HOME Guide de voyage Voyage de bon sens
img

L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe

Un safari africain figure sur la liste de souhaits de nombreux voyageurs qui rêvent d’observer la faune unique du continent dans son habitat naturel. C’est une expérience à la fois exaltante et émouvante, qui requiert une expertise certaine. Parmi les nombreux spécialistes, un nom revient sans cesse auprès des voyageurs aisés : Luke Bailes, fondateur de Singita. Nous l’avons interrogé sur l’histoire familiale dans le domaine du safari, l’importance de la conservation dans leurs lodges à travers l’Afrique, et les nouveautés du quinzième établissement Singita qui ouvrira en août au Rwanda.

Parlez‑nous de la naissance de Singita.

L’aventure Singita débute en 1925, lorsque mon grand‑père achète une parcelle de terrain qui deviendra plus tard partie de la réserve Sabi Sand en Afrique du Sud. Située dans une zone reculée du Lowveld, cette réserve de 110 000 acres est passée d’une concession de chasse à une réserve de conservation exclusive où toutes les espèces sont protégées. Nous avons ouvert notre premier lodge, le Singita Ebony Lodge, en 1993 sur ce terrain familial, et notre marque d’écotourisme n’a cessé de se développer depuis.

L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe

Quand et pourquoi la conservation est‑elle devenue une priorité ?

Ma famille a toujours été passionnée par la conservation ; le but même de Singita était de préserver la faune. Ainsi, la protection de la nature a précédé l’aspect commercial du lodge.

Notre premier lodge a créé le concept du safari de luxe, combinant hospitalité haut de gamme et expérience sauvage afin de soutenir la conservation des écosystèmes environnants. La durabilité – une gestion respectueuse de l’environnement à tous les niveaux – est au cœur de notre succès, aux côtés du maintien de l’intégrité des réserves, de leurs écosystèmes, et de la collaboration avec les communautés locales pour qu’elles profitent réellement de notre présence et y prospèrent. La santé de ces trois piliers est indispensable à la survie du tout.

Qu’est‑ce que le « tourisme à faible volume » et comment Singita l’applique ?

Il y a environ 25 ans, la demande internationale de safaris a entraîné une explosion de lodges en Afrique. Il est vite devenu évident que ce modèle à grande échelle était insoutenable et nuisible aux environnements qu’il prétendait protéger. À cette époque, j’ai survolé le terrain familial au nord‑est de l’Afrique du Sud avec une équipe de conservateurs et nous avons élaboré un plan pour le ramener à son état vierge. Nous savions dès le départ que la clé était d’allier une offre hôtelière haut de gamme à une expérience sauvage exceptionnelle – une philosophie toujours d’actualité chez Singita.

Les safaris exclusifs et luxueux attirent des visiteurs prêts à payer un premium pour une nature intacte. Une stratégie à forte valeur ajoutée et à faible impact est le modèle qui fonctionne le mieux pour la conservation. Les tarifs élevés garantissent une faible densité de visiteurs, offrant aux clients une expérience quasi privée d’observation de la faune. Nous gérons près d’un million d’acres, mais nous maintenons une faible densité afin de limiter notre empreinte sur le terrain.

L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe

Quelles actions de conservation les clients peuvent‑ils observer pendant leur séjour ?

Participer à une game‑drive et voir les animaux évoluer librement, sans perturbation humaine, constitue l’exemple le plus concret de conservation que nos hôtes vivent sur place.

Parmi les initiatives : réduction de 90 % du plastique (aucune bouteille ni paille en plastique), exploitation de centrales solaires qui alimentent la moitié de nos bâtiments, et projets spécifiques comme l’École Culinaire Communautaire Singita (SCCS) au Singita Lebombo Lodge, qui forme chaque année dix commis‑chefs. Au Singita Serengeti, 80 % des fruits et légumes proviennent de coopératives d’agriculteurs locaux, soutenant ainsi le développement économique local.

Quelles sont les actions de conservation moins visibles aux yeux des visiteurs ?

Nos équipes travaillent à restaurer, renforcer et protéger la biodiversité des réserves afin de les maintenir le plus proche possible d’un état naturel. Nos efforts se concentrent sur trois axes : intégrité de la réserve, intégrité de l’écosystème et influence externe (partenariats avec ONG, chercheurs). Un programme complet de recherche et de suivi guide nos décisions de gestion.

La plupart de ces travaux restent invisibles pour les clients – éradi­cation de plantes invasives, patrouilles de scouts, coupe‑feux, constructions durables, recherches scientifiques, etc. Nous collaborons également avec de nombreuses ONG, car les actions conjointes sont l’avenir de la conservation et la seule façon de rendre les projets financièrement viables. Les unités anti‑braconnage d’élite et les réintroductions d’animaux sont des projets d’envergure qui se déroulent en coulisses.

L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe

Le luxe et la conservation peuvent-ils coexister ? Comment Singita les concilie‑t‑il ?

