Pourquoi tomber amoureux de Cythère

Une île aux multiples visages
Située au sud du Péloponnèse, Cythère (Kythira) séduit par son ambiance singulière, ses plages idylliques et une myriade de villages, chacun avec son caractère propre. La légende de la naissance d’Aphrodite au large de l’île et le tableau du XVIIIᵉ siècle de Jean‑Antoine Watteau, Pèlerinage à Cythère, renforcent son aura romantique.
Des villages authentiques et préservés
Contrairement à l’image romantique attendue, j’ai découvert une terre agricole, verte, rappelant la campagne crétoise. Les villages, du plus pittoresque au plus silencieux, conservent une identité forte grâce à un système de gestion des terres publiques hérité de l’ère britannique. Les biens non privés appartiennent à l’« Enchoria Periousia », géré par un comité local, ce qui empêche les constructions illégales et préserve le charme d’origine.
Des familles enracinées depuis des siècles
Les mêmes familles habitent les mêmes villages depuis des générations : les Sklavos à Mitata depuis l’époque des pirates, les Zervos à Mylopotamos depuis 1300. Cythère n’a jamais été une communauté homogène, mais deux zones distinctes, Nord et Sud.
Un afflux de nouveaux résidents
L’île attire des étrangers qui y ont trouvé une seconde vie : un hôtelier français, une herboriste italo‑écossaise, un artiste athénien, et bien d’autres qui ont choisi Cythère comme foyer.
Conseils pratiques pour les visiteurs
Les sites d’intérêt sont dispersés (la ville de Chora se trouve à 25 km du port de Diakofti, soit environ 40 minutes de route). La location d’une voiture est donc indispensable. De plus, la saison touristique est courte : choisissez août pour l’effervescence ou les mois plus calmes pour la sérénité.
Les châteaux de Cythère
L’île, à l’image du Péloponnèse voisin, possède de nombreux forts : Paliochora, autrefois capitale saccagée par le pirate ottoman Hayreddin Barbarossa ; le château vénitien de Mylopotamos, les ruines d’Avlemona du XVIᵉ siècle, et le fort de Chora (Fortetsa), un édifice vénitien du XIIIᵉ siècle reconstruit au XVIᵉ, offrant des vues à couper le souffle. Une petite exposition y expose les armoiries des familles nobles de l’île, éclairant son passé médiéval.
Histoires cachées dans les ruelles
Au pied du château de Chora, deux maisons – l’une blanche, l’autre rose – racontent des destins surprenants. La maison rose appartenait à la famille de Roza Kasimati, mère de Yakumo Koizumi (Lafcadio Hearn), écrivain gréco‑irlandais qui a vécu au Japon. La maison blanche était celle de Nikolay Filosofov, amiral russe exilé après la Révolution d’octobre, devenu gardien de phare à Antikythera. Une petite allée devient ainsi un témoignage cosmopolite.




