Cartagena – La porte d’entrée idéale en Colombie
Avant de commencer mon aventure sud‑américaine cette année, mes idées sur la Colombie étaient façonnées par son café légendaire, l’héritage notoire de Pablo Escobar (fraîchement découvert en binge‑watching Narcos), les rumeurs du trek ardu vers la « Cité perdue » (Ciudad Perdida, que j’ai finalement conquis en quatre jours de sueur), et la ville portuaire emblématique de Cartagena.
Dans mon imagination, Cartagena était un havre colonial digne d’une carte postale où les marins accostaient après leurs traversées des Caraïbes, dansant la salsa avec les habitants autour de mojitos glacés.
La réalité en 2016 a dépassé mes attentes. Au légendaire Café Havana – un bar salsa animé, pas un café tranquille – des marins bronzés côtoyaient Colombiens, Argentins et Chiliens au rythme électrisant de la musique cubaine qui invitait à bouger.
J’avais imaginé arriver en catamaran depuis le Panama, le pont du routard sur le redoutable Darién Gap. La vie en a décidé autrement ; après être arrivé au Panama depuis le Mexique en 2011, l’Europe m’a appelé.
Cinq ans plus tard, Cartagena est devenue mon point d’entrée en Colombie – et une porte mémorable. Même après deux mois d’exploration des côtes caraïbes aux hauts plateaux du café et aux profondeurs de l’Amazonie, je n’avais fait qu’effleurer la surface.
Cartagena chaud et humide : un accueil des Caraïbes
En descendant de l’avion sur le tarmac brûlant, l’air épais et humide nous a frappés en premier – la signature caribéenne qui rappelle l’Amérique centrale.
Les maisons colorées défilaient à toute vitesse à la fenêtre du taxi, évoquant le Costa Rica, le Nicaragua ou le Panama. La ressemblance s’est intensifiée en franchissant la porte de la tour de l’horloge, intégrée aux murs de pierre ancienne de la vieille ville.
À l’intérieur, nous nous sommes perdus dans un labyrinthe d’allées colorées. Cartagena rappelle le Casco Viejo de Panama City : emplacements en bord de mer, cœurs coloniaux espagnols préservés, et horizons modernes de tours de verre et de centres commerciaux.
Un joyau colonial espagnol onirique
Mais le charme propre à Cartagena s’est rapidement imposé. Imaginez des vendeuses de fruits en robes de soie éclatantes, installées dans la vieille ville, facturant 3 $ (au lieu de 1 $) pour des photos.
Ou des balcons en bois drapés de bougainvilliers et de fleurs exotiques. Entendez les calèches à cheval passer devant les touristes armés de selfies.
Au‑delà des monuments ou des musées, c’est la ville elle‑même qui captive. Chaque jour, les rues révèlent des portes toujours plus étonnantes (poignées fantaisistes : poissons, lézards, lions), une multitude de teintes jaunes, des places ombragées idéales pour observer les passants autour d’un café glacé.
Les fruits frais tentent le palais : pastèque, ananas, papaye, voire des spécialités locales exotiques.
Envoûté, j’ai prolongé mon séjour à plusieurs reprises, déclarant chaque matin « Pues… Voy a quedarme otra noche ».
Les journées sans itinéraire imposé favorisent les rituels : écrire au café‑librairie Abaco, savourer le meilleur café chez San Alberto (modeste), un affogato chez Juan Valdez (le Starbucks colombien), grignoter de la street‑food, et admirer le coucher du soleil depuis le Café del Mar perché sur les remparts.
Ces remparts – les mieux conservés des Amériques – s’étendent sur 4 km (2,5 mi), 8 m de haut, avec des baluartes et des canons. Parcourez‑les entièrement pour profiter d’une vue sur l’océan ; pour le coucher, un vendeur à 1 $ propose une bière si vous voulez éviter les boissons coûteuses.

