Un billet de train aller simple vers le pays des merveilles d’hiver
Note de l'éditeur Covid-19 : Nous avons réalisé ce magnifique voyage en train avant la pandémie mondiale. Le trafic ferroviaire au Canada reprend doucement, avec un horaire réduit et de nouveaux protocoles à bord. Les voyages aériens restent stricts, avec quarantaine de 14 jours et tests négatifs obligatoires.
ALBERTA, Canada — Il est 7 h 22 d'un matin froid de mardi. La lune éclaire encore les pins enneigés sous un ciel d'un bleu royal. Mon iTunes lance, comme par magie, "Harvest Moon" de Neil Young pendant que je regarde à travers les vitres givrés le paysage qui défile. Je suis à bord d’un train dans le nord‑ouest du Canada, au cœur d’un véritable pays des merveilles d’hiver.
Je suis toujours fasciné par le voyage en train : promesse d’une aventure romantique hors des sentiers battus, anticipation de ce qui se cache au prochain virage, et panoramas immaculés inaccessibles autrement.
Quand on m’a invité à passer la nuit dans une cabine-lits du The Canadian de VIA Rail, de Vancouver au parc national Jasper et au-delà jusqu’à Banff, j’ai accepté sans hésiter. Le circuit « Banff et Jasper Winter Magic », organisé par Vacations By Rail, spécialisé dans les voyages ferroviaires de luxe, m’emmène au cœur des Rocheuses canadiennes, à travers glaciers d’altitude, chutes d’eau gelées et forêts subalpines, le long du spectaculaire Icefield Parkway.
Le Canadian de VIA Rail, construit dans les années 1950 et inspiré du légendaire California Zephyr en acier inoxydable, parcourt le pays d’ouest en est, de Vancouver à Toronto. C’est le deuxième plus long trajet ferroviaire au monde, traversant cinq provinces et une foule de paysages à couper le souffle. Les cabines spacieuses, la salle à manger rétro et les voitures‑dôme à toit vitré offrent des vues imprenables. Chaque saison révèle la beauté du Canada, mais rien ne vaut les sommets escarpés des Rocheuses, recouverts d’un manteau blanc hivernal : c’est tout simplement magique.
En route ! Une nuit à bord du Polar Express magique
15 h : J'arrive à la gare de Vancouver, envoie mes derniers e‑mails et messages depuis le salon d’attente. L’idée de déconnecter pendant 24 heures, avec un Wi‑Fi limité, me séduit. On m’accompagne jusqu’à une cabine Sleeper Plus pour deux personnes, équipée de fauteuils cuir qui se transforment en lits escamotables, d’un petit placard, d’un lavabo et d’un WC. Après m’être installée, je retrouve le salon d’attente où l’on me sert du champagne avant le départ.
19 h : La voiture‑restaurant ressemble à une scène tirée d’un film de Wes Anderson : murs vert citron, fenêtres arrondies gravées, cabines en forme de cœur, une symétrie presque parfaite. Le service est impeccable, le repas dépasse mes attentes : soupe de légumes, saumon sauvage canadien et légumes rôtis. Un couple plus âgé à proximité ne tarit pas d’éloges sur le cheesecake — ils ont raison.
23 h : Après une partie endiablée de Scattergories dans le salon avec d’autres voyageurs, je regagne ma cabine, où la lumière de lecture est déjà tamisée, des bouchons d’oreilles et un chocolat sont posés sur l’oreiller. Le lit, plus spacieux qu’il n’y paraît, me berce doucement jusqu’au sommeil.
7 h : Réveillée reposée, l’envie du lever du soleil me pousse hors du lit. Malgré le chauffage du train, je sens le froid mordant à chaque fois que je franchis les portes givrés pour rejoindre la voiture‑dôme. J’ai rêvé d’assister au lever du jour sur les montagnes depuis des semaines, et je me glisse à l’avant du dôme pour admirer le « bullet‑train » argenté qui file à travers la forêt enneigée. Je commande un « shot in the dark » au bar : café frais, espresso et crème fouettée, un vrai régal. Les stewards murmurent que, sous ce ciel clair et à -20 °F (‑28 °C), nous aurons probablement une vue sur le Mont Robson, le point le plus haut des Rocheuses canadiennes (12 972 pieds).
9 h : Le soleil perce les sommets givrés. Retour à la voiture‑restaurant pour le petit‑déjeuner : bol de tofu brouillé réconfortant et un second shot in the dark. Les grandes baies offrent une vue sans interruption sur ce paysage immaculé.
12 h : Après cinq heures de virages sinueux, le train franchit une série de pics toujours plus spectaculaires. Nous approchons de la première halte : le parc national Jasper, ma destination finale. Le conducteur rappelle que les températures chutent encore (‑34 °F, soit ‑36 °C) et invite à se couvrir avant de descendre. En tant que californienne, ce froid extrême est une vraie nouveauté, mais l’idée de passer le reste de l’hiver à explorer ces montagnes du lever au coucher du soleil me séduit pleinement.
Planifiez votre voyage
Choisissez votre itinéraire : Le circuit de neuf jours « Banff et Jasper Winter Magic » inclut une nuit en cabine Sleeper Plus à bord du The Canadian, sept nuits d’hébergement (Fairmont Jasper Park Lodge, Fairmont Banff Springs), des excursions fauniques, les transferts gare‑hôtel, et la marche sur la glace du canyon Maligne à Jasper. Les tarifs débutent à 2 582 $ US (plus d’infos ici). Pour plus de flexibilité, réservez directement auprès de VIA Rail ou créez votre propre programme avec Vacations By Rail.
Les voyageurs de la côte ouest embarquent à Vancouver les mardis pour la traversée nocturne jusqu’à Jasper, repas inclus en cabine Sleeper Plus ou Prestige. Ceux de la côte est peuvent commencer à Toronto, passer deux nuits à bord et arriver à Jasper le troisième jour. Une fois sur place, profitez de la faune (élans, orignaux, loups, cerfs), du ski à Marmot Basin et des randonnées en raquettes ou ski de fond. De Jasper, quatre heures de route vers le lac Louise, puis le parc national Banff, offrent des paysages à couper le souffle, même sur des routes non goudronnées.
Choisissez votre classe :
- Cabines Économique : sièges standards, pas de couchettes, accès aux voitures‑dôme, repas à la carte (à partir de 110 $).
- Cabines Sleeper Plus : chambre simple ou double, lits jumeaux, lavabo, WC privé, petit placard, repas en voiture‑restaurant. Accès à la voiture‑dôme et au bar (disponibles en hiver) ; tarifs à partir de 597 $.
- Classe Prestige : cabines 60 % plus spacieuses, lit queen‑size, linge de luxe, douche avec plancher chauffant, TV, bar privé, service de chambre, boissons illimitées, accès exclusif au salon et à la voiture‑dôme. Tarifs à partir de 2 816 $ (ou 1 408 $ par personne).
Quand y aller : Janvier et février offrent les meilleurs tarifs, moins de foule et plus de temps pour écouter les « histoires du rail » des employés.
À emporter : Les températures peuvent atteindre -40 °C, même si -20 à -30 °C sont plus courantes en ces mois. Prévoyez des couches isolantes, un cache‑visage, des bottes chaudes et plusieurs paquets de chauffe‑mains et de pieds.
Enveloppez‑vous davantage
Guide ultime pour profiter de l’hiver à Banff et dans les environs.




