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2 juin – Shake That Thing : 12 morceaux pour vous emmener à la Nouvelle‑Orléans avec Jordan Hirsch

Jordan Hirsch, natif de la Nouvelle‑Orléans, consacre depuis quinze ans sa carrière à raconter et à défendre le riche patrimoine musical de sa ville. Des traditions des Africains asservis aux courants contemporains de hip‑hop et de rap, il maîtrise les influences culturelles et historiques qui font de la Nouvelle‑Orléans une véritable plaque tournante musicale. Journaliste, activiste, scénariste (il a même joué son propre rôle dans la série HBO Treme), il dirige également le voyage d’Atlas Obscura Beyond the Quarter : Music and Reinvention in New Orleans. Dans la suite, Jordan nous donne un aperçu de la culture musicale vitale de la ville et propose une playlist NOLA pour vous transporter au « Big Easy ».

2 juin – Shake That Thing : 12 morceaux pour vous emmener à la Nouvelle‑Orléans avec Jordan Hirsch

Qu’est‑ce qui rend la scène musicale de la Nouvelle‑Orléans différente de toutes les autres ?

La musique de la Nouvelle‑Orléans est unique parce qu’elle est ancrée dans un contexte géographique et social particulier. Sur Congo Square, juste derrière le Vieux‑Carré, les Africains et les personnes d’origine africaine pouvaient, grâce à la législation coloniale française, perpétuer leurs traditions musicales d’Ancien Monde, ce qui était impossible dans la plupart des colonies anglophones. Ils ont posé les bases de ce que nous appelons aujourd’hui la musique de la Nouvelle‑Orléans, en employant des rythmes spécifiques, le call‑and‑response et une fonction sociale forte : libération psychologique, cohésion communautaire et forme de résistance. La musique était avant tout un acte collectif, participatif et physique, qui faisait bouger les corps et les esprits. Cette sensibilité a donné naissance au jazz et, plus tard, au rock‑and‑roll.

Cette tradition se retrouve aujourd’hui dans la musique contemporaine de la ville. On compte peut‑être plus de fanfares que jamais, la plupart mêlant le son des défilés à du R&B moderne ou du hip‑hop. Les groupes de jazz traditionnel puisent dans un répertoire centenaire, le réinterprétant à leur façon. Certains vétérans du premier âge du rhythm‑and‑blues sont encore sur scène. Chaque soir, les musiciens de la ville tissent ces influences de façon inédite.

2 juin – Shake That Thing : 12 morceaux pour vous emmener à la Nouvelle‑Orléans avec Jordan Hirsch

Parlez‑nous de vos actions de relance auprès des musiciens locaux et pourquoi il est essentiel de préserver l’histoire musicale de NOLA.

Après l’ouragan Katrina, j’ai dirigé une association à but non lucratif qui soutenait la reconstruction de la communauté musicale. Aujourd’hui, je conseille des organisations qui fournissent des ressources aux artistes face à la pandémie. Le travail est ardu : de nombreux musiciens, surtout les aînés, n’ont pas d’accès à Internet, vivent dans une économie d’argent liquide et ne possèdent pas toujours les documents nécessaires pour obtenir des aides. La crise a frappé à la période où les artistes tirent la majeure partie de leurs revenus des concerts live, qui n’ont toujours pas repris. Nous avons toutefois tiré de nombreuses leçons des années qui ont suivi l’inondation, et je suis encouragé par la résilience de la communauté.

Il est crucial de soutenir ces artistes, car leur travail alimente la culture américaine depuis le XIXᵉ siècle. Une ligne ininterrompue relie Louis Armstrong, Fats Domino, les Meters et Lil Wayne. La reconstruction inégale après Katrina a fragilisé les réseaux qui maintiennent cette culture, et la pandémie aggrave la situation économique des survivants. Avec la transformation des quartiers historiquement noirs et la vulnérabilité de nombreux artistes plus âgés, il est plus que jamais vital de reconnaître notre place dans ce continuum culturel. La meilleure façon d’en apprendre davantage est d’écouter les artistes eux‑mêmes, et la meilleure façon de les soutenir est de les rémunérer pour leur travail. Quand il sera sécuritaire de se rassembler à nouveau, nous ferons les deux.

Si vous deviez décrire la musique de la Nouvelle‑Orléans en trois mots, quels seraient‑ils ?

Shake that thing.

Playlist NOLA de Jordan Hirsch

« Bamboula, Danse des Nègres Op. 2 » – Louis Moreau Gottschalk
Gottschalk, compositeur et pianiste du XIXᵉ siècle de renommée internationale, a grandi à la Nouvelle‑Orléans où il a absorbé les rythmes africains qu’il a intégrés à son œuvre.

