Un week‑end centré sur les enfants dans la ville des vents
Allier les envies enfantines aux goûts plus adultes est la clé d’un séjour en famille sans crise. La rédactrice Christina Ohly a relevé le défi avec sa fille lors d’un week‑end à Chicago. Voici le déroulé.
CHICAGO – Cela faisait plus de dix ans que je n’avais pas fait de voyage non professionnel à Chicago. Un week‑end disponible, ma fille de onze ans, Kate, et moi avons décidé de découvrir la Ville des Vents pour son architecture, sa culture, ses moments de détente, sa gastronomie et retrouver des amis. La ville, à taille humaine au bord du lac Michigan, n’a pas déçu ; nous sommes reparties détendues, revigorées et très bien nourries.
JOUR 1 : THE LOOP, LA MAGNIFICENT MILE ET PLUS
Avec moins de 36 heures, nous sommes parties à fond et avons d’abord visité Millennium Park pour admirer la sculpture d’Anish Kapoor, le Cloud Gate, surnommée « The Bean ». Cette goutte d’argent miroir, inspirée du mercure liquide, séduit tous les âges et reflète le skyline et l’architecture environnante. Un arc de trois mètres sous la pièce invite à l’exploration. On aurait facilement pu passer la moitié de la journée à parcourir la Crown Fountain, le Lurie Garden et le BP Bridge signé Frank Gehry.
Nous nous sommes ensuite dirigées vers l’Art Institute of Chicago pour admirer les collections permanentes. Nous avons déjeuné dans l’aile conçue par Renzo Piano, le Terzo Piano — un espace minimaliste tout blanc proposant mezzés, flatbreads et salades créatives, idéal pour un repas de musée. Bien nourries, nous avons repris Michigan Avenue, en faisant un arrêt dans plusieurs Walgreens. Oui, vraiment. Le concept de « drugstore » prend tout son sens à Chicago : certaines succursales (comme celle du légendaire Wrigley Building) offrent sushi frais préparé sur place, alcools coûteux et trouvailles diverses, le tout dans un décor doré.

Sourires pour l’expérience cupcake.

Le restaurant et ses portions sont énormes. Photo courtesy of Hugo's Frog Bar.
Après les photos obligatoires sur le pont du Chicago River, nous avons poursuivi vers le quartier connu sous le nom de « Gold Coast », à juste titre. La Magnificent Mile regorge de boutiques de créateurs (Prada, Gucci, Hermès), tandis que les rues adjacentes offrent des options plus accessibles comme Sprinkles Cupcakes sur East Walton Street. Il s’agit d’un concept de pâtisserie avec un distributeur automatique de cupcakes, réapprovisionné 24 h/24 avec une variété de douceurs (et même pour les chiens). C’était, de loin, le moment fort de Chicago pour Kate.
Reboostées, nous avons testé d’autres restaurants : Jellyfish (sushi inventif sous une verrière), Carmine's (portions gigantesques de classiques italiens à la sauce rouge) et Hugo's Frog Bar (nom douteux ; fruits de mer excellents). Hugo’s propose un décor nautique amusant pour parents et enfants, avec de gros plateaux de cocktail de crevettes, de filets de poisson du Lac Supérieur et de burgers grillés. Pensez BIG !
Après beaucoup de marche, de repas et de cafés (on trouve un café à chaque coin de rue, indispensable contre le froid de Chicago), nous sommes retournées à l’Hotel Peninsula pour nous détendre au spa. D’habitude je ne suis pas adepte des massages, mais on m’avait parlé du massage « Bamboo Harmonizer », alors j’ai tenté. Ce soin, censé évacuer les énergies négatives et stimuler le qi positif, a été les 90 minutes les plus relaxantes de ma vie. Entre les baguettes de bambou chaudes sur mes jambes et le léger cliquetis du bois, je me suis endormie profondément et je me suis réveillée revigorée. À faire absolument.
Après le spa, nous avons dîné au Bistronomic, un bistrot animé à deux pas. Notre groupe intergénérationnel a trouvé son bonheur : tartare de thon, escargots à l’ail, confit de canard croustillant — des classiques français revisités avec modernité. Un énorme Baked Alaska a clôturé le repas mémorable d’une journée bien remplie.

