Se perdre à Lhassa, le pays des dieux
Se rendre au Tibet n'est pas simple, mais la capitale Lhassa est incontournable pour quiconque veut vivre la culture unique de ce pays. Le voyage en vaut la peine. Voici comment organiser votre visite.
Lhassa, Tibet – Lhassa est une ville incomparable. Bien qu'elle devienne rapidement une métropole chinoise moderne avec gratte-ciel et larges avenues, son cœur reste le centre spirituel et culturel tibétain. Ville de pèlerinage, elle foisonne de Tibétains, de palais, de temples bouddhistes et de monastères. Prenez quelques jours, perdez‑vous dans ses ruelles et savourez la cuisine locale.
Géographie de Lhassa
Lhassa se compose de deux parties distinctes : la ville nouvelle et la vieille ville. La ville nouvelle, construite ces dernières décennies pour accueillir touristes et migrants chinois, ne recèle pas de sites historiques majeurs, mais vous la traverserez inévitablement : la route principale menant à l'aéroport et la gare ferroviaire y passent. Elle représente la direction future de Lhassa.
En revanche, la vieille ville est le cœur authentique du Tibet. Ses rues étroites et sinueuses abritent des maisons richement décorées où vivent les familles tibétaines. Les principaux sites, restaurants et hôtels se trouvent ici. C’est un véritable labyrinthe où il est facile de se perdre – mais c’est justement le charme du lieu. Les habitants sont généralement très serviables.
Que faire à Lhassa
Bien que la plupart des voyageurs ne restent que quelques jours, Lhassa offre suffisamment d’activités pour occuper des semaines.
Palais du Potala
Le Palais du Potala domine la ville depuis le Marpo Ri (Montagne rouge) à la lisière de la vieille ville. Résidence d’hiver des dix Dalaï‑Lamas jusqu’en 1959, il figure sur le billet de 50 RMB. Aujourd’hui, il n’est plus habité par le Dalaï‑Lama, mais les moines le maintiennent et les Tibétains y viennent prier. Respectez les consignes du personnel de sécurité et ne manquez pas les anciens quartiers du Dalaï‑Lama actuel.
Palais du Potala. Photo de McKay Savage / Flickr.
Tibétains en prière devant le temple Jokhang.
Temple Jokhang
Le Temple Jokhang (district Chengguan) est le temple le plus sacré du bouddhisme tibétain. Construit, selon la légende, sur le cœur d’un démon, il attire en permanence des fidèles qui viennent prier devant une statue dite bénie par le Bouddha. Même un mardi ordinaire peut être rempli d’une foule dense.
Autour du Jokhang s’étend le Barkhor, une kora (pèlerinage circulaire) bordée de boutiques et de salons de thé. C’est le lieu de promenade, de prière et de repos des Tibétains. Si vous êtes fatigué, asseyez‑vous sur un banc et observez le va‑et‑viens.
Vue depuis l’arrière du monastère Ganden.
Monastères Ganden, Drepung et Sera
Ces trois monastères sont les plus importants du bouddhisme Gelug, l’école dominante au Tibet.
Monastère Ganden (comté de Dagazê) a été fondé par Tsongkapa. En plus de ses sanctuaires, une promenade autour du monastère permet de découvrir la grotte d’un ermite et un site de crémation céleste (funérailles où les corps sont offerts aux vautours). Ganden se situe en périphérie et nécessite généralement la location d’une voiture.
Monastère Drepung fut autrefois le plus grand monastère du monde et la résidence des Dalaï‑Lamas avant que le cinquième ne s’installe au Potala. La cuisine des moines, avec son four gigantesque, témoigne de l’ampleur de la communauté monastique.
Monastère Sera (district Chengguan) est idéal pour assister aux débats philosophiques tibétains. Chaque jour ouvrable, les moines débattent dans une cour, frappant leurs mains et utilisant des gestes exagérés. Ne manquez pas la chapelle de Tamdrin, où les pèlerins touchent les pieds de la divinité pour une bénédiction. Vous y trouverez également de nombreux articles de dévotion à des prix très raisonnables.
Marché Dropenling
Le Dropenling est un marché solidaire proposant textiles, jouets et œuvres d’art tibétaines faites main. Situé dans le quartier musulman de la vieille ville (11 Chak Tasal Gang Rd.), c’est l’endroit idéal pour des souvenirs artisanaux.