Getsemaní : le paradis du street‑art
Jusqu’à la vieille ville, un petit parc mène à Getsemaní, qui partage l’architecture mais offre une ambiance plus brute – certaines façades restent non restaurées, rappelant un passé plus rebelle.
Le street‑art y règne : fresques, graffitis, messages partout. Des visites guidées gratuites depuis ce quartier mettent en lumière les œuvres.
Passionné, j’ai rejoint une visite animée par un expert français, qui expliquait les chefs‑d’œuvre et leur portée politique.
Indispensable pour les amateurs d’art ; tout le monde y trouve son compte grâce aux cafés chics et aux restaurants de qualité dans cette zone désormais accueillante pour les touristes.
Le point d’orgue : prendre un verre sur le minuscule balcon du Bar Solar, qui surplombe la Plaza de la Trinidad, toujours animée par les habitants et les enfants jouant au football.
Faune urbaine : le Parque del Centenario
Ce parc‑pont ? Le Parque del Centenario regorge de vie sauvage. Après le Tayrona (où les rencontres étaient rares), nous avons fait la connaissance d’un paresseux amical, déclenchant des visites quotidiennes. Singes, écureuils, iguanes nous suivaient.

Bocagrande : plages modernes et couchers de soleil
Les gratte‑ciel et les plages de Bocagrande pâlissent face à Playa Blanca, mais les couchers de soleil pour les kitesurfeurs restent spectaculaires. Dirigez‑vous vers l’extrémité de la péninsule, près du Hilton, pour les meilleures vues ; dînez en bord de mer au Bar La Sirena, Brisas del Caribe ou El Muelle.

Échapper à la chaleur : excursions d’une journée
La chaleur persistante toute l’année incite à fuir.
Playa Blanca (45 min à l’ouest) éblouit avec ses eaux turquoise et son sable blanc – bien supérieure aux plages urbaines, malgré notre visite sous la pluie.
Les huttes basiques découragent les nuitées à cause de la chaleur et des insectes.
Le volcan de boue de Totumo ? Une expérience unique et mémorable – détails dans Six Things Nobody Tells You About Colombia’s Totumo Mud Volcano.
Cartagena a rapidement figuré parmi mes destinations colombiennes préférées.
Guide de voyage à Cartagena
Comment s’y rendre
Avion : vols directs depuis NYC, Miami, Fort Lauderdale, Atlanta ; connexions depuis le reste du pays. En interne, consultez TiquetesBaratos.com (site espagnol, meilleures offres), Google Flights, VivaColombia ou Avianca.
Bus : sûr et confortable ; Rapido Ochoa vers Medellín (12 h) – à comparer avec les vols.
Bateau : traversée réglementée Panama‑Colombie via BlueSailing.net (~550 $, 5 jours).
Où loger
Privilégiez Getsemaní ou la vieille ville. Évitez les périphéries (casse‑tête avec les taxis). J’ai aimé Hostal 1811 (à la frontière des deux quartiers) et le Centro Hotel (emplacement colonial idéal). L’Ibis près de l’océan est économique mais éloigné.
Immanquables à Cartagena
Visite du street‑art (10 h, Plaza de la Trinidad).
Les popsicles de fruits exotiques de La Paletería (chocolatés !).
San Alberto pour un café haut de gamme (Calle de Los Santos de Piedra Cra. 4 #34‑1 à 34‑91).
Petit‑déjeuner : El Gato Negro (Carrera 10 San Andrés #30‑39), Caffé Lunático (Calle Espíritu Santo #29‑184).
Limonade à la noix de coco partout. Options végétariennes : Los Girasoles (Carrera 9 / Calle 37, déjeuner COP 8 000).
Cuisine caraïbe‑colombienne : La Mulata (Calle 37, Carrera 9‑10, menus du jour).
Excursions d’une journée
Réservation via Mamallena Hostel : volcan de boue Totumo (COP 45 000 ≈ 15 $), Playa Blanca (COP 50 000 ≈ 17 $, bus 45 min). Possibilité de sortie en bateau avec snorkeling depuis le Muelle Turístico.