Absolument pas de contradiction. Notre modèle à haute valeur et faible volume permet de préserver de vastes zones de faune en tant que parcs nationaux. Le luxe n’est pas incompatible avec la conservation lorsqu’il est pratiqué de manière éthique et durable. L’alternative serait d’augmenter le nombre de chambres et les taux d’occupation, ce qui aurait un impact négatif sur l’environnement.

Nos lodges à faible impact, implantés dans des destinations emblématiques, offrent des safaris et des expériences de vie sauvage parmi les meilleures au monde, associés à un hébergement, une gastronomie, des vins et un service incomparables. Singita est reconnue mondialement comme leader de la conservation et de l’écotourisme, attirant régulièrement des personnalités influentes. Rassembler clients et projets de conservation crée un impact positif qui soutient de nombreuses initiatives et programmes d’émancipation communautaire.

Quelles marques hôtelières admirez‑vous pour leurs engagements environnementaux ?

Wilderness Safaris, Great Plains Conservation et Natural Selections sont trois marques que je respecte pour leurs pratiques et leur éthique. Nous les connaissons depuis des années, partageons leurs valeurs et collaborons sur plusieurs projets, comme le Lionscape Coalition lancé avec Wilderness Safaris, &Beyond et Conservation Travel Foundation, en partenariat avec le Lion Recovery Fund, pour doubler le nombre de lions sauvages d’ici 2050.

L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe

Quelles sont vos ambitions pour l’avenir de Singita ?

Nous visons à augmenter considérablement les acres placés sous notre garde au cours des cinq à dix prochaines années. Nous ne développerons de nouvelles propriétés que si elles sont supérieures ou égales à nos établissements existants. Cette approche disciplinée garantit que notre réputation reste élevée tout en offrant la meilleure expérience possible aux clients, tout en profitant aux terres et aux communautés où nous opérons. Chaque expansion devra reposer sur une raison de conservation solide et sur la préservation d’un espace naturel. Dans vingt ans, en partenariat avec les gouvernements, les ONG et les investisseurs à impact, nous aurons mis au point des modèles assurant la durabilité de la conservation.

Parlez‑nous de votre nouvelle ouverture, Singita Volcanoes National Park au Rwanda. Qu’attendre de ce lodge ?

Inauguré en août, le Singita Volcanoes National Park marque notre première incursion au Rwanda. En collaboration avec le Rwanda Development Board, nous lancerons des programmes couvrant les partenariats communautaires, le reboisement, et bien plus, en accord avec notre vision centenaire de préserver les vastes étendues sauvages africaines pour les générations futures. Le Singita Kwitonda Lodge et la maison exclusive Singita Kataza offriront un véritable coup de pouce à l’économie locale et à la création d’emplois, avec une construction éco‑responsable réalisée par des artisans locaux. Pour les voyageurs, le trek des gorilles est l’attraction phare du Rwanda ; séjourner chez nous leur permettra de vivre ce moment exceptionnel tout en profitant de l’expérience Singita.

L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe L’écologiste sud‑africain à la tête des safaris de luxe

Continuez à explorer l’Afrique

Demandez à l’expert voyage : « Je veux faire un safari, par où commencer ? »
Que faut‑il emporter pour son premier safari ? Quelques conseils utiles.
Les meilleurs lodges de safari d’Afrique.


Notes de voyage
  • Les meilleurs lieux pour découvrir l Afrique du Sud authentique

    Le multiculturalisme est au cœur de la renaissance moderne de lAfrique du Sud, et la couleur coule dans ses veines. En 1994 – lannée où la démocratie a été instaurée pour les Sud-Africains de toutes origines – larchevêque Desmond Tutu et Nelson Mandela ont qualifié leur pays de « Nation Arc-en-ciel », métaphore d’unité et de paix. Près de trois décennies plus tard, ce surnom optimiste est resté. En parcourant les neuf provinces du pays – louest majoritairement afrikaans, les régions Xhosa et Zul

  • 5 expériences en Afrique du Sud inspirées par Nelson Mandela

    Nelson Mandela, né Rolihlahla Mandela le 18 juillet 1918 à Mvezo, a créé le premier cabinet davocats noir dAfrique du Sud tout en luttant pour la démocratie, légalité et contre lapartheid. En 1962, il est arrêté et jugé pour sabotage, trahison et complot violent. Bien quépargné de la peine de mort, il est condamné à la réclusion à perpétuité. Libéré en 1990, après 27 ans de prison, il devient président du Congrès national africain (ANC) et, grâce à ses négociations avec le président FW de Klerk,

  • Conservation des pangolins en Afrique du Sud

    Enroulé en boule parfaite, formant une spirale dArchimède, le pangolin au fond du terrier était aussi complexe et déroutant quune équation mathématique ancienne. Même avec un dispositif de suivi par télémétrie, nous avons passé une heure à chercher ce fossile vivant, dont les ancêtres glissent dans les ombres de la brousse africaine depuis 85 millions dannées. Plus discret quun agent secret, il représente lun des grands mystères du safari, rendant dautant plus incompréhensible son statut danimal