Où dormir
Pour vivre l’expérience authentique du cœur de la vieille ville, réservez une chambre à la House of Shambhala. Boutique‑hôtel de neuf chambres décorées de façon traditionnelle (tapis de peau de tigre, coussins brodés, commodes peintes). Chaque lit est orné de pierres semi‑précieuses, de coraux et d’amulettes protectrices. L’hôtel vend des bonbonnes d’oxygène à la réception – indispensable si vous choisissez une chambre au dernier étage ou la terrasse. En hiver, demandez un chauffage d’appoint.
Design de fenêtre tibétain.
Le Shambhala Palace, sœur de la House of Shambhala, se trouve à deux pas du Barkhor. Avec dix‑sept chambres, il conserve le même style décoratif et raconte l’histoire légendaire du royaume de Shambhala dans sa cour.
Où manger
Mon restaurant préféré est le Tibetan Family Kitchen (1 Danjielin Rd.). Installé au deuxième étage d’une maison traditionnelle, il propose un menu anglais complet. Goûtez les momos (raviolis tibétains) au yak ou en version végétarienne, ainsi que les pommes de terre épicées, un vrai régal. Réservez à l’avance, la salle se remplit vite.
Le restaurant de la House of Shambhala vaut aussi le détour : cuisine occidentale, népalaise, indienne et tibétaine. Commencez par les rotis et naans, poursuivez avec un curry végétarien ou du poulet tikka, et terminez par un brownie au chocolat de Katmandou. Accompagnez le tout d’une bière tibétaine ou d’un vin d’orge maison.
Où boire
Le thé au beurre, mélange de thé noir, beurre de yak et sel, se déguste partout. Le Makye Ame, réputé appartenir à la maîtresse du sixième Dalaï‑Lama, se trouve au coin sud‑est du Barkhor et se distingue par sa couleur jaune sacrée.
Pour un cadre plus intime, essayez le Woeten Tibetan Family Tea House (nord du Barkhor, deuxième étage). Vous y trouverez du bon thé, des nouilles et une vue imprenable sur le quartier.
Les amateurs de café apprécieront The Sense Coffee (3 Barkhor South St.), un café de troisième vague installé au deuxième étage du marché Ni Sang Chen Bo. Leurs machines Marzocco offrent un espresso de qualité, accompagné de petites bouchées.
Vue du Potala Kora.
Planifier votre voyage
Comment y arriver
Se rendre à Lhassa exige du temps, de la patience et un permis de voyage délivré par le gouvernement chinois. Depuis 2008, les touristes étrangers doivent réserver via une agence de voyage agréée. Pour soutenir l’économie locale, choisissez i‑Tibet Travel ou Explore Tibet, deux agences tibétaines qui vous guideront dans les démarches administratives.
Les vols directs internationaux vers Lhassa sont rares. En Chine, vous devrez généralement transiter. Des vols directs existent depuis Pékin, Shanghai, Xi’an et Chengdu, mais restent coûteux. Les compagnies comme Sichuan Airlines offrent des tarifs compétitifs, bien que la ponctualité ne soit pas garantie.
Se déplacer
Louser une voiture privée peut coûter environ 2 $ US/km, ce qui devient rapidement onéreux. Pour les sites intra‑urbains, les bus, taxis et pousse‑pousse suffisent. Une voiture est toutefois indispensable pour les excursions hors‑ville, comme le monastère Ganden.
Conseils pratiques
Lhassa se situe à 3 500 m d’altitude. L’acclimatation prend quelques jours ; buvez beaucoup d’eau et évitez les efforts intenses, surtout les escaliers.
Il est interdit de photographier les forces de police ou militaires. En cas de crémation céleste, respectez le caractère sacré du rite et abstenez‑vous de prendre des photos.
Le pourboire n’est pas habituel en Chine, mais il est apprécié dans les établissements haut de gamme (environ 10 % de l’addition). Pour les guides, 50–100 RMB par jour sont appropriés.
Pour plus d’actualités et de conseils, consultez le site The Land of Snows.
Et encore plus
Un déjeuner inattendu pour deux dans un château tibétain
Veuillez ne pas manger les ânes
Rois dragons et angoisse existentielle : récit d’un voyageur au Bhoutan




