Vieques, de A à Z
Une île des Caraïbes offrant l’expérience de plage décontractée par excellence. Une exploratrice à la recherche de tout le reste. Jeralyn Gerba, directrice éditoriale de Fathom, explore au‑delà du serviette de plage.
VIEQUES, Porto Rico – J’adore me détendre. Vraiment. Mais si la détente était du beurre, alors, comme le dit la célèbre chef Paula Deen, ma portion pourrait être un peu différente de la vôtre. Envoyez‑moi sur une île préservée aux plages d’eaux bleues et je passerai mes vacances à prouver le contraire. L’île de Vieques, au large de Porto Rico, nous a posé un défi : elle est réputée comme l’un des spots balnéaires les plus calmes et détendus des Caraïbes. Nous y étions en basse saison, sous un ciel couvert, en milieu de semaine, et l’envie d’aventure nous tenaillait.
Nous avons donc fouillé, interrogé le concierge, parlé aux habitants, fait le tour en voiture, emprunté des chemins non pavés, pagayé, pédalé, veillé tard, levé tôt et dégusté tout ce qui était proposé. Voici ce que nous avons découvert.

De haut à gauche : salade Tin Box du jardin ; la cuisine d’arepas ; notre Jeep fidèle ; une arepa coupée en deux ; Mosquito Pier ; discussion avec un local à un stand de food‑truck.
Arepa
Qu’est‑ce que tout le monde grignote ? Nous nous sommes aventurés dans la maison orange avec une enseigne « fresh baked arepas » (hors Route 200) et sommes repartis avec de gros pains denses farcis de guayaba et de fromage, des saveurs que je n’avais jamais rencontrées. Astuce : les réchauffer au four les rend encore meilleures.
Roquette
Un petit mouvement vers la production locale se fait sentir, et la roquette du coin (présente sur plusieurs cartes) me séduit. Le restaurant Tin Box la cultive dans un vaste jardin et la sert en généreuses portions avec du fromage frais. La meilleure préparation se trouve chez Sorcé, le restaurant du W Resort & Spa, où les feuilles sont accompagnées de haricots marinés. Un délice fou. Cette salade restera gravée dans ma mémoire : fraîche, poivrée, parfaite pour une chaleur de 30 °C, idéalement accompagnée d’un piña colada.

Plage Media Luna en plein après‑midi ensoleillé.
Plage
Étant sur une île, les opportunités d’étaler une serviette au bord de la route sont innombrables : sable noir, sable corallien, plages d’hôtels, quais rocheux et criques. Vous pouvez toutes les tester comme je l’ai fait, ou bien viser la plage de sable blanc le plus doux. Après avoir traversé des marais à mangroves et plusieurs impasses à l’extrémité est, nous avons atteint le sud et découvert Media Luna. Jackpot : le sable est d’une finesse bébé, comme marcher sur un nuage. Nous avons garé notre Jeep au bord et installé un camp sous les arbres. L’eau, d’un turquoise pastel, révèle au fond un sable presque argileux. L’endroit est calme, peu fréquenté, surtout par les locaux.
Vélo
Ils sont louables. Nous en avons pris un, pensant que ce serait le moyen idéal d’explorer la petite île. La balade a duré environ une heure, car malgré le nombre limité de routes, les voitures circulent sans se soucier des cyclistes. Nous nous sommes sentis (ou regardés ?) comme des touristes maladroits et avons échangé le vélo contre le Jeep. Même la propriétaire de la location était d’accord : c’était plus judicieux.
Baie bioluminescente
« Assez parlé de la Bio Bay ! », me disais‑je, tant c’était la seule activité recommandée. Maintenant je comprends pourquoi. Mosquito Bay est probablement la baie la plus lumineuse de la planète. La forme du canal concentre les micro‑organismes néon, et à la tombée de la nuit, l’eau revêt une qualité surnaturelle.
Optez pour le kayak. J’ai déjà fait le tour en bateau dans les baies bioluminescentes de Porto Rico, mais rien ne vaut le silence d’un coup de pagaie sur l’eau, où chaque immersion fait jaillir des étincelles comme un réseau électrique. Nous avons rejoint une excursion de groupe avec 14 kayaks et un guide bruyant (même en basse saison), mais il est possible de réserver une visite privée, ce qui rend l’expérience plus poétique.

Le grand Ceiba.
Ceiba
Prenez quelques minutes pour admirer le Ceiba, arbre à feuilles caduques de 400 ans, doté d’un système racinaire impressionnant et de stratégies de survie remarquables. Les Tainos, les Mayas et plusieurs tribus africaines croyaient que le Ceiba reliait le monde terrestre au monde des esprits. Il ressemble exactement à l’Arbre de la Connaissance tel que je l’imaginais. Vous avez l’impression d’être en présence de quelque chose de très spécial.
Cessna
Ces petits avions de 9 places relient les îles des Caraïbes et offrent un vrai plaisir. Les pilotes sont très calmes et professionnels. Le vol de San Juan à Vieques dure moins de 20 minutes, à seulement 60 mètres d’altitude, offrant une vue imprenable sur le paysage. Une petite montée d’adrénaline agréable.

