Comment reconnaître une vraie geisha
Comment savoir si vous êtes en présence d’une véritable geisha ? Voici quelques indices fiables.
KYOTO, Japon – Si repérer une geisha authentique, ou geiko comme on les appelle localement, était facile, elles perdraient de leur charme. J’ai découvert cela lors de mon premier voyage à Kyoto il y a dix ans, après avoir confondu des touristes déguisés avec de véritables geiko. Bien que leurs perruques imposantes et leurs kimonos éclatants attirent tous les regards, leur comportement discret et leur nombre décroissant les rendent plus éphémères que les fleurs de cerisier. Avec un peu d’audace et quelques conseils, les voyageurs peuvent néanmoins croiser ces artistes traditionnelles.
Origines du geiko
La culture des geiko remonte au début du XVIIe siècle, lorsque les jeunes femmes servaient le thé et les confiseries japonaises dans les maisons de thé autour des sanctuaires et temples. Au fil du temps, ces serveuses, expertes de la cérémonie du thé, ont élargi leur répertoire à la musique, la danse et le chant.
De nos jours, le spectacle d’un geiko se déroule lors d’un banquet raffiné. Dans les maisons de thé traditionnelles, une soirée mêlant cuisine, jeux artistiques et saké peut coûter plusieurs centaines d’euros par personne, et est souvent réservée aux hommes d’affaires. Ces artistes sont rares : alors qu’il y en avait des dizaines de milliers il y a des siècles, seules quelques centaines de geiko exercent encore à Kyoto.
Comment identifier une geiko
Le premier pas pour repérer une geiko – ou plus souvent une maiko, son apprentie – est de déterminer s’il s’agit d’une véritable artiste ou d’un touriste en costume. Le critère le plus simple est le lieu. Il n’existe que cinq hanamachi (quartiers de geisha) à Kyoto : Gion Kobu, Miyagawa‑chō, Ponto‑chō, Kamishichiken et Gion Higashi. Les geiko ne s’éloignent généralement pas de leur quartier.
Ensuite vient l’apparence, le signe distinctif d’une geiko. Leur look exige des heures de préparation, alors que les boutiques de costumes proposent des raccourcis. Un touriste peut se contenter de cheveux lâches, mais une geiko arborera toujours des coiffures sculpturales, laquées et des perruques impeccables. Le trait le plus caractéristique est le visage et le cou peints – une superposition laborieuse de cire, de pâte et de poudre blanche – qui apparaît souvent plus opaque et appliqué à la hâte chez les touristes.
Où repérer une geisha
Dans la foule
Si votre budget est limité mais que vous avez du temps, la façon la plus économique de repérer une geiko est simplement d’attendre. Arrivez à Gion Kobu, le plus grand quartier de geisha de Kyoto, avant 18 h. À cette heure, les geiko se dirigent vers les maisons de thé pour leurs performances. Vous ne serez pas seul : de nombreux touristes munis d’appareils photo chercheront eux aussi à les voir. Si vous en apercevez une, demandez la permission avant d’utiliser le flash – il est impoli de photographier une geiko sans accord ou paiement, et, face à cette pratique, elles ont récemment recours à des taxis pour éviter les clichés indésirables.
Dans un jardin de bière
Gion Kobu est le plus grand, mais Kamishichiken est le plus ancien quartier de geiko de Kyoto. Au théâtre Kaburenjō, les geiko et maiko prennent les commandes de bières légères, de saké et de mets japonais dans le jardin de bière (ouvert de juillet à début septembre). C’est une expérience plus accessible que le banquet privé, et tant qu’une place est disponible, tout le monde peut entrer.
Au théâtre
Si vous ne craignez pas les apprenties, assistez au « Maiko Show » à la tour de Kyoto. Chaque lundi, mercredi et vendredi, le lieu propose des représentations en fin d’après‑midi avec des maiko, âgées de quinze à vingt ans, encore en formation. Bien que moins élégant qu’un banquet complet, c’est une occasion rare de poser des questions aux maiko, de la durée de la préparation aux activités qu’elles aiment faire pendant leurs rares jours de repos. Après quelques spectacles, les visiteurs peuvent même prendre un selfie.
Dans votre ryokan
Alors que les générations de geiko étaient autrefois inaccessibles aux visiteurs (notamment les étrangers) sans recommandation, les voyageurs d’aujourd’hui n’ont besoin que d’un bon concierge. Réservez longtemps à l’avance une chambre dans un ryokan traditionnel comme le Momijiya Ryokan ou le Gion Hatanaka Ryokan, et vous pourrez organiser des dîners avec les geisha.
Une nouvelle garantie
Le Four Seasons Hotel Kyoto, récemment inauguré, propose, dans son esprit de service, des expériences exclusives. Les clients peuvent réserver des soirées accompagnées de geiko dans une maison de thé voisine, l’une des excursions phares de l’hôtel. Mais l’expérience la plus simple se trouve à deux pas, dans le jardin de l’étang centenaire où le personnel accueille des performances de maiko chaque week‑end, permettant ainsi aux hôtes de cocher cette activité sur leur liste de souhaits sans quitter leur chambre.
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