Ce qu’il faut savoir avant de partir : introduction aux « Stans » d’Asie centrale
L’Asie centrale est, pour la plupart des Américains, une région vague et mystérieuse sur la carte du monde. Pourtant, les cinq États relativement récents le long de l’ancienne Route de la Soie méritent qu’on s’y attarde. Commencez par ce guide d’introduction aux « Stans » pour vous repérer.
L’Asie centrale, c’est bien plus que Borat, yourtes et chevaux.
Depuis leur émancipation du cadre soviétique en 1991, les cinq États indépendants – Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Turkménistan et Tadjikistan – ont connu un quart de siècle de transformations culturelles, politiques et économiques.
La région offre des merveilles naturelles époustouflantes, des métropoles modernes, des sites historiques parfaitement conservés, des bazars de la Route de la Soie… Chaque « Stan » a sa singularité, mais tous partagent des racines turciques et un héritage soviétique qui les lient linguistiquement et culturellement, tant d’un point de vue historique que contemporain. Les traditions restent fortes, le mode de vie nomade d’antan persiste, et l’hospitalité, le respect des aînés et l’importance de la famille sont des valeurs essentielles.
Pour les voyageurs prêts à naviguer dans une bureaucratie parfois lourde, une aventure exceptionnelle les attend.
Où ailleurs au monde pourra‑t‑on déguster de la viande de cheval et du lait de chameau fermenté tout en admirant les immenses ciels asiatiques ?

Le palais présidentiel coloré entouré de bâtiments gouvernementaux au cœur d’Astana. Photo : Mariusz Kluzniak / Flickr.
Kazakhstan
Plus grand pays enclavé du monde, le Kazakhstan possède un relief varié qui constitue le décor idéal d’une multitude d’activités, soutenues par une industrie touristique solide. Les visiteurs, dont les Américains, bénéficient d’une entrée sans visa pendant 30 jours. Le pays, l’un des plus développés de la région, accueille ses hôtes avec la chaleur typique de l’Asie centrale. Deux grandes villes s’y distinguent : Astana, la capitale ultramoderne et quelque peu dystopique du nord (son nom provient du mot kazakh signifiant « capitale »), et Almaty, ancienne capitale historique et, sans conteste, la ville la plus cosmopolite d’Asie centrale. Le Kazakhstan vise à rejoindre le top 30 des économies mondiales d’ici 2050 grâce aux programmes lancés par le président Nursultan Nazarbayev. Vous y trouverez des stations de ski, des métropoles truffées de chaînes internationales et de centres commerciaux, des montagnes, des lieux de pèlerinage, d’immenses steppes, etc.

Le bétail d’une famille locale à la périphérie de Bichkek. Photo : Tess Chapin.
Kirghizistan
Petit pays montagneux, le Kirghizistan propose une incroyable variété d’activités de plein air grâce à un secteur touristique local bien développé, ce qui lui vaut le titre de capitale du trekking et de la randonnée en Asie centrale. Des réseaux de tourisme communautaire permettent aux voyageurs de vivre une immersion authentique : hébergements, guides, organisation de campings, trek, équitation… Le Kirghizistan est le seul État démocratique de la région ; sa capitale, Bichkek, est jeune, dynamique, avec une vie nocturne animée et un degré de conscience sociale supérieur à ses voisins. Le vaste bazar d’Osh reflète fortement la proximité de la Chine et l’héritage de la Route de la Soie. Le lac Issyk‑Kul, le deuxième plus grand lac alpin du monde, est une merveille naturelle. Le pays, l’un des plus pauvres de la région, propose une entrée sans visa et reste l’un des plus abordables : les voyageurs peuvent profiter d’activités pour quelques dollars seulement.
Tadjikistan
Le Tadjikistan se démarque des quatre autres « Stans » par ses racines persanes et son histoire marquée par les conflits et les difficultés économiques, notamment en raison de sa proximité avec le trafic d’opium afghan. C’est le pays le plus pauvre d’Asie centrale, mais les relations internes se sont stabilisées depuis la guerre civile des années 1990. Le gouvernement s’attache à développer le tourisme, avec l’objectif d’attirer un million de visiteurs étrangers par an d’ici 2020. Aujourd’hui, le pays reste hors des sentiers battus : les montagnes immaculées du Pamir, leurs vallées verdoyantes, offrent des paysages à couper le souffle, loin des foules. Les Tadjiks parlent une langue dérivée du persan, différente des langues turciques des autres États, tout en maîtrisant souvent le russe grâce à l’héritage soviétique.

Le drapeau du Turkménistan et la statue dorée du défunt président Saparmurat Niyazov à Achgabat. Photo : Dave Proffer / Flickr.
Turkménistan
Souvent qualifié du « Corée du Nord de l’Asie centrale » en raison de son isolement et du culte de la personnalité autour de son leader, le Turkménistan est difficile d’accès : le gouvernement contrôle strictement les entrées et sorties. Si le mystère vous séduit, ce pays vous intrigue. Parmi les attraits de l’époque de la Route de la Soie, la cité antique de Merv, accessible depuis la ville moderne de Mary, repose sur une oasis du désert du Karakoum. Le littoral caspien propose peu d’offres, mais le pays abrite la « Porte de l’Enfer », un cratère de gaz naturel qui brûle depuis les années 1970, offrant une attraction singulière. Le Turkménistan accueillera les Jeux asiatiques intérieurs et d’arts martiaux en 2017, un événement continental tous les quatre ans.

Mosquées et mausolées de Samarcande, Ouzbékistan. Photo : Gusjer / Flickr.
Ouzbékistan
L’Ouzbékistan est la destination de prédilection pour les passionnés de l’histoire de la Route de la Soie, abritant trois villes emblématiques parfaitement conservées : Samarcande, Boukhara et Khiva. C’est le pays le plus peuplé de la région (plus de 30 millions d’habitants). Sa capitale, Tachkent, est la plus grande ville d’Asie centrale (plus de trois millions d’habitants). Bien que le pays regorge de sites à voir, les formalités administratives peuvent être complexes ; l’assistance d’un professionnel du voyage est souvent indispensable, et il est recommandé de voyager en groupe ou via un circuit pré‑organisé. Le décès du président Islam Karimov, au pouvoir depuis 1991, a entraîné une période d’instabilité politique, mais le secteur du tourisme historique reste un pilier économique, le gouvernement dépendant fortement des revenus qu’il génère.
Et ce n’est pas tout…
« Little Black Book to Bishkek », « Tajikistan : informations essentielles », « J’ai swipé mon chemin à travers l’Asie centrale ».




