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Pas besoin de croire en une puissance supérieure pour faire un pèlerinage en Israël

Daniel Schwartz, de Fathom, revient de son premier voyage en Israël (et non, ce n'était pas via Birthright) avec cinq raisons de repartir en pèlerinage dans la Terre Sainte. Et aucune n’a trait à la religion.

ISRAËL – Si mon nom de famille ne le révèle pas, je suis juif. Après des années à esquiver les suggestions de m’inscrire à Birthright, surtout de la part de mon père, cantor et dirigeant d’une congrégation à Jackson Heights, Queens, j’ai finalement effectué mon premier voyage en Israël — une tournée d’une semaine des principales attractions du pays, organisée par le ministère israélien du Tourisme.

J’ai grandi dans une famille religieuse, mais je me considère aujourd’hui comme agnostique. Bien que l’on parle souvent des choses passionnantes qui se passent en Israël, je l’associais toujours à des pèlerinages religieux. Quelle erreur ! Le pays attire l’attention internationale pour, entre autres, sa créativité, sa gastronomie, sa vie nocturne légendaire et ses merveilles naturelles.

Après trois nuits à Tel‑Aviv, deux à Jérusalem et une à Tibériade, je n’ai fait qu’effleurer la surface, mais j’ai compris qu’il n’est pas nécessaire de croire en une puissance supérieure pour faire un pèlerinage en Terre Promise. Dans ce creuset de cultures, de cuisines, de croyances et de paysages, on peut être « religieux » de mille façons.


Pas besoin de croire en une puissance supérieure pour faire un pèlerinage en Israël

La skyline de Tel‑Aviv.

Pas besoin de croire en une puissance supérieure pour faire un pèlerinage en Israël

Architecture du quartier juif de Jérusalem.

Pas besoin de croire en une puissance supérieure pour faire un pèlerinage en Israël

Neve Midbar, point d’accès à la mer Morte du côté israélien.

Rendez hommage au Bauhaus (et levez les yeux)

Les reliques religieuses de Jérusalem sont aussi magiques qu’on le promet. La Ville blanche de Tel‑Aviv, collection préservée de 4 000 bâtiments Bauhaus disséminés au centre-ville, est aussi photogénique que les brochures le laissent croire. Ce qui m’a réellement séduit, ce sont les détails inattendus : les châteaux et minarets d’Acre en Galilée occidentale, ancienne capitale des Croisés au Moyen‑Âge, aujourd’hui ville portuaire où cohabitent juifs et Arabes ; le dôme divin des Jardins suspendus de Haïfa, sanctuaire bahaï où se mêlent nature et spiritualité ; les styles éclectiques, brutalistes et modernistes qui façonnent la skyline de Tel‑Aviv, véritable contraste entre développement fulgurant et immobilier vieillissant. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

Versez un verre, prêtez main !

Il n’est plus secret que les Juifs adorent le vin (qui n’a jamais assisté à un Seder ?). Israël, baigné par la Méditerranée, produit d’excellents crus. J’ai découvert le Tulip Winery, la plus grande cave boutique du pays, nichée sur les pentes nord du mont Carmel. Son originalité réside dans son modèle d’entreprise sociale : les habitants de Kfar Tikva, un village de transition pour personnes à besoins spécifiques, participent à la vinification, à l’embouteillage et à la relation client. Le résultat ? Des vins blancs, franc et rouges primés, légers, loin du goût de Manischewitz, à déguster dès le matin. Une expérience viticole émouvante et savoureuse.

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Houmous, artichaut frit, salades et pain frais de Ha'Achim.

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Le hall du Mendeli Street Hotel avec Mashya et le mur végétal en arrière‑plan.

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Le chef israélien Uri Jeremias et son petit‑fils au restaurant Uri Buri à Acre.

Bénissez votre corps et votre esprit

Malgré l’obsession locale pour le salut éternel, il est aisé de manger sainement et de trouver l’équilibre. La cuisine israélienne, méditerranéenne, est plus légère (et moins salée) que la cuisine juive américaine. À Tel‑Aviv, on trouve des bars à jus tous les quelques pâtés de maisons et tant de fruits et légumes sur les menus que l’on peut suivre un régime vegan sans s’en rendre compte. Mes deux repas favoris étaient majoritairement végétaux : le dîner chez Ha'Achim et le brunch au restaurant Mashya du Mendeli Street Hotel. Et pourtant je suis un carnivore invétéré ! Flotter dans la boue de la mer Morte reste une expérience réparatrice, mais j’ai trouvé plus de sérénité en parcourant les collines de la Haute Galilée, les vallées du Néguev et les hauteurs de Judée. La prochaine fois, je prévois une randonnée dans la région viticole montante du plateau du Golan ou un campement sur les rives du lac de Tibériade, immense lac qui sert de refuge domestique populaire.

