HOME Guide de voyage Voyage de bon sens
img

Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien

Certains voyagent en marge du monde. D’autres retroussent leurs manches et s’immergent. Michael Charles Sheridan, photographe basé à Londres, capture les multiples humeurs des peuples et des cultures, que ce soit au Népal ou en Sierra Leone, pour le compte d’organisations à but non lucratif et d’associations locales. Ses clichés figurent également dans Lonely Planet, National Geographic et la Lodestar Anthology, entre autres. Nous l’avons interrogé sur ses préférences de prise de vue et son mode de voyage.

Parlez‑nous un peu de vous.

J’habite à Brixton, dans le sud de Londres. J’ai touché mon premier appareil argentique il y a seize ans, dans le cadre d’un projet scolaire, mais il m’a fallu douze années de tâtonnements pour en faire une vraie passion. C’est mon séjour d’études en Malaisie qui a réellement déclenché mon engouement : je voulais saisir les vues, les sons et les odeurs de ce pays extraordinaire.

Mes premiers travaux photographiques sont nés lors de voyages en Inde et au Népal, où je photographiais pour des associations caritatives et leurs bénéficiaires. Une de ces séries a été sélectionnée pour un prix européen, ce qui m’a donné la confiance nécessaire pour envisager la photographie de façon plus professionnelle à mon retour.

Mes habitudes de voyage sont assez prévisibles : même sans connaître la destination, je reproduis un même type d’activités. J’aime m’imprégner d’un lieu au point d’établir une routine – balader dans le quartier pour prendre le petit‑déjeuner, prendre les transports en commun, explorer un marché alimentaire. Si possible, j’assiste à un match sportif local, car ces petites aventures offrent l’opportunité de rencontrer des habitants et de montrer une vision sincère de la vie locale, qui est, à mon sens, l’essentiel.

Comment décririez‑vous votre style photographique ?

Je propose une représentation colorée mais honnête du quotidien. Rues étroites, visages souriants, marchés animés figurent sur ma liste de prises de vue dans chaque destination. J’applique un minimum de retouche afin de conserver l’atmosphère authentique.

Dans le cadre de la photographie caritative, il est crucial de rendre les sujets avec dignité. Je mets en avant les compétences et les loisirs des personnes, souvent en adoptant des angles bas pour créer des compositions percutantes.

Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien

Sur quoi travaillez‑vous actuellement ?

L’année écoulée a été difficile pour la photographie de voyage, pour le dire gentiment. Cela m’a toutefois permis de recentrer mon approche des images. J’ai récemment rejoint le réseau de photographes de Getty, revu mes compétences en retouche et en pitch, et suivi des cours d’écriture afin d’améliorer la narration visuelle de mes projets.

Quel matériel utilisez‑vous ?

Je viens de passer à mon premier appareil hybride plein format et j’essaie de réduire mon arsenal au strict nécessaire : un seul objectif très polyvalent, le Sony Alpha A7II associé à un Tamron 28‑200 mm f/2.8.

Qu’appréciez‑vous dans la prise de vue près de chez vous ?

Je sors rarement mon appareil à Londres, ce qui est malheureusement fréquent chez les photographes. La pandémie, combinée à la chance de vivre dans un quartier londonien très vivant, fait de l’exploration d’Electric Avenue et du marché de Brixton un vrai plaisir. On retrouve à quelques pas de mon appartement tout ce que j’aime à l’étranger : un brassage de langues, de musiques du monde, et des fruits et légumes inconnus.

Qu’aime‑vous le plus dans la photographie en déplacement ?

Malgré les réticences de mon entourage, je me perds complètement lorsqu’une photo se présente. Ce sentiment d’absorption totale dans un lieu étranger est très méditatif. Je n’ai pas besoin d’une activité supplémentaire : le simple fait de franchir la porte suffit, et la promenade devient souvent un mini‑projet photographique.

En outre, les missions caritatives me permettent de passer beaucoup de temps avec des personnes et des familles issues de cultures que je n’aurais pas découvertes autrement. Créer des liens avec des gens qui ne parlent pas la même langue est une richesse que je chéris, et les associations avec lesquelles je collabore facilitent ces rencontres, ce qui se traduit par des images bien meilleures.

Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien

Y a‑t‑il des lieux où vous revenez sans cesse ou que vous rêvez de photographier ?

Mes coups de cœur éternels sont l’Inde et la Chine. L’Inde m’attire par sa lumière orange‑dorée, presque magique, qui rend chaque scène photogénique. La Chine me fait rire chaque jour par ses bizarreries incompréhensibles ; j’ai même commencé des cours de mandarin pour y retourner. J’aimerais également visiter l’Iran et le Pakistan, tant pour la photographie que pour les éloges que j’ai entendus de la part d’autres voyageurs.

Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien Un photographe découvre (et partage) la beauté du quotidien

Voir davantage le travail de Michael

Site web : michaelcharlessheridan.com

Instagram : @michaelcharlessheridan


Notes de voyage
  • Découvertes Beauté Mondiales : Les 13 Meilleurs Produits

    Nous poursuivons la semaine beauty‑in‑travel en vous présentant les meilleurs produits de beauté du monde. Qui de mieux qu’une voyageuse invétérée et passionnée de cosmétiques, Alyssa Barrie Weiss, fondatrice du site Travel Beauty, pour nous livrer une douzaine de pépites ? Enfant, je parcourais l’Europe et le Moyen‑Orient avec mes parents. À chaque arrivée, ma mère nous entraînait, mon frère et moi, à la pharmacie locale. Que ce soit à Tel‑Aviv, Paris, Berlin ou Florence, elle savait toujours l

  • 8 livres à lire sur la plage et les plages idéales pour les savourer

    Les livres que nous lisons chaque été sont aussi bons que les plages où nous les lisons. Tess Falotico, stagiaire spécialisée dans la lecture sur la plage chez Fathom, a étudié les deux aspects : quoi lire et, surtout, où le lire. LA PLAGE – Tous les livres d’été ne se valent pas, tout comme les plages. Un roman léger et aérien convient parfaitement à un matin brumeux à Miami, alors qu’un roman lourd et émouvant mérite un après‑midi tranquille à Montauk. Quel que soit votre coin de sable

  • Découvrir la beauté, le talent et la dignité de l Himalaya

    Jyoti Upadhyay, créatrice de bijoux éthiques et fondatrice de Kaligarh, nous parle de son travail avec des artisans indépendants du Népal, dans la région himalayenne. Parlez‑nous de votre entreprise. Kaligarh est une marque de bijoux éthiques implantée à Katmandou et à Londres. Nous soutenons les artisans indépendants et de petite taille de la région himalayenne. Quel était votre parcours avant Kaligarh ? Avant de créer Kaligarh, j’ai travaillé dans le tourisme de luxe, où je concevais et gérais