Bhoutan, le royaume des nuages
Le Bhoutan est un royaume himalayen envoûtant où les anciennes traditions bouddhistes cohabitent harmonieusement avec une modernité naissante. Le pays vénère son animal national unique, le takin, la star d’action hollywoodienne Steven Seagal et le précieux éclair de sagesse. Peter Grunert, rédacteur en chef du Lonely Planet Magazine, nous fait découvrir les incontournables de ce royaume féerique.

Un takin – un mélange saisissant de chèvre de montagne et de gnou.
Le takin : animal national du Bhoutan
Au bord d’une forêt brumeuse parfumée aux pins et aux fleurs de pêcher, un panneau avertit : « Veuillez ne pas importuner les animaux ». C’est ici que vivent les takins de Thimphou. Selon la légende locale, cette créature étrange serait née du reste d’un repas dévoré par le saint bouddhiste du XVe siècle, le lama Drukpa Kunley, le « Divin Fou ». On raconte qu’il aurait réassemblé une tête de vache avec le corps d’une chèvre, puis l’a ranimée d’un puissant rot.
Dans les années 1990, le roi Jigme Singye Wangchuck a libéré les takins des cages de zoo, symbolisant l’ouverture graduelle du Bhoutan à la modernité. Enclavé entre la Chine et le nord‑est de l’Inde, ce royaume isolé a accueilli les touristes dès 1974 et a instauré la démocratie en 2008.

Élèves à l’école de peinture de Thimphou.
Artisanat traditionnel à Thimphou
Le riche patrimoine artisanal du Bhoutan se transmet aux nouvelles générations à l’Institut national Zorig Chusum, surnommé l’École de peinture. Dans l’atelier de sculpture sur bois, les têtes féroces de tigres, léopards, sangliers, hiboux, serpents, cerfs, chiens, bœufs, lapins, dragons et du mythique garuda vous observent. Les étudiants confectionnent des masques qui seront ensuite peints dans le style des tsechus, ces festivals religieux éclatants qui animent le pays chaque printemps.
L’art ancestral du tir à l’arc
La culture bhoutanaise célèbre le machisme, le bouddhisme et la maîtrise du tir à l’arc – des traits qui expliquent l’affection pour l’acteur costaud Steven Seagal, connu pour Under Siege. Lors de sa visite au Bhoutan, il a été accueilli comme la réincarnation d’un découvreur de trésor bouddhiste du XIIIe siècle. Dans l’esprit du « Divin Fou », les hommes bhoutanais continuent de s’affronter dans des compétitions d’arc à longue distance.

Croyants priant au Pangri Zampa.
Vie monastique
Non loin de Thimphou, une ascension raide jusqu’au monastère de Tango Goemba offre une vue imprenable sur les vallées parsemées de rhododendrons et sur l’air fin des montagnes. À l’intérieur, on découvre des statues de Bouddha dorées tandis que de jeunes moines étudient l’anglais, la philosophie bouddhiste et même le football. À proximité, le Pangri Zampa, école d’astrologie monastique, accueille des cérémonies bénissant la nation. Entre volutes d’encens, chants, sons de trompettes fines et danses acrobatiques, les moines invoquent les héros mythiques.

Le célèbre Taktshang Goemba (Nid du Tigre). Les tigres parcourent les montagnes avoisinantes.
Ascension du Nid du Tigre
L’itinéraire aventureux menant au Taktshang Goemba, plus connu sous le nom de Nid du Tigre, emprunte des crêtes escarpées, contournant le sentier classique. Il aboutit à un plateau élevé où les pasteurs de yaks passent l’hiver et où l’hôtel Uma Paro dresse des campements tentes saisonniers. Les voyageurs passent la nuit dans des tentes battues par le vent avant de gravir le sentier à l’aube. Au crépuscule, les légendes parlent de yétis orientaux dans le parc national et de tigres traqués par les gardes‑forestiers.
Ce monastère emblématique brille de flèches dorées perchées au sommet d’une falaise blanche. Depuis le point de vue des pèlerins, des drapeaux de prière arc‑en‑ciel s’étendent dans la gorge, transportant les vœux des fidèles à travers la vallée – un témoignage de la magie éternelle du Bhoutan, le royaume des nuages.

Extrait d’un article de Peter Grunert, rédacteur en chef du Lonely Planet Magazine.
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