Voyage dans le temps au plus ancien hôtel de Chicago
Nous avons un faible pour les visites historiques, surtout lorsqu’elles commencent et se terminent dans des hôtels du XIXᵉ siècle aux décors dorés.
CHICAGO – Je voyage à la recherche d’histoires que les habitants, les bâtiments et la gastronomie locale ont à partager. Une visite récente du Palmer House Hilton, le plus ancien hôtel de Chicago, a satisfait les trois.
La visite "History is Hott", animée par l’historien résident Ken Price, débute dans le petit musée de l’hôtel, niché au niveau mezzanine. Chaque surface est tapissée de souvenirs : photos en noir‑et‑blanc, coupures de journaux, anciens menus, portraits peints et artefacts précieux accumulés par Price au cours de ses 32 années d’étude de l’histoire de cet établissement de plus de 140 ans.
C’est là que Price nous a présenté Potter Palmer, fils d’un modeste marchand de tissus d’Albany, New York. Armé d’une éducation de quatrième année et de l’épargne de son père, Palmer a quitté l’est pour s’établir dans une ville marécageuse ("Chicago" provient du mot Miami‑Illinois *shikaakwa*, signifiant « oignon puant ») afin de se faire un nom.
En 1871, Palmer offre à sa nouvelle épouse, Bertha Honoré, le plus beau cadeau de noces du monde : le Palmer House. Ce présent fut malheureusement le plus éphémère, car le bâtiment brûla treize jours après le mariage, victime du Grand incendie de Chicago.
Encouragée par Bertha et grâce à un prêt de 1,7 million de dollars, Palmer fit construire un second hôtel en face du premier. Inauguré en 1873, le nouveau Palmer House fut pionnier par ses prouesses architecturales et techniques. Présenté comme le premier hôtel ignifuge du monde, il abritait également les premiers ascenseurs de la ville, ouvrant la voie aux gratte‑ciel qui définissent aujourd’hui la silhouette de Chicago.
Bertha Honoré Palmer n’était pas une femme de l’ombre. L’une des rares femmes de son époque à bénéficier d’une éducation universitaire, elle devint l’une des figures les plus influentes de Chicago. En 1893, elle fut nommée présidente du Board of Lady Managers de l’Exposition mondiale de Chicago. Féministe précoce, elle engagea Sophia Hayden, l’une des premières architectes femmes autorisées aux États‑Unis, pour concevoir le Women’s Building.
Petite anecdote : lors de l’Exposition universelle de 1893, Bertha demanda aux chefs du Palmer House de créer un dessert à la fois nourrissant et suffisamment compact pour tenir dans un panier-repas. Le résultat ? Le brownie. Nous devons donc à Bertha l’invention de ce délicieux carré. (Vous pouvez essayer la recette originale – noix et glaçage à l’abricot – dans n’importe quel restaurant de l’hôtel.)
Bertha était également une fervente collectionneuse de peintures impressionnistes françaises. Elle en fit don d’une grande partie à l’Art Institute of Chicago, offrant ainsi à ce musée l’une des collections impressionnistes les plus importantes hors de France.
Après cette introduction au couple légendaire, nous avons exploré les espaces publics de l’hôtel. Nous avons admiré le plafond fresco époustouflant et les lustres Tiffany plaqués or 24 carats du hall. Nous avons monté le grand escalier menant à la Empire Room, qui accueillait autrefois des artistes tels que Frank Sinatra, Judy Garland et Louis Armstrong. Nous avons traversé la somptueuse salle de bal où Mark Twain prononça son célèbre discours de 2 h du matin lors de la fête de retour du général Ulysses S. Grant en 1879, ainsi que le luxueux Red Lacquer Room, orné de chandeliers drapés de grenat.
À la fin de la visite, j’étais rempli d’histoire et de brownies délicieux. Ken Price nous a ensuite dirigés vers le proche Art Institute of Chicago pour admirer les œuvres et bustes de marbre offerts par les Palmer.
Réservez la visite
Le billet comprend un déjeuner à prix fixe au Lockwood et une visite "History is Hott" avec Ken Price. Les visites débutent à midi, du mardi au samedi. Cliquez ici pour réserver.
Enregistrement
Le Palmer House, un hôtel Hilton, se situe en plein centre‑ville de Chicago, à un pâté de maisons du Millennium Park. Repérez le magnifique marquis à l’entrée de la East Monroe Street. Sans spoiler, vous voudrez sortir votre téléphone dès que vous arriverez dans le hall somptueux : plafond fresco à couper le souffle, or à profusion. Les suites exécutives disposent de leurs propres ascenseurs privés ; si vous préférez limiter les contacts humains, téléchargez l’application Hilton Honors pour vous enregistrer, obtenir votre clé numérique et régler votre départ.
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