Tout le monde se prend pour Banksy à Bristol
Bristol, entre graffiti et légende urbaine
BRISTOL, Angleterre – Existe-t-il une loi qui interdit de photographier le street‑art ? La question m’est venue lorsque deux policiers m’ont interpellé dans une rue de Bristol et m’ont demandé ce que je prenais en photo.
« Graffiti », ai‑je répondu en montrant la petite figure. « C’est un petit vampire. »
L’œuvre, dessinée à côté d’une entrée secondaire de leur poste de police, était audacieuse. Je n’avais même pas remarqué le bâtiment avant de commencer à photographier. Les agents ne semblaient pas du tout dérangés par ce petit croc‑mignon ; au contraire, ils l’ont admiré avec moi.
« Le graffiti est‑il légal à Bristol maintenant ? » ai‑je demandé.
Ils ont éclaté de rire, ce qui a suffi à répondre à ma question.
« Banksy vient de Bristol. Son vrai nom est Robert », a déclaré l’un d’eux.
Il faisait probablement référence à Robin. La presse britannique identifie souvent le mystérieux Banksy comme étant Robin Gunningham, mais peut‑être cet officier savait quelque chose que les journalistes ignorent.
Je n’étais pas à Bristol pour percer le mystère de Banksy, mais pour découvrir le graffiti et le street‑art. La ville portuaire, peuplée de près de 500 000 habitants, à une heure et demie à l’ouest de Londres, regorge de créations à admirer. Banksy a commencé à Bristol au début des années 1990 et la ville est aujourd’hui reconnue internationalement pour sa scène street‑art.
Je suis arrivé quelques semaines après le festival « See No Evil », organisé en août 2011 et présenté comme l’un des plus grands projets d’art en plein air au monde. Avec l’accord des autorités locales, des artistes du monde entier ont été invités à décorer les façades de dix bâtiments de la Nelson Street en six jours.
Cette rue, autrefois décrite par les habitants comme sombre et morne, vibre désormais d’œuvres qui semblent sortir des murs. Que l’on soit amateur de street‑art ou non, le spectacle est impressionnant. Parmi les artistes présents figuraient la légende bristolaise Inkie (co‑organisateur), le groupe allemand Wow 123, le Français Kashink, le Polonais Swanski, et, en tant que New‑Yorkais, j’ai été particulièrement fier de voir le collectif américain Tats Cru laisser leur empreinte.
Après avoir arpenté Nelson Street une après‑midi, émerveillé par des dizaines de pièces brillantes, je me suis promené au hasard dans Bristol et j’ai découvert le célèbre « sniper et enfant » de Banksy sur Upper Maudlin Street. J’avais prévu de répertorier les emplacements de ses œuvres pour créer mon propre itinéraire (voir « Itinéraire Banksy Bristol »), mais la trouver par hasard a été une vraie surprise.
(Quelques semaines plus tard, des vandales – ou une bande rivale – ont recouvert ce tableau du sniper et de l’enfant de peinture noire. Espérons qu’il pourra être nettoyé et restauré.)
J’ai ensuite aperçu d’autres créations de Banksy, dont une représentation inquiétante du faucheur peinte sur le côté du Thekla, une salle de concert et boîte de nuit sur un bateau. J’ai également vu le fameux pochoir de Park Street représentant un homme regardant par la fenêtre, cherchant la maîtresse de sa femme qui se tient nue à l’extérieur, accrochée à la vitre. Au Bristol Museum and Art Gallery, un ange avec un seau de peinture rose était suspendu au-dessus de sa tête – une statue que Banksy a offerte au musée il y a quelques années.
Un employé du musée, un homme plus âgé, m’a déclaré être Banksy lorsqu’on lui a posé une question sur l’artiste. Ce n’est pas le seul à faire cette affirmation : à Bristol, la grande plaisanterie est que tout le monde se prend pour Banksy.
« Enchanté de vous rencontrer en personne », ai‑je répliqué en souriant. « J’adore votre travail. »
TROUVER LES OUVRAGES
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See No Evil
Nelson Street
Bristol
The Thekla
The Grove
East Mud Dock
Bristol BS1 4RB
+44 117 929 3301
Bristol Museum and Art Gallery
Queen’s Road
Bristol BS8 1RL
+44 117 922 3571




