Vous détestez le décalage horaire ? Cet avion promet de le réduire
Qantas lance un programme axé sur le bien‑être à bord de son Boeing Dreamliner, à la fois économique en carburant et conçu pour limiter le jet‑lag. Ses fenêtres auto‑teintées et son agencement spacieux aideront‑ils votre rythme circadien ? Le contributeur de Fathom, Larkin Clark, le teste sur un vol très long.
MELBOURNE, Australie — Que vous voyagiez pour le travail ou le plaisir, le décalage horaire est un vrai casse‑tête. Rien de pire que de passer la première journée à destination au bord de l’épuisement, gonflé par la nourriture d’avion, ce qui arrive malheureusement trop souvent.
Sur le papier, le Boeing 787‑9 Dreamliner ressemble à un rêve pour les passagers long‑courriers : il promet de réduire le jet‑lag, d’augmenter l’espace cabine et d’améliorer l’efficacité énergétique en une seule fois. Qantas a récemment intégré le Dreamliner à sa flotte, ouvrant de nouvelles liaisons Melbourne‑Los Angeles et Perth‑Londres. Cette dernière est une grande nouveauté, car il s’agit du troisième vol le plus long au monde et la première liaison directe entre l’Australie et l’Europe.
Qantas a rendu le projet encore plus intéressant en s’associant aux chercheurs du Charles Perkins Centre de l’Université de Sydney pour créer une expérience de vol axée sur le bien‑être. Le programme comprend un éclairage favorisant le sommeil, une qualité d’air améliorée et un menu élaboré par le chef Neil Perry, spécifiquement pensé pour combattre le jet‑lag. C’est la première fois qu’une compagnie aérienne collabore avec une institution scientifique pour étudier les effets du vol sur le bien‑être, en dehors des urgences médicales.
J’ai donc embarqué à bord du Dreamliner de Melbourne à Los Angeles pour le tester en condition réelle. Voici les points forts.
Plus d’espace, vraiment
Le cockpit accueille 236 passagers, bien moins que les 300 places que beaucoup d’autres compagnies configurent habituellement. Chaque espace passager a été conçu avec le designer australien David Caon, ce qui donne un rendu épuré et intuitif. En classe affaires, les cabines sont particulièrement privées grâce à des sièges incurvés à dossier haut et des cloisons mi‑hauteur entre les rangées. Les sièges côté hublot sont légèrement décalés, renforçant la sensation d’intimité. Un atout apprécié : prises électriques et ports USB placés stratégiquement, évitant de devoir fouiller sous le siège.
En classe économique premium, l’espace pour les jambes est également plus généreux. En revanche, les retours des passagers en classe économique standard sur le vol Perth‑Londres restent classiques ; pour les longs trajets, il peut donc être judicieux d’investir dans une classe supérieure.
Qualité de l’air améliorée
Avant ce vol, je sous‑estimais l’impact de l’humidité de l’air en cabine. Nous avons l’habitude d’accepter un air sec et vicié, mais le Dreamliner change la donne. En collaboration avec le Charles Perkins Centre, Qantas a déterminé un taux d’humidité optimal et un programme de température cabine pour limiter le jet‑lag. Le résultat : quelques heures après le décollage, je respirais clairement et ressentais une sensation de légèreté grâce à l’air rafraîchi. Cela a-t-il complètement éliminé le jet‑lag ? J’ai quand même veillé trop tard en regardant un film, mais je suis arrivé plus alerte que prévu, et mes compagnons de bord ont remarqué une différence notable le lendemain.
Fenêtres plus grandes et sans stores
Les hublots du Dreamliner sont 65 % plus grands que les fenêtres traditionnelles, ce qui permet même aux sièges du milieu de profiter de la vue. Ils n’ont pas de stores à tirer ; ils s’assombrissent automatiquement à un ton bleu profond d’une simple pression sur un bouton, bloquant la lumière solaire. Un programme d’éclairage d’ambiance a également été installé pour favoriser le sommeil et le réveil à des moments précis, aidant ainsi à synchroniser votre horloge biologique avec le fuseau horaire de destination.
Menu anti‑jet‑lag
Tout comme le programme d’éclairage, le menu bien‑être, élaboré avec le chef australien Neil Perry, a été co‑conçu avec des chercheurs pour s’aligner sur les rythmes circadiens. Le vol Melbourne‑Los Angeles ne proposait pas encore ce menu, mais les plats annoncés sont alléchants : shots de jus probiotiques, kombucha, tisanes relaxantes, bols de poke salade, œufs pochés avec kale et quinoa, et chocolat chaud enrichi en tryptophane pour faciliter l’endormissement. Pour l’instant, le menu n’est disponible que sur les vols Perth‑Londres, mais on espère le voir bientôt sur les liaisons américaines.
En résumé
Est‑ce l’avion du futur ? Espérons‑le. Pour mesurer l’impact du vol sur le bien‑être, Qantas recrute des passagers et membres d’équipage afin qu’ils portent des dispositifs mesurant l’état mental, le système immunitaire et d’autres paramètres pendant le vol. Cela pourrait conduire à des cabines encore plus adaptées, à un service personnalisé et, qui sait, à un jet‑lag considérablement réduit sur les longues distances.
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