Confessions de voyage : je déteste prendre l’avion
Avant de généraliser, clarifions une chose : je n’ai pas peur de l’avion. Je ne crains pas qu’un pilote commette une erreur et s’écrase sur une montagne, ni qu’un navire de la marine coréenne confonde un Boeing avec un avion ennemi et l’abatte par accident.
Non, le fait de voler ne m’effraie pas en soi. Je me sens tout à fait normal même pendant les turbulences les plus violentes jamais enregistrées, et je sais que l’avion reste le moyen de transport le plus sûr aujourd’hui.
Pourtant, chaque fois que je dois embarquer, une angoisse intense me saisit.

Le vol ne semble dangereux que jusqu’à ce que je monte à bord
L’idée d’un vol manqué, d’arriver au mauvais aéroport ou, pire, d’oublier son passeport me terrifie. Un vol manqué signifie perdre une partie importante du budget de voyage.
Lors d’un récent périple en Asie du Sud‑Est, j’ai vécu un cauchemar à la hauteur de mes appréhensions. J’avais réservé trois trajets multi‑destinations : New Delhi → Thaïlande, Thaïlande → Cambodge, puis le retour du Cambodge vers l’Inde. Chaque vol était espacé de quinze jours.
En arrivant à l’aéroport de New Delhi pour le premier vol, je me suis rendu compte d’une erreur de date : j’avais réservé le départ le 20/09/2016 au lieu du 20/08/2016, soit un mois plus tard. Deux options s’offraient à moi : annuler et réserver un nouveau billet sans remboursement, à un prix presque doublé, ou attendre un mois, rater les deux vols suivants et compromettre tout le programme. J’ai alors été submergé par la tristesse, la colère qui se transformait en rage, la confusion et l’impuissance. C’est le problème du transport aérien : on se retrouve souvent sans solution et très vulnérable aux pertes financières. Une simple faute de frappe peut vous ruiner.
Dans une gare, on peut simplement prendre le bus si le train part, mais à l’aéroport, il n’y a pas d’alternative. Manquer son vol oblige à réserver un nouveau billet, parfois à 30 000 Roupies, avec un siège au milieu, près de la porte d’urgence. Oui, je déteste prendre l’avion et je le trouve risqué.
Difficultés supplémentaires à bord
Si, par chance, j’ai réussi à embarquer sans erreur, l’inconfort du vol reste un problème de taille. Pour économiser, on doit s’asseoir en classe économique, serré comme dans un tube de métal pendant des heures, à regarder par un hublot minuscule – si la personne à côté ne bloque pas la vue.
Contrairement aux trains, l’avion offre très peu de liberté de mouvement ; on finit par perdre toute sensation dans les fesses, à moins d’avoir un coussin ultra‑moelleux.
Les bus, bien qu’ils offrent peu d’espace, permettent des arrêts réguliers pour s’étirer et respirer l’air extérieur. Un vol avec escale, en revanche, peut imposer une attente de 4 à 8 heures, souvent à des heures tardives, rendant l’expérience encore plus pénible.
En somme, voler n’est ni agréable, ni rapide, ni relaxant. C’est une contrainte que beaucoup, y compris moi, acceptent faute de meilleure alternative. Après tout, nous avons tous des destinations à atteindre.




