Vallée de Fojal : à la découverte de l'Himachal Pradesh méconnu
Au premier regard, le petit village de Fojal semble être l’endroit idéal pour passer quelques nuits paisibles, loin de l’engorgée route Delhi‑Manali, dans l’Himachal Pradesh.
Fojal est d’ailleurs un site de parapente réputé (appelé « Dhobi Paragliding »), mais il n’y a pratiquement aucun hébergement. Après deux heures de recherche, je n’ai trouvé aucune auberge. La plupart des visiteurs se contentent d’une excursion d’une journée, font du parapente, puis rentrent chez eux.
Alors que je m’apprêtais à quitter ce lieu hors des sentiers battus pour reprendre la foule de Mall Road, un spectacle extraordinaire s’est offert à mes yeux.
Les montagnes enneigées, lointaines, scintillaient d’un éclat doré. Quelques maisons himachalis ajoutaient au charme du panorama.

À cet instant, j’ai eu l’impression de remonter aux années 70‑80, époque où la nature dominait le béton, où le chant des oiseaux résonnait toute la journée et où chaque sommet himalayen semblait sacré.
Fojal et sa vallée apparaissent comme ces rares endroits où l’on veut se détendre, oublier le quotidien et simplement vivre l’instant présent… et j’ai ressenti la même chose.


Vallée de Fojal : présentation
Située à mi‑chemin entre Kullu et Manali, la vallée de Fojal est un petit recoin de l’Himachal Pradesh regroupant une douzaine de villages de taille modeste, chacun comptant en moyenne une vingtaine de familles. Le plus grand et le plus peuplé d’entre eux est la bourgade de Fojal, qui porte le même nom que la vallée.
On ne trouve pas de restaurants touristiques, seulement quelques dhabas locaux où l’on sert des momos et du Maggi.
Pour le touriste moyen, les activités se limitent au parapente et à quelques randonnées estivales. En revanche, les voyageurs intrépides ou adeptes du slow‑travel y trouvent un cadre parfait pour se ressourcer et s’immerger dans le quotidien paisible des Himachalis.



On peut y passer des vacances en toute quiétude, seul ou en compagnie de quelques habitants chaleureux. L’absence d’infrastructures touristiques modernes (même comparées aux coins les plus reculés de la vallée de Parvati ou d’autres zones de Manali) fait de Fojal un lieu destiné aux voyageurs cherchant une expérience de vie différente plutôt qu’une visite de sites classiques.


Voir également les activités à faire à Manali si vous vous y rendez.
Parmi les habitants, la vallée est surtout connue pour ses temples sacrés : le « Maa Sharvali Devi » et le « Maa Jwala », deux édifices très anciens qui attirent de nombreux fidèles lors des foires annuelles. Les pèlerins entreprennent même un trek ardu jusqu’à un lac voisin, animé par une ferveur remarquable.
Comment s’y rendre
La vallée s’élève perpendiculairement à la vallée de Kullu, près de la localité de Patlikuhl, avant de se diviser en deux branches. Le village de Fojal, situé au centre, constitue le hub de transport de toute la vallée.


En voiture, il suffit de saisir « Fojal » sur Google Maps ; la route relie directement le village aux autres habitations de la vallée. En bus, descendez à Dobhi (NH 3, entre Kullu et Manali), puis prenez un taxi (environ 200 ₹) pour 15 minutes de trajet jusqu’à Fojal.
Mon séjour à Fojal
Après plusieurs heures à errer et à solliciter les habitants pour un hébergement, j’étais sur le point de rebrousser chemin vers Manali lorsque les montagnes enneigées, dorées au loin, m’ont rappelé que je ne pouvais pas quitter Fojal sans y passer au moins une nuit.
J’ai contacté mes connaissances à Manali, et la chance a finalement tourné en ma faveur.

À environ 3 km du village, vers le hameau de Roonga, on m’a trouvé une vieille maison himachali abandonnée depuis plusieurs années. L’électricité y était intermittente et les murs épais empêchaient toute réception téléphonique.
Deux habitants m’y ont conduit, munis de nourriture et d’une bouteille de whisky.
Cette découverte fortuite m’a conduit à séjourner dans ce qui était, à l’origine, une maison construite par un Européen il y a trois décennies. Depuis dix ans, elle était louée à un habitant de Delhi pour créer le tout premier bed‑and‑breakfast de la vallée.

Installé dans ce havre, j’ai passé les jours suivants à flâner entre les villages pittoresques, à admirer les allées bordées de grenadiers morts, à observer les habitants transporter du bois pour l’hiver. La vallée de Fojal m’a rappelé les paysages alpins autrichiens, sans la barrière de la langue.
Vers 18 h, le soleil se couchait derrière les sommets, teintant le ciel de violet et de bleu, parsemé de petites étoiles lointaines.

Le froid a rapidement baissé, me poussant à regagner le feu crépitant de la maison. Le dîner était déjà servi, me replongeant dans une époque que je n’avais connue que dans les manuels.