Arbres en fleurs.
Flamboyant
Je ne me lasse pas de ces magnifiques arbres. Leurs feuilles ressemblent à des fougères et leurs fleurs rouges flamboyantes apportent une touche de couleur vive sur une île autrement verte et beige.
Food‑truck
Nous avons goûté à presque tous les stands de bord de route ouverts (ils n’ont pas d’horaires fixes en semaine). La cuisine était simple, souvent grillée, servie dans des gobelets en polystyrène. Les meilleurs stands avaient leur charme, comme le Kiosk Tainos en face du populaire Sol Food, où l’on sert des côtelettes de porc, du yucca, des tostones et des frappés à la mangue parfumées à la vanille, à la cannelle et au lait de coco. Le plat local, le mofongo, était savoureux et abordable chez O+J, un food‑truck installé dans une station‑service délabrée à l’intersection des routes 997 et 200.

Promeneurs paresseux.
Chevaux
Les chevaux sont partout : au bord de la route, en promenade romantique sur la plage, ou à fouiller les poubelles devant les restaurants. La plupart sont marqués et appartiennent à des locaux qui les laissent errer, car il est coûteux de les loger. On trouve aussi des chevaux sauvages dans les réserves naturelles, et de jeunes garçons les apprivoisent pour les garder comme leurs propres montures, les exhibant fièrement dans les rues.

Le feu de camp nocturne. Photo : W Resort & Spa.
Hôtel
Il existe des chambres d’hôtes simples, des locations d’appartements via des sites comme FlipKey, et la maison moderne et hors‑réseau Hix Island House. En ce qui concerne les hôtels à service complet, le W Resort & Spa domine la scène et a mis Vieques sur la carte des voyageurs. Peut‑être trop chic et design pour le reste de l’île, mais après une longue journée, c’est un havre agréable pour les citadins de la côte Est. Vous y trouverez des tendances boutique : la zone piscine et le gymnase sont appelés « Wet » et « Sweat », les cocktails glacés sont excellents, le personnel est aimable. Notre chambre offrait un balcon surplombant l’océan, et nous avons gardé les portes coulissantes ouvertes tout le séjour. Rien de tel qu’un lever de soleil caribéen pour sortir du confort de draps 350 taux. Les deux piscines qui s’illuminent la nuit (un clin d’œil à la Bio Bay ?) et les pods lounge bohèmes dans le salon (le lobby) complètent l’expérience, sans oublier le feu de camp où l’on peut siroter un cocktail à prix new‑yorkais sous la brise nocturne.

À travers le marais de mangroves.
Mangrove
En vous dirigeant vers l’extrémité ouest, vous pouvez traverser un petit pont en bois à travers le marais de mangroves, qui s’ouvre soudainement sur la lagune Kiani. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est une agréable promenade de cinq minutes parmi les arbres sauvages.

Formation rocheuse mystérieuse Puerto Ferro.
Puerto Ferro
Site peu connu mais parmi les plus fascinants de l’île. Une clairière de végétation subtropicale donne accès à un groupe de rochers, avec de plus petites pierres rayonnant du centre. Leur origine reste un mystère. Lors des fouilles, on a découvert un squelette humain datant de 1900 av. J‑C.
Plongée et snorkeling
À l’extrémité ouest, Puntas Arenas (Plage Verte) est idéale pour le snorkeling ; on y voit de petits oursins près du rivage. Le côté gauche du long quai de Mosquito Pier est également bon pour le snorkeling (moins agréable pour la promenade). Pour la plongée sous‑marine, on recommande de louer un bateau afin d’accéder aux plages inaccessibles de l’est : Cayo Alcatraz, Cayo Conejo et Salina del Sur.
Taino
Les Tainos étaient les habitants de Vieques de 1000 ap. J‑C. jusqu’au XVe siècle, avant d’être décimés par les Espagnols. Ils ont opposé une bonne résistance, retardant la colonisation pendant plusieurs siècles. Entre‑temps, l’île a servi de refuge aux pirates et hors‑la‑loi.

Panneau d’avertissement à la plage : ce n’est pas un gros poisson, mais un missile.
Obus
Un volet surprenant de l’histoire de l’île : la Marine américaine a utilisé Vieques comme « Live Impact Area », où explosifs et munitions non explosés étaient testés. Lorsque la Marine est partie en 2003, près des deux‑tiers de l’île (côtés est et ouest) sont devenus une réserve naturelle nationale. Certaines plages affichent des panneaux d’avertissement pour éviter tout engin non explosé que l’on pourrait trouver dans le sable. Rare, mais une anecdote insolite.
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