Renaissance de la faune au Malawi
Le Malawi vit une véritable renaissance de la faune. Surnommé le « Cœur chaleureux de l’Afrique » pour son accueil convivial et le lac Malawi, le pays devient rapidement une destination phare pour les safaris. Grâce à l’expertise d’African Parks, trois réserves autrefois dévastées – Majete, Liwonde et Nkhotakota – ravagées par le braconnage et la pauvreté, sont aujourd’hui des écosystèmes dynamiques regorgeant de vie.

African Parks : reconstruire les espaces sauvages d’Afrique
Créée en 2000, African Parks s’associe aux gouvernements pour gérer les réserves pendant 25 ans, en assurant durabilité écologique, sociale et financière. Aujourd’hui, cette ONG sud‑africaine gère 15 parcs dans neuf pays : quatre au Malawi, trois au Tchad, deux en Zambie, et un dans chacun du Bénin, de la RCA, du Congo, de la RDC, du Mozambique et du Rwanda. Elle protège plus de 100 000 km², couvrant sept des onze biomes africains, ce qui en fait le plus grand réseau de conservation géré par une seule ONG. Son objectif était d’atteindre 20 parcs d’ici 2020, avec des résultats extraordinaires.
Dans le parc national Liuwa Plain en Zambie, le nombre de gnous a triplé pour dépasser 47 000 individus, alimentant la deuxième plus grande migration du continent. Les lions, réduits à une seule femelle à cause du braconnage, forment désormais une troupe de dix, dont deux lionceaux. Les guépards et les hyènes tachetées prospèrent également. Les zones humides de Bangweulu abritent le rare ibis à pieds plats. Au Rwanda, le parc national d’Akagera, dévasté après le génocide, a vu des milliers d’animaux réintroduits, dont 18 rhinocéros noirs en 2017, retrouvant le « Big Five » et une autosuffisance touristique de 75 %.

Des défis subsistent, surtout dans des régions instables comme le parc national Garamba en RDC, où les gardes affrontent des bandes criminelles et l’armée de résistance du Seigneur, parfois au péril de leur vie. Au Tchad, le parc Zakouma a perdu 4 000 éléphants entre 2002 et 2010 ; la force de 1 000 gardes d’African Parks, la plus grande unité anti‑braconnage d’Afrique, a stabilisé la situation.
Le premier projet d’African Parks, la réserve naturelle de Majete au Malawi en 2003, demeure son plus grand succès.
Réserve naturelle de Majete : un modèle de conservation
En 1992, le braconnage avait vidé Majete de ses éléphants, ne laissant que crocodiles, hippopotames et quelques antilopes. African Parks a investi 3 millions de dollars pour réintroduire 2 500 animaux, dont les « Big Five » et, récemment, quatre guépards en juillet, transformant la réserve en un sanctuaire florissant comptant plus de 12 000 animaux et 300 espèces d’oiseaux au milieu de collines, de forêts et du fleuve Shire.

Lors des safaris à pied ou en véhicule, on peut observer des buffles se rouler dans la boue, des élands se reposer ou des nyalas paître. Les safaris en bateau révèlent des éléphants le long des rives. Grâce à la reproduction, 150 éléphants ont été transférés sur 600 km vers Nkhotakota dans le cadre du projet emblématique de 500 éléphants piloté par le prince Harry.
Les retombées pour les communautés comprennent l’éducation, la santé et des entreprises comme le centre d’accueil de Majete. Côté hébergement, le Sunbird Thawale Camp propose des chalets tentes près d’un point d’eau éclairé, tandis que le Mkulumadzi Lodge, ouvert en 2011 avec un investissement de 1,3 million d’euros, offre des chalets luxueux au bord du fleuve.
Parc national de Liwonde : rhinocéros, éléphants et le fleuve Shire
Fort de l’expérience de Majete, African Parks a pris la gestion du parc de Liwonde en 2015. Ses forêts de mopane, acacias, baobabs et euphorbias en chandelier encadrent le majestueux fleuve Shire qui découpe les plaines inondables.

Les safaris en bateau et en canoë dévoilent hippopotames, crocodiles, éléphants buvant, impalas, et des guépards réintroduits (les premiers du Malawi depuis 20 ans, aujourd’hui doublés avec huit lionceaux) ainsi que des lions. L’avifaune brille : martin-pêcheur malachite, skimmers africains, etc.
Le parc abrite buffles, zèbres, antilopes et rhinocéros noirs, suivis par des chercheurs. Face aux conflits homme‑faune sur 584 km², African Parks a installé 117 km de clôture, détruit 36 000 pièges et relocalisé 350 éléphants vers Nkhotakota. Le Mvuu Lodge propose des visites de villages.
Réserve naturelle de Nkhotakota : étoile montante
Gestionnée depuis 2015 après des années de négligence, Nkhotakota collabore avec les communautés locales via la lutte anti‑braconnage, l’apiculture et l’agriculture. Sur 190 km², elle accueille 500 éléphants transférés et 2 000 autres espèces (sable, impala, koudou, etc.).

Le Tongole Wilderness Lodge surplombe le fleuve Bua, employant plus de 30 habitants via sa fondation. Le Bua River Lodge propose des tentes sur une île. Les forêts de miombo, escarpées, sont idéales pour le canoë, la randonnée et l’ascension du pic Chipata offrant des vues panoramiques.
Autrefois négligée, Nkhotakota brille aujourd’hui, grâce à African Parks qui élève le patrimoine sauvage du Malawi.