Délicieusement fondant. Photo courtesy of Bistronomic.
JOUR 2 : PANCAKES, DAVID BOWIE ET UN AQUARIUM IMPRESSIONNANT
Un incontournable du petit‑déjeuner est le Pancake House, un repère du centre‑ville proposant d’excellents omelettes dans une ambiance de diner classique. De là, nous sommes allées au Museum of Contemporary Art pour l’exposition « David Bowie Is ». Bien que le contenu ne soit pas totalement adapté aux enfants (spécialement les références à la drogue, au sexe et au langage coloré), le spectacle interactif mêle musique, extraits vidéo et costumes extravagants, dont les combinaisons de Ziggy Stardust et les manteaux d’Alexander McQueen. C’était la seule escale nord‑américaine du show, un détour qui en valait la peine. La boutique du MCA propose tout, des plaids Union Jack aux coques iPhone « Andromeda », en passant par des boucles d’oreilles « Let’s Dance ».

Une fête dansante de créatures psychédéliques. Photo by Cwillbounds / Flickr.
Après être revenues à l’hôtel pour récupérer notre Mini Cooper complémentaire (réservable à l’avance et, pour ma fille, presque aussi « cool » que Sprinkles Cupcakes), nous avons rejoint le Shedd Aquarium de l’autre côté de la ville. C’est l’un des plus grands aquariums du monde ; prévoyez votre visite. Je recommande vivement l’exposition « Jellies », aux couleurs éclatantes (exposée jusqu’en janvier 2015).
Pour le déjeuner, nous avons fait un arrêt au Foodlife du Water Tower Place, un food court réinventé. Foodlife regroupe plusieurs concepts de restauration dans un même espace animé. Chaque cuisine propose des plats frais et excellents : sushi, salades créatives, pizza deep‑dish typique de Chicago. Les stations desserts, avec crêpes sur mesure, ont séduit les plus jeunes. Personnellement, j’adore ce mode de repas : un peu de ceci, un peu de cela.

Entrez dans un sous‑marine allemand capturé. Photo by Abadonmi01 / Flickr.
Si le temps et la météo le permettent, j’aurais pris le Chicago Architecture Foundation River Cruise, la meilleure façon d’apprendre l’histoire architecturale de la ville. Lors de mon prochain séjour, je compte aussi visiter le Museum of Science and Industry pour voir le sous‑marine allemand U‑505 de la Seconde Guerre mondiale, son Omnimax et ses labyrinthes de miroirs.
Notre dernier arrêt, Gibson’s Bar & Steakhouse, a été à la hauteur pour un dîner tôt le soir. Steak colossal, salade wedge au bacon et fromage bleu, soupe Bookbinder dans un décor en bois chaleureux. Un repas sans prétention, parfait pour clore ce week‑end effréné. Nous avons ensuite rejoint l’aéroport, rassasiées sous tous les aspects.

Le bar à chocolat et la Shanghai Terrace. Photos courtesy of Peninsula Hotel.
OÙ LOGER
The Peninsula, au cœur du centre‑ville de Chicago, est mon premier choix. Cet hôtel comprend vraiment les enfants, les ados et les adolescents. À 21 h, nous avons été accueillies par un bar à desserts rappelant Willy Wonka, avec des bassins de bonbons, un bar à glaces à composer soi‑même, une station de gaufres et des bonbons au chocolat.
Notre chambre spacieuse offrait des draps Fili D’oro, une multitude d’équipements (peluches, crèmes Oscar de La Renta, plateaux de fruits frais) et une vue panoramique sur Water Tower Park et le lac. Points forts : une piscine vaste avec fenêtres de vingt pieds et des peignoirs moelleux, un spa zen, et la Shanghai Terrace, le coin dim‑sum de l’hôtel réputé pour ses raviolis aux crevettes et son ambiance laquée rouge. En hiver, une petite patinoire s’ouvre, faisant de cet hôtel un véritable paradis pour les enfants.
Juste à côté, le Thompson Hotel, récemment ouvert, signé Tara Bernerd, mêle bois chaleureux, luminaires modernistes et murs vivants. Le restaurant Nico Osteria vaut le détour pour le crudo, les taglioni maison, les biscuits et les glaces à la vanille d’érable.
À mentionner également : Park Hyatt, Ritz‑Carlton Chicago (désormais géré par Four Seasons) et le nouveau Waldorf Astoria, qui proposent des chambres et suites spacieuses, souvent conçues pour les familles. Tous ces hôtels sont idéalement situés pour explorer la Gold Coast, Michigan Avenue et les nombreux restaurants à moins de cinq pâtés de maisons.
COMMENT S’Y RENDRE
Les multiples vols vers et depuis l’aéroport international O’Hare (ORD) facilitent les déplacements avec des enfants et les changements de programme de dernière minute. Chicago est un hub United, mais je recommande American Airlines pour ses offres culinaires au Terminal 3. Le chef renommé Rick Bayless propose les Tortas Frontera — des sandwichs chauds garnis de bacon fumé et de « tres queso » — qui rendent même une longue escale agréable.
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