Premières impressions : l'équipe Fathom à Cuba
L'équipe Fathom s’est rendue à Cuba pour explorer l’île caribéenne figée dans le temps. Voici leurs premières impressions.
CUBA – Comme beaucoup d’Américains, nous avons toujours été curieux du voisin du sud, longtemps interdit. De la contrebande de rhum de l’ère de la Prohibition à l’île des années 2020, Cuba reste un lieu fascinant et mystérieux.
L’administration Obama a assoupli plusieurs restrictions ces dernières années, mais les relations cubano‑américaines restent complexes, même avec les papiers en règle.
Entrer à Cuba
On pourrait penser que les visas et autorisations suffisent à franchir la frontière, mais ce n’est pas toujours le cas. Un départ tranquille des États‑Unis a laissé place à un contrôle douanier surprenant à l’arrivée. « Où travaillez‑vous ? », « Avez‑vous des amis ici ? », « Quel appareil photo avez‑vous ? »… nous ont posé ces questions à cinq reprises, du décollage à la récupération des bagages.
Ce qui a rendu l’expérience angoissante, ce ne sont pas les questions mais les douaniers qui nous suivaient de près, toujours à nos côtés ou au coin de la rue, observant chaque geste. Une fois installés dans le taxi, nous avons poussé un soupir de soulagement collectif.
Malgré les nouveaux visas qui facilitent les voyages, notre guide nous a indiqué qu’il est encore rare de voir des petits groupes de femmes américaines voyager sans accompagnateur.
Les habitants
Les Cubains sont sans doute parmi les personnes les plus accueillantes du monde. Ils adorent les touristes, surtout les New‑Yorkais. Les jeunes que nous avons rencontrés nous ont donné l’impression de voir les États‑Unis comme un grand frère avec qui ils veulent se connecter. L’American pop culture imprègne presque chaque conversation – d’un professeur universitaire évoquant Hemingway à un vendeur de rue fan de Glee.
Relations internationales
Il ne fait aucun doute que les relations entre Cuba et les États‑Unis sont tendues depuis la prise de pouvoir de Fidel Castro en 1959. Si les sanctions et l’économie cubaine font souvent l’objet de débats aux États‑Unis, les vivre sur place est une toute autre expérience.
Certains Cubains que nous avons rencontrés semblaient heureux, d’autres frustrés. La plupart vivaient dans la pauvreté : rayons vides, bâtiments historiques qui se dégradent.
Cependant, il faut aussi remarquer les points positifs. Le système cubain garantit l’accès à l’éducation, à la santé et à la sécurité. Tout le monde peut aller à l’université, le taux d’alphabétisation est élevé, les services médicaux sont universels et la criminalité est très faible.
Che Guevara sur la place de la Révolution.
Les icônes
Les Cubains adorent parler de Che Guevara. Statues, affiches, on le voit partout, tout comme Fidel. D’autres figures incontournables sont l’écrivain expatrié Ernest Hemingway, amateur de daiquiri, et José Martí, héros national de l’indépendance cubaine.
Géographie
Cuba se situe à 150 km au sud de la Floride. L’île a une superficie comparable au Tennessee. La capitale, La Havane, se trouve au nord de l’île.
Une brise dans la vieille Havane.
Architecture
Oui, c’est un cliché, mais c’est vrai : se promener à La Havane, c’est comme voyager dans le temps. Nous avons découvert le hall d’un hôtel des années 1950, décoré avec soin, un menu rappelant l’époque de Mad Men et une piscine digne de la Brady Bunch. Les voitures américaines vintage qui sillonnent les rues nous ont constamment émerveillés. Un guide spécialisé nous a conduit d’un bout à l’autre de la ville, montrant l’évolution architecturale du XVIIᵉ siècle jusqu’aux années 1960.
Ce qui surprend
Pour chaque question, nous avons reçu des réponses vagues et souvent contradictoires, que ce soit sur l’accès à Internet ou sur les démarches pour voyager à l’étranger. Cette confusion était à la fois déroutante et fascinante.
Flânerie dans la vieille Havane.
Zone de confort
La sécurité est l’un des atouts majeurs de Cuba. Que l’on se promène dans des ruelles inconnues ou que l’on monte dans une voiture d’époque arrêtée sur le bord, nous nous sommes toujours sentis en sécurité.
Internet
Cuba possède la plus faible densité d’accès à Internet de l’hémisphère occidental. Le gouvernement assouplit progressivement les restrictions, mais l’accès reste limité, même dans les grands hôtels. Les voyageurs américains doivent savoir que leurs téléphones cellulaires ne fonctionnent pas sur le territoire.
Monnaie
Il existe deux monnaies : le Peso Convertible Cubain (CUC) pour les touristes, à un taux fixe 1 : 1 avec le dollar américain, et le Peso Cubain (CUP) pour les habitants, d’une valeur bien moindre. Les visiteurs américains doivent régler leurs dépenses à l’avance via des agences ou guides. Les voyageurs d’autres pays devront apporter des euros, dollars canadiens ou livres sterling (pas les livres écossaises) à convertir en CUC, en évitant de changer trop de CUC d’un coup, car ils ne sont pas remboursables.
Hotel Nacional de Cuba.
Climat
Il fait chaud. Nous avons redécouvert le plaisir de la climatisation et des brises naturelles. Un petit rafraîchissement, comme une terrasse climatisée ou une douche froide, fait tout le bonheur.
Alimentation
La cuisine locale laisse à désirer comparée à celle que l’on trouve à Miami ou New‑York. Le problème vient du manque d’ingrédients de qualité : le beurre d’État ne rivalise pas avec le vrai beurre.
La plupart des restaurants sont publics, mais les paladares privés se multiplient à mesure que le gouvernement ouvre l’économie. On y trouve des spécialités locales comme les fruits de mer frais, le moros y cristianos (riz et haricots) et la ropa vieja (bœuf effiloché à la tomate).
Flirts de rue
Les Cubains sont très sociables – surtout les hommes. Les appels de rue, parfois comparés à ceux d’Italie, restent toutefois amicaux et non agressifs. Sifflements, sifflements et chants sont autant d’invitations à la conversation. Vous aurez l’occasion de pratiquer votre espagnol.
Lectures recommandées
The Other Side of Paradise : Life in the New Cuba, Julia Cooke
Havana Real : One Woman Fights to Tell the Truth About Cuba Today, Yoani Sánchez
Waiting for Snow in Havana : Confessions of a Cuban Boy, Carlos Eire
The Sugar King of Havana : The Rise and Fall of Julio Lobo, Cuba's Last Tycoon, John Paul Rathbone
À propos de Fathom
Comme Hemingway, un bon moment à La Havane
Juste de retour de : La Havane
Guide Fathom Cuba




