Profiter de la basse saison à Sainte‑Lucie
Qui associe les Caraïbes à l’été ? Becky Cheang, rédactrice pour Fathom, a testé la Sainte‑Lucie en basse saison et a découvert un paradis sans foule.
SAINT‑LUCIE – Lors de mon dernier séjour, j’ai été transportée dans mon enfance à Singapour : chaleur humide, brise légère, fruits tropicaux (corossol, pomme‑rose), et fleurs éclatantes (ixora, bougainvillier, héliconie). Le clou du spectacle ? La saison des mangues (plus de 40 variétés) qui battait son plein.
Habituellement réservée aux voyageurs du Nord en hiver, la Sainte‑Lucie en basse saison offre un excellent rapport qualité‑prix et beaucoup d’activités. Voici mon itinéraire de cinq jours, que vous pourrez facilement reproduire.
Un petit historique
Située entre la Martinique et Saint‑Vincent, l’île a changé de mains entre Anglais et Français quatorze fois avant son indépendance en 1979. Son sol volcanique fertile et son industrie sucrière attiraient les deux puissances.
En arrivant de l’aéroport, nous avons traversé des plantations de bananes, senti les fruits flamboyants balancés par le vent et senti l’odeur de soufre. L’architecture colorée révèle l’influence indienne, tandis que les bâtiments abandonnés témoignent d’un passé de projets inachevés.
Depuis la crise financière de 2008, l’île s’est modernisée : Boucan by Hotel Chocolat (2011), Sugar Beach du Viceroy (2012), Marigot Bay (2013) et le festival de jazz sur Pigeon Island sont devenus des incontournables. Le carnaval a été déplacé fin juin pour ne pas rivaliser avec celui de Trinité.
Géographie de l’île
Longue de 27 miles et large de 14 miles, l’île a la forme d’une coquille et est l’une des plus montagneuses des Caraïbes. La majeure partie est recouverte de forêts tropicales protégées, de montagnes et de deux pics emblématiques à l’ouest. Les principales villes sont Castries (côté nord) et Soufrière (côté ouest), avec Gros Islet au nord.
À ne pas manquer : la visite de l’Emerald Farm
Cette ferme de 40 acres, gérée par la famille des hôtels Anse Chastanet et Jade Mountain, produit les légumes et les plantes décoratives des deux établissements. Le responsable, Pawan Srivastava, vous invite à toucher, sentir et goûter les trésors tropicaux.
Parmi les expériences : passer sous une arche de lianes de fruit de la passion, sentir la citronnelle, croquer un citron tahitien, déguster plusieurs mangues, une pomme‑rose, et même un piment oiseau entier. Pawan a ouvert une cabosse de cacao ; le fruit sucré, surnommé « jungle M&M », a été grignoté tout au long de la visite. Vous verrez également des pommes‑étoiles, des pommes‑custard, des ananas, des mimosa (qui referment leurs feuilles au toucher) et le fameux « angel’s trumpet », source d’un thé hallucinogène appelé « joy juice ».
Ce que j’ai appris le dernier jour (et que j’aurais aimé savoir dès le départ)
Ne sous‑estimez pas les routes de montagne. Les virages en épingle à cheveux, les nids de poule et l’odeur de soufre peuvent provoquer le mal des transports, même chez les adultes. Prévoyez du Dramamine et choisissez vos itinéraires avec soin.
Que faire
Marché de Castries
Le marché partiellement couvert regorge de produits de saison : corossols géants, fruit à pain, ackee, cacao en bâtons, sauces piquantes locales, noix de coco fraîches que l’on ouvre à la hache avec une cuillère en écorce.
Sources de soufre
À quelques minutes de Soufrière, le seul volcan « drive‑in » du monde vous permet de circuler autour de cratères fumants et de vous baigner dans une source d’eau minérale chaude.
Spices Cooking Studio
Dans le quartier Cap Estate, Jenni et Lucy proposent des cours de cuisine « lime » (c’est‑à‑dire « traîner »). Vous apprendrez à préparer une salade de fruit à pain et de poisson salé, une soupe de maïs caribéenne et un flan au cacao servi avec de la crème de rhum et des « penne pis », biscuits traditionnels du Vendredi saint.
Atelier chocolat Tree‑to‑Bar
Au domaine Rabot, M. Cuthbert Monroque vous guide à travers les 80 acres de cacao, la fermentation, le séchage et le greffage d’un jeune arbre. Vous terminez par une classe où vous concassez les nibs, ajoutez du beurre de cacao et du sucre avant de mouler votre propre chocolat.
Où loger
La plupart des hôtels sont haut de gamme, mais plusieurs offrent des programmes familiaux.
Nord : Cap Maison (Cap Estate, entre Gros Islet et Castries). Chambre avec vue sur une falaise aux tuiles méditerranéennes, chef gallois, restaurant The Naked Fisherman et un cellier où l’on déguste le rhum vieilli en fûts.
Ouest : Capella Marigot Bay. Rénové récemment, il propose des terrasses au bord de la piscine et des suites avec jacuzzi privé et vue panoramique.
Sud‑ouest : Jade Mountain & Anse Chastanet. Situés sur 600 acres de littoral, leurs suites futuristes offrent une vue à 360° et un service de majordome dédié. Le restaurant Jade Mountain Club, dirigé par le chef Allen (membre du National Mango Board), propose des plats à base de mangue toute l’année.
South : Sugar Beach, resort Viceroy. Idéal pour les familles, dîner décontracté à Bayside, chambres lumineuses, et la seule plongée nocturne de l’île.
Où manger
Essayez le pain créole grillé avec du fromage, appelé localement teytey pan (« pain téton ») à cause de sa forme.
Golden Taste à Gros Islet propose un menu local sur tableau blanc : beignets de conque, sauces piquantes, rum épicé, bières Piton et soirées « Jump Up » où la foule danse toute la nuit.
Planifier votre voyage
Comment y arriver
JetBlue assure des vols directs (4h30) depuis JFK vers l’aéroport international Hewanorra (UVF). D’autres compagnies comme British Airways, Delta, Air Canada, American Airlines et Virgin Atlantic assurent également la liaison. L’aéroport se trouve à l’extrême sud ; la route vers Castries dure environ 90 minutes.
Se déplacer
La location de voiture est la solution la plus économique, mais le trafic se fait à gauche et les routes sont souvent en mauvais état. Un permis de conduire de trois mois coûte 20 USD (54 EC$) et se procure à l’immigration, chez les loueurs ou à la police locale. Les resorts proposent aussi des voitures avec chauffeur.
Quand partir
Fin mai offre des tarifs hors saison et un temps agréable, juste après la récolte du cacao et pendant la haute saison des mangues.
Novembre‑février : températures idéales (27‑30 °C le jour, 21‑24 °C la nuit).
Décembre‑janvier : plus frais mais plus fréquenté.
Avril‑octobre : chaleur intense, août étant le mois le plus pluvieux.
Budget
Le dollar US est largement accepté, mais il est apprécié de payer en monnaie locale (EC$). Les restaurants incluent généralement 10 % de service ; le pourboire supplémentaire n’est pas obligatoire mais reste bienvenu.




