Rues de la ville et brume estivale
Les nombreuses œuvres de James Joyce ont longtemps fait connaître au monde la culture et le paysage irlandais grâce à leurs références historiques et à leur langage descriptif. En tant que romancier irlandais le plus célébré de tous les temps, Joyce adopte un ton véridique qui nous plonge au cœur de la vie urbaine dans Dubliners.
« Jimmy s’élança pour transformer en journées de travail cette voiture seigneuriale dans laquelle il était assis. Quelle fluidité ! Dans quel style ils s’étaient engouffrés le long des routes de campagne ! Le voyage posait un doigt magique sur le véritable pouls de la vie et, vaillamment, la machinerie des nerfs humains s’efforçait de répondre aux courses effrénées de la vive créature bleue.
Ils descendirent Dame Street. La rue était animée d’un trafic inhabituel, le bruit des klaxons des automobilistes et le tintement des conducteurs de tramway impatients résonnaient. Près de la Banque, Segouin s’arrêta et Jimmy et son ami descendirent. Un petit groupe de personnes se rassembla sur le trottoir pour rendre hommage au moteur qui ronflait. Le groupe devait dîner ensemble ce soir-là à l’hôtel de Segouin et, entre‑temps, Jimmy et son ami, qui logeaient chez lui, devaient rentrer se changer. La voiture s’engagea lentement vers Grafton Street tandis que les deux jeunes hommes se frayaient un chemin à travers la foule d’observateurs. Ils marchèrent vers le nord avec un curieux sentiment de déception dans l’exercice, tandis que la ville suspendait ses pâles globes de lumière au-dessus d’eux dans une brume d’été. »
Ce passage est extrait de Dubliners de James Joyce.
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