Des artistes noirs font sensation à Miami Beach avec l'exposition Aṣẹ
Des artistes noirs venus de Londres et de Philadelphie font vibrer Miami Beach grâce à Aṣẹ, un concept philosophique nigérian.
Une immersion artistique inattendue à Miami Beach
Plus d'un an après les promesses d'une prise de conscience raciale mondiale, il est temps de faire le point. Vince Fraser, artiste numérique britannique d'origine antillaise, et Ursula Rucker, poétesse spoken‑word de Philadelphie, interrogent ce sujet et d'autres enjeux urgents dans Aṣẹ : Afro‑Frequencies, une exposition immersive installée à Miami Beach, en Floride. Bien que la ville soit connue pour sa culture latino, 18 % de sa population est noire et elle attire un public cosmopolite capable d’aborder les questions profondes que soulève ce spectacle.
Aṣẹ (prononcé « ah‑SHAY ») est un terme yoruba qui désigne la force vitale qui réside en chacun de nous et le pouvoir de créer et d’appeler les choses à l’existence. Fraser et Rucker ont collaboré avec Sandro Kereselidze et Tati Pastukhova, co‑fondateurs d’ARTECHOUSE, une organisation indépendante à l’intersection de l’art, de la science et de la technologie. Ensemble, ils ont élaboré une série d’œuvres explorant aṣẹ et son lien avec la diaspora africaine, à travers la vue et le son.
L’exposition s’étend sur deux étages du bâtiment de trois étages d’ARTECHOUSE, situé sur Collins Avenue, South Beach, à quelques pas de l’océan Atlantique. En franchissant le seuil, on quitte le soleil de Floride pour être plongé dans une obscurité quasi totale – le noir.
Visions de l’expérience noire (premier étage)
Le cœur de ce niveau est une salle dominée par un sol réfléchissant qui amplifie les projections à 360 ° sur les quatre murs. Les mots et la voix veloutée d’Ursula Rucker résonnent tandis que des images du drapeau Black Lives Matter, du poing levé, des chaînes en or et argent, des engrenages, des clefs anciennes et le visage de George Floyd défilent. Un paysage urbain dystopique envahi de têtes de poupées noires aux yeux bleus lumineux tourbillonne autour de vous. Restez aussi longtemps que vous le pouvez.
Egungun – le masque ancestral (deuxième étage)
Ce niveau est plus interactif. « Egungun », qui signifie « masqué » en yoruba, se compose de treize écrans vidéo encadrés. En vous plaçant devant chaque écran, un masque africain virtuel recouvre votre visage. « Ils représentent souvent un esprit ancestral ; en le portant, vous vous appropriez cet esprit », explique Fraser depuis son domicile londonien. « En tant que personne noire vivant dans une société occidentale, on vous impose des stéréotypes. Parfois, il faut porter un masque pour prétendre être ce que l’on n’est pas. »
Au détour d’un couloir, des percussions tribales attirent les visiteurs vers un espace miroir sombre, éclairé par un spectacle de lumières kaléidoscopiques. Une sorte de cercle de tambours psychédélique, sans batteur, invite à se mouvoir et à danser au rythme des lumières pulsantes.
Bien que Aṣẹ : Afro‑Frequencies soit conçu comme un événement vivant et interactif, Vince Fraser n’a pas encore pu le visiter à cause des restrictions de voyage liées à la Covid‑19 (« Je dois voir ma propre exposition, vous savez »). Certains éléments sont toutefois visibles dans une vidéo « coulisses » et sur le compte Instagram de l’artiste. L’expérience peut différer du réel, mais elle rappelle que chacun possède le pouvoir de créer et d’appeler ses propres grandes choses à l’existence.
Planifiez votre visite
Aṣẹ : Afro‑Frequencies se déroule jusqu’au 7 novembre 2021 chez ARTECHOUSE Miami, 736 Collins Ave, Miami Beach.