Partagez le pain dans le pays du lait et du miel

Ces dernières décennies, les chefs israéliens ont abandonné les recettes européennes lourdes au profit de l’innovation autour des produits frais méditerranéens et du Moyen‑Orient. Au cœur du marché Levinsky, à Tel‑Aviv, Café Levinsky 41 revisite les sirops d’herbes et de fruits sur du gazoz, soda aromatisé né à l’époque de la création de la ville. Juste à côté, Yom Tom Delicatessen (Levinsky 43) propose un univers deli juif inspiré d’Istanbul, mêlant olives italiennes, douceurs iraniennes, mezzés balkaniques et fleurs d’hibiscus farcies au fromage. Son petit‑fils Yomi gère aussi Gela (Levinsky 47), le premier gelato végan d’Israël. Dieu bénisse ! Et impossible d’évoquer la cuisine israélienne sans mentionner Uri Jeremias, le pêcheur‑chef autodidacte du légendaire Uri Buri (rue Ha‑Hagana 11). Son restaurant, ancien hammam turc, offre une hospitalité biblique : sashimi de saumon avec glace au wasabi, labneh enveloppé de pastèque séchée, sorbet à la mangue arrosé d’huile d’olive locale. Des bouchées si équilibrées qu’elles pourraient passer pour de la manne.

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Yomi (et sa mère) de Yom Tom Delicatessen au marché Levinsky de Tel‑Aviv.

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Première rangée : abricots, peppadew et fleurs d’hibiscus farcies au fromage.

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Scène au Port Said de Tel‑Aviv, mercredi soir.

Fêtez comme un dieu

Sortir le soir est une religion à Tel‑Aviv. On m’a insisté, très fermement, de ne pas quitter la ville sans goûter à sa vie nocturne de classe mondiale. J’ai donc passé deux nuits consécutives en fête. La première a débuté au Sputnik, un lieu branché avec une cour arrière rappelant Bushwick à Brooklyn, pour se terminer au Kuli Alma, club à plusieurs salles où j’ai dansé jusqu’à l’aube au son d’un groupe de rock israélien fraîchement arrivé de SXSW. (Score !)

La seconde soirée, plus posée, s’est déroulée au Port Said, bar‑restaurant animé du célèbre chef Eyal Shani, installé dans un parking devant la Grande Synagogue de Tel‑Aviv. J’y ai dégusté ratatouille, poisson grillé et côtes courtes à la tahini, tout en observant les locaux qui, depuis les années 80, fument des cigarettes et boivent du Goldstar. J’ai ensuite fait un tour à Otsar, petit spot avec un DJ génial, puis à Rothschild 12, où le jazz live et un Tom Collins rafraîchissant ont clôturé la nuit en douceur.


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Notes de voyage
  • Un peu d amour tahitien – légende

    Lorsquelle sest échappée vers les îles de Tahiti, la contributrice de Fathom, Marguerite Richards, a absorbé les lieux, les récits et le balancement des cocotiers. Polynésie française – Femmes donnant naissance à des lézards et tombant amoureuses danguilles, noix de coco voyageant sous terre, hommes lançant des lassos vers des îles lointaines : voilà le quotidien des légendes polynésiennes. Les Tahitiens utilisent des métaphores pour décrire leurs émotions et leurs événements. Le conte sert

  • 15 endroits pour vous faire sourire

    INSTAGRAM – Nous avons demandé à nos lecteurs de nous envoyer des images de leurs lieux de bonheur pour le #FathomInstatrip de cette semaine. Qu’est‑ce qui vous réchauffe le cœur ? Des moments de méditation au Laos, un match de football universitaire dans le Michigan, des montagnes russes, un voyage familial d’enfance, et des chiots en tenues de Noël sur les plages d’Hawaï. (Celui‑ci est assez précis.) Jetez un œil et essayez de ne pas sourire. Voir le diaporama. À VENIR : REDONNER InstaTrip es

  • Voyagez à votre façon

    Des moments comme celui-ci nous rappellent limportance de nous unir, tant au niveau local que mondial, pour rendre le monde plus accueillant. Les contributeurs de Fathom partagent quelques idées pour que votre prochain voyage ait du sens. En cherchant simplement « bénévolat + vacances » sur le Web, larchitecte Steven Lerner a trouvé loccasion dessayer quelque chose de nouveau, de sortir de son cadre habituel et de donner de son temps au Pérou, où il a collaboré avec d’autres designers à la con