Comment je sélectionne mes destinations et me prépare pour chaque voyage

Comment choisissez‑vous votre prochaine destination quand vous avez la liberté d’aller presque n’importe où dans le monde ? Une fois le choix fait, comment vous préparez‑vous avant de partir ? Et enfin, quand le temps n’est pas limité, comment décidez‑vous de la durée de votre séjour ?
Ces questions sont apparues dans les commentaires de mon dernier article, où j’ai demandé aux lecteurs ce qu’ils aimeraient que j’aborde. Elles sont essentielles pour quiconque veut voyager longtemps : il faut y répondre encore et encore. Après 14 ans à parcourir le globe, à changer de pays sans cesse, je partage ici mes réponses.
Commençons…
Choisir une destination
Je ne sais presque jamais où je serai plus d’un mois à l’avance. Je ne suis pas du tout un planificateur et mon mode de vie rend impossible de fixer un programme sans devoir le réviser plusieurs fois.
En bref, je ne planifie pas.
Je préfère « suivre le courant », prendre les décisions à la dernière minute dès que l’inspiration me pousse à découvrir un nouveau pays. Parfois, c’est un article que je viens de lire, d’autres fois c’est l’envie d’apprendre quelque chose ou de retrouver des personnes. Si demain je me réveille avec une envie irrésistible de traverser les plaines de Mongolie, je chercherai un vol immédiatement ; il y a de fortes chances que je me retrouve en Mongolie très vite, même si l’idée ne me traversait pas l’esprit aujourd’hui.
Le choix de ma prochaine destination est donc largement aléatoire.
Cela dit, je suis convaincu que le voyage doit avoir un but. Sans objectif, le voyage devient vite ennuyeux (c’est surprenant, mais c’est vrai !). Ainsi, je ne choisis pas un pays simplement pour en voir un nouveau : je le choisis parce qu’il y a une activité ou un objectif que je veux atteindre.
Par exemple, mon récent voyage au Yémen est né d’une idée qui a germé en deux semaines. Mon but : visiter un pays très peu fréquenté afin d’en éclairer un peu la lumière sur ses habitants, et découvrir Socotra pour préparer une future « Wandering Earl Tour ». (Le projet avance ; il sera finalisé très bientôt !)
Le voyage a besoin d’un but, mais il ne faut pas passer des années à définir un objectif grandiose. Avoir simplement une intention aide à réduire les options : je n’irais pas en Chine pour apprendre l’espagnol, ni au Mexique pour étudier l’histoire européenne.
Pensez à vos intérêts : voulez‑vous apprendre une langue ? Rendre visite à des amis ? Voir un site dont vous avez toujours rêvé ? Préférez‑vous la nature, la ville ou la plage ? En vous posant ces questions, le choix devient beaucoup plus simple.
Se préparer pour un nouveau pays
Cette partie est facile pour moi, car je prépare très peu. Décider à la dernière minute ne me laisse pas le temps de faire des recherches approfondies. Je n’utilise plus de guides papier ; je voyage avec peu d’informations, au-delà de ce que je sais déjà en tant que globe‑trotteur curieux.
Si je connais un blogueur qui a récemment visité la même destination, je consulte son blog ou je lui envoie un rapide mail pour obtenir des recommandations (hébergement, activités mémorables, etc.). Parfois, je passe rapidement sur la page WikiTravel de la ville afin de repérer quelques hôtels économiques.
Cette préparation minimale me permet de voyager sans trop d’attentes : je reste ouvert d’esprit et je découvre chaque moment sans préjugés. En revanche, le manque d’information peut rallonger la période d’adaptation à l’arrivée : trouver un logement, un restaurant ou les transports peut devenir plus compliqué.
Mon conseil : adaptez la préparation à votre confort. Si vous débutez, effectuez quelques recherches avant de partir ; moi, j’ai longtemps utilisé un guide pendant mes premières années. Avec l’expérience, la confiance grandit : les situations étranges ne le sont plus et la peur diminue, vous avez alors besoin de moins de recherches pré‑voyage.

Combien de temps rester ?
Je ne décide pas à l’avance de la durée d’un séjour. J’arrive, j’observe, et si le lieu me plaît, j’y reste jusqu’à ce que j’aie envie de découvrir autre chose ; sinon, je pars rapidement.
Aujourd’hui, mon mode de vie a changé : je travaille en ligne et dois accomplir des tâches pour gagner ma vie. Je ne peux plus partir pendant des mois d’affilée. J’ai donc adopté un rythme alterné : des périodes de backpacking de quelques mois, entrecoupées de séjours plus longs (un à deux mois) dans une même ville afin de travailler, d’alimenter mon blog et de réduire les coûts.
En restant plus longtemps, je peux louer un appartement à moindre coût, bien moins cher qu’un lit en dortoir ou une chambre d’hôtel. Plus tard, mon style a évolué : je privilégie une base à long terme, un endroit confortable où je me sens « installé », tout en restant proche d’aéroports pour des escapades de quelques semaines.
Cette configuration favorise les amitiés, une meilleure compréhension culturelle et une productivité accrue. Ma première base longue durée fut Playa del Carmen, au Mexique ; depuis 18 mois, c’est Bucarest, en Roumanie, qui joue ce rôle. Voyager constamment tout en ayant un « chez‑moi » a considérablement facilité la gestion de mon blog et de mon travail.
Comment suis‑je arrivé à Bucarest ? C’est totalement inattendu. En 2011, je suis arrivé en Roumanie lors d’un voyage en Eurail, prévoyant de rester dix jours avant de partir pour la Bulgarie et Istanbul. Après une semaine, j’ai rencontré des personnes formidables et j’ai décidé de poser mes bagages. La plupart vivaient à Bucarest, d’où mon choix.
Je n’aurais jamais imaginé passer tant de temps en Roumanie, mais c’est la beauté du voyage : les surprises sont infinies et on ne sait jamais ce qui nous attend au prochain détroit.
Des questions sur le choix d’une destination, la préparation ou la durée du séjour ? Laissez‑vous‑même un commentaire !




