Entre deux quartiers : Little Italy et Chinatown à New York
Introduction
En 2009, nous imaginions Little Italy comme un quartier italien animé, rempli d’habitants dégustant des pâtes fraîches. La visite a rapidement révélé une réalité différente, plus touristique que authentique.
À quelques pâtés de maisons des quais d’Ellis Island, ce petit secteur de trois rues devrait vibrer d’histoire italienne. Au lieu de cela, il ne reste que des traces fanées d’un patrimoine qui s’est dilué face aux influences extérieures.
Nous avons été surpris de voir Chinatown dominer le paysage, ses néons cantonais éclipsant les restaurants italiens. La question qui s’est posée : les immigrants chinois ont-ils remplacé les Italiens ? La réponse est plus nuancée.

Pour faire le point, nous avons rejoint le circuit pédestre « Little Italy & Chinatown » d’Ahoy New York Food Tours en juin. Une expérience fortement recommandée, que vous soyez novice ou habitué.
Le circuit
Arrivez le ventre vide : la guide‑propriétaire Alana veille à satisfaire vos papilles tout en partageant l’histoire fascinante de l’immigration qui a façonné New York et les États‑Unis.

Alana a démystifié plusieurs idées reçues. Voici les trois principaux enseignements.
Mythe n°1 : Le meilleur plat italien de New York se trouve à Little Italy
Vérité : Au lieu de se cantonner aux restaurants, Alana nous a fait découvrir des établissements historiques : mozzarella et prosciutto frais dans une boutique centenaire, fromages importés, cannolis de boulangerie et une part de pizza authentique, avant même d’arriver à Chinatown. Nous y sommes retournés, grâce à la remise du circuit, pour déguster des raviolis, une sauce maison et le délicieux fromage Piave de Di Palo’s.

Les panneaux Zagat attirent les touristes, mais les habitants s’accordent à dire que les véritables pépites italiennes se situent ailleurs. Alana a également partagé des anecdotes colorées sur gangsters, célébrités et histoire de la mafia.
Mythe n°2 : Chinatown a expulsé les Italiens de Little Italy
Vérité : Les Italiens avaient quitté le quartier bien avant. Aujourd’hui, moins de cinquante immigrants italiens y résident, une tendance qui dure depuis plus d’un demi‑siècle. Après les premières vagues, beaucoup se sont installés dans l’État de New York ou le New Jersey, à la recherche d’espaces rappelant leurs racines rurales.

Le peuplement chinois a réellement décollé après l’abrogation en 1943 du Chinese Exclusion Act de 1882, les migrants se déplaçant de la côte ouest vers l’est. Le circuit nous a immergés dans la vitalité de Chinatown : fruits exotiques bon marché (jacquier, mangoustan), le parc Columbus où, autrefois théâtre de violences à la « Gangs of New York », règne aujourd’hui le tai‑chi, la musique et le bavardage cantonnais.
Mythe n°3 : Les circuits gastronomiques ne sont que pour les touristes
Vérité : Les habitants aussi y gagnent. Contrairement à d’autres visites trop impersonnelles, le circuit d’Alana était intime, comme une promenade avec un ami connaisseur. Elle a adapté le programme à nos besoins végétariens sans négliger les autres participants, répondant à nos questions sur les quartiers, les transports, etc.
Points forts et petites déceptions
Le circuit a clairement illustré la stratification historique de New York.

Une petite remarque : l’arrêt au restaurant thaï était peu cohérent, la cuisine n’étant pas à la hauteur. Un dim sum (heure idéale : 10 h–14 h) aurait mieux convenu, offrant une pause agréable au milieu du parcours.
Programme du circuit
1. Prosciutto et mozzarella maison
2. Fromages italiens importés
3. Tranche de pizza
4. Cannolis faits maison
5. Plats thaïlandais (arrêt moins réussi)
6. Raviolis aux légumes et au porc
7. Rouleaux de printemps
Even sous une chaleur accablante, Alana est restée après la visite pour nous orienter vers la suite de notre journée.




