. Si vous avez le temps, offrez‑vous un déjeuner à Le Calandre, le restaurant trois étoiles Michelin de Rubano, à proximité.
FLORENCE : 2 JOURS
Florence est un petit écrin : entièrement praticable à pied, charmante et compacte. Art, architecture et églises époustouflants. Votre première impression ? Bien sûr, la Renaissance est née ici.

Dîner à Officina della Bistecca. Arrivez affamés.
TOSCANE : 2‑3 JOURS
Quel degré de détente recherchez‑vous ? La Toscane est un enchaînement de villages pittoresques. Aucun ne peut revendiquer la suprématie, même si les Toscans insistent pour que le leur soit le meilleur. Les villes les plus touristiques sont San Gimignano et Lucca. J’ai passé quelques jours à Sienne ; c’était agréable, mais cela ne suffit pas à me faire y revenir. En revanche, j’ai découvert Panzano, qui est devenu mon coup de cœur. L’auberge familiale Villa Le Barone offre une vue magnifique sur les vignes. Le boucher Dario Cecchini, personnalité controversée de la scène gastronomique italienne, possède deux restaurants : Officina della Bistecca et Solo Ciccia. Ce sont des établissements conviviaux, sans menu, où l’on mange jusqu’à plus faim.
LOGISTIQUE : TRAINS ET VOITURES
La plupart de l’itinéraire se fait en train : le réseau italien est pratique, ponctuel et abordable, avec des trains à grande vitesse et des lignes locales desservant les centres‑villes. Les grèves (sciopero) sont fréquentes mais se résolvent généralement en une journée. En dix‑plus‑dix ans de voyages en Italie, je n’ai jamais été affecté par une grève.
Pour explorer les collines toscanes, la location d’une voiture est idéale. Un trajet de Florence à Panzano via la route 222, puis la 408, la 326 et la 146 offre des paysages à couper le souffle. Vous pourrez ainsi visiter Castelnuovo Bernardenga, Sinalunga, Pienza, Bagni Vanoni et Montepulciano, vous arrêter pour déjeuner et profiter d’un rythme détendu. Selon votre choix de terminer à Rome ou sur la côte Amalfitaine, vous pouvez rendre la voiture à Rome ou la garder jusqu’à Naples.
ROME : 2‑3 JOURS
Rome sera un concentré de musées, églises et monuments. Les ruines antiques sont visibles dès la gare Termini. Réservez le Casa Howard ou l’Hotel Locarno. Levez‑vous tôt pour visiter le Vatican avant la foule, explorez le Forum avec un guide audio, et ne manquez pas le Colisée. Un incontournable : les gnocchis à la gorgonzola chez Fortunato au Panthéon, les tapas de ‘Gusto et les nombreuses tables de Roscioli.

Vue de la côte depuis Lo Scoglio à Nerano.
COÛTE AMALFIENNE : 3‑4 JOURS
Lo Scoglio à Nerano est mon petit coin de paradis sur la péninsule de Sorrente. Restaurant‑hôtel familial au bord de l’eau, il se trouve à deux criques de la rencontre entre la baie de Naples et celle de Salerne. C’est la côte Amalfitaine que peu de touristes étrangers connaissent, car la route principale contourne la péninsule en reliant Sorrente à Positano. Vous y trouverez une ambiance simple et chaleureuse, gérée par la famille De Simone.
Les chambres, nommées d’après des constellations, offrent des balcons sur la mer à des prix très raisonnables. Depuis là‑bas, vous pouvez monter à Don Alfonso pour un repas gastronomique, un séjour, ou des cours de cuisine dans une salle de classe aux carreaux magnifiques.
Des excursions faciles sont possibles : la famille De Simone peut organiser une sortie en bateau avec Nautica ’o Masticiello vers Capri, ou une visite de Pompéi en train Circumvesuviana. Vous pouvez également explorer les villages côtiers du sud : Amalfi (magnifique cathédrale), Ravello (vues panoramiques), et Positano (cocktails au légendaire Le Sirenuse). Évitez Sorrente, qui n’offre que la gare et le ferry pour Naples, et même Positano, souvent surcoté et bondé.
Vous pourriez rester indéfiniment à Lo Scoglio, savourant un risotto aux fruits de mer ou des spaghetti aux palourdes fraîches, accompagnés des légumes les plus savoureux que vous ayez jamais goûtés.
En tout, ce circuit représente 10‑12 jours – un véritable « Italie 101 ». D’autres régions comme l’Ombrie, les Marches ou les Pouilles seront abordées dans de prochains articles. L’Italie vous laissera toujours l’envie d’y retourner.
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