« I Thought I Heard Buddy Bolden Say » – Jelly Roll Morton
Morton, figure emblématique du piano de la Nouvelle‑Orléans, rend hommage à Charles « Buddy » Bolden, considéré aujourd’hui comme le premier musicien de jazz.

« West End Blues » – Louis Armstrong
Armstrong a utilisé son héritage culturel néo‑orléanais pour remodeler la musique populaire américaine, comme le montre cet enregistrement phare de 1928.

« The Thing That I Used to Do » – Guitar Slim
Peu connu du grand public, Guitar Slim, reconnaissable à ses cheveux et costumes colorés, a joué un rôle clé dans le développement du rhythm‑and‑blues à la Nouvelle‑Orléans.

« I’m Walkin’ » – Fats Domino
Originaire du Lower Ninth Ward, Fats Domino a largement contribué à la naissance du rock‑and‑roll. Le batteur Earl Palmer, lui‑même une légende du Rock & Roll Hall of Fame, y insuffle le rythme « second‑line » caractéristique de la ville.

« Didn’t It Rain » – Mahalia Jackson
Icône du gospel afro‑américain, Mahalia Jackson a chanté dans les églises d’Uptown avant de devenir une voix mondiale.

« Tipitina » – Professor Longhair
Professor Longhair, pianiste légendaire, a mêlé des touches afro‑caribéennes qui ont influencé des générations d’artistes néo‑orléanais.

« Ruler of My Heart » – Irma Thomas
Irma Thomas, la « Soul Queen » de la Nouvelle‑Orléans, a collaboré avec le producteur Allen Toussaint sur ce classique de 1963.

« Street Parade » – Earl King
Earl King, guitariste virtuose et auteur‑compositeur, est accompagné sur ce titre par les Meters, l’une des sections rythmiques les plus serrées de l’histoire du funk.

« Such a Night » – Dr. John
Malcolm Rebennack a plongé dans le rhythm‑and‑blues de la ville dès l’adolescence avant d’adopter le personnage de Dr. John, créant dans les années 70 des classiques comme celui‑ci.

« Back That Thang Up » – Juvenile
Après avoir donné naissance au jazz et au rock‑and‑roll, la Nouvelle‑Orléans a laissé son empreinte sur le hip‑hop grâce aux labels No Limit et Cash Money. Juvenile, avec le producteur Mannie Fresh, a marqué les années 90‑00 avec ce tube.

« Knock With Me, Rock With Me » – Little Rascals Brass Band
Alors que la ville exporte le rap, de nouvelles fanfares comme les Little Rascals réinventent les traditions de défilé du siècle passé en y incorporant le hip‑hop. Ce morceau, avec les voix de Glen David Andrews, illustre parfaitement le son contemporain des brass bands.


Notes de voyage
  • Tournages à la Nouvelle-Orléans

    American Horror Story Dans une ville réputée pour ses fantômes et son ambiance mystique, le casting et l’équipe d’American Horror Story se sont rendus à la Nouvelle‑Orléans pour la troisième saison de la série : Coven. Les 13 épisodes de la saison, diffusés sur FX, parcourent les restaurants, attractions et décors emblématiques de la ville. Les fans se pressent devant le Buckner Mansion, sur Jackson Avenue, pour prendre des selfies devant la demeure historique qui a servi de décor à l’Académie

  • Activités éducatives à la Nouvelle-Orléans

    La Nouvelle‑Orléans regorge d’activités d’apprentissage pour les curieux de tous âges. Histoire, science, musique ou art, chaque coin de la ville offre une leçon vivante à découvrir dans un musée ou une attraction. Organisez une sortie scolaire avec les enfants et explorez les lieux présentés ci‑dessous. Histoire La ville est un véritable musée à ciel ouvert. Les enfants peuvent s’imprégner du passé en visitant le Cabildo et le Presbytère, situés de part et d’autre de la cathédrale St‑Louis. De

  • Nouvelle‑Orléans : activités à 10 $ ou moins

    Vous n’avez pas besoin d’être riche pour profiter de tout ce que la Nouvelle‑Orléans offre : attractions, musique, cuisine abordable. Voici nos coups de cœur pour explorer la ville à 10 $ ou moins, du mini‑golf à City Putt au tramway, en passant par les musées d’État et les séances de cinéma. Jackson Square, le Cabildo et le Presbytère Visiter Jackson Square est incontournable. Vous y trouverez des attractions gratuites ou à petit prix pour découvrir l’histoire de la Louisiane. Profitez d’une