Une escapade Art déco à Londres
Lorsque les restaurateurs visionnaires derrière plusieurs des établissements les plus stylés de Londres ont inauguré The Beaumont, leur premier hôtel, ils ont largement dépassé les attentes. Le fondateur de Fathom, Pavia Rosati, s’y est installé et ne voulait plus partir.
LONDRES – Qu’est‑ce qui fait tomber un voyageur amoureux d’une destination ? Les habitants, le cadre, l’architecture, l’histoire ou la gastronomie ? La réponse dépend de nombreux facteurs (le lieu, le contexte du voyage), mais je sais que mon attachement à Londres a atteint son apogée en 2004, grâce au restaurant The Wolseley.
Cette brasserie, installée dans un ancien showroom automobile de Piccadilly, allie élégance et effervescence. Le menu propose des classiques réconfortants comme le confit de canard, et la cuisine reste ouverte jusqu’à minuit – une rareté dans une ville où l’on se couche tôt. J’ai partagé d’innombrables repas sous le grand lustre, et je ne compte plus les souvenirs.
Au fil des années, en épousant un Anglais et en m’installant à Highgate, les charmes du Wolseley ne se sont jamais estompés. Ce restaurant fait partie de la série d’établissements populaires créés par les restaurateurs Chris Corbin et Jeremy King depuis les années 1980, dans leur style franco‑mitteleuropéen distinctif. Ces deux maîtres savent créer des espaces uniques – imaginez ce qu’ils pourraient faire avec un hôtel entier.
Ils ont concrètement réalisé The Beaumont, une perle Art déco nichée dans une rue paisible de Mayfair. Mon mari et moi avons passé une nuit inoubliable : cocktails au American Bar, dîner entre amis au Colony Grill, puis boissons tardives au Cub Bar, réservé aux hôtes de l’hôtel. Vous connaissez ce sentiment quand on ne veut pas se coucher de peur de rater quelque chose ? C’est exactement ce que j’ai ressenti.



Photos fournies par The Beaumont.
J’ai voulu m’imprégner de chaque détail, à commencer par le hall : panneaux de bois, sol à damier noir et blanc, peintures à l’huile et sculptures exposées partout. L’American Bar propose une vaste sélection de bourbons et de whiskys, et les murs sont tapissés de portraits des débuts d’Hollywood. Au Colony Grill Room, des banquettes en cuir rouge se lovent sous des fresques sportives des années 1920 – ski, courses hippiques, plongeon. Le sous‑sol abrite un barbier d’antan, une petite salle de sport avec tapis de course et haltères, ainsi qu’un spa et hammam aux mosaïques de marbre.
Le thème Art déco se prolonge dans notre spacieuse chambre : livres d’images de demeures anglaises, dés, cartes à jouer, une baignoire imposante et une vue imprenable sur les jardins Browns Hart, le parc élevé de l’autre côté de la rue.
Nos fenêtres donnent également sur la suite Room, conçue par l’artiste Antony Gormley, qui ressemble à un géant accroupi au coin du bâtiment. À l’intérieur, la chambre est minimaliste, revêtue de bois, rappelant un temple au sommet d’une petite escalier – la seule pièce de l’hôtel qui ne suit pas le style Art déco.
Lors de ma visite peu après l’ouverture, j’ai découvert que Corbin et King s’inspiraient d’un personnage imaginaire, Jimmy, un séducteur américain des années 1920 venu à Londres pour chercher fortune ou fuir ses problèmes. Imaginez‑le en smoking, séduisant les dames, remportant gros au craps, perdant encore plus au poker, puis filant au crépuscule dans sa décapotable de course. Cette ambiance traverse tout l’établissement avec brio.
Après un copieux petit‑déjeuner de croissants et de kedgeree, nous avons quitté l’hôtel à regret, non pas à bord d’une décapotable, mais dans la Daimler conduite par le chauffeur du Beaumont. Le soleil brillait, l’air était doux : Londres n’a jamais paru aussi séduisante.
RÉSERVEZ
Les tarifs débutent à 530 £. Réservez via Tablet Hotels.
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