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Maman et moi : deux pèlerins sur le Camino en Espagne

Que fait-on quand sa mère annonce qu'elle va passer 30 jours à parcourir à pied le nord de l'Espagne ? En tant que publicitaire dans l’art et la mode, Catherine Sohn, je l’emmène d’abord dans un magasin d’outdoor pour lui faire découvrir le polaire, je prépare mon sac à dos et je la rejoins pour le premier tronçon du voyage.

Pourquoi le nord de l’Espagne ?

Partager un moment inoubliable avec ma mère. Depuis des années, elle rêve de marcher le Camino jusqu’à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice. Ce tracé de 800 km, emprunté depuis plus d’un millénaire, peut se faire en 30 jours selon le rythme. Que ce soit pour des raisons religieuses, spirituelles, d’aventure ou de sport, le pèlerinage change la vie de la plupart des marcheurs.

Maman et moi : deux pèlerins sur le Camino en Espagne

Notre itinéraire

Durée du séjour : huit jours : deux à Barcelone, cinq sur le Camino Francés et un jour à Madrid.

Comment y arriver ? Le trajet Barcelona → Saint-Jean-Pied-de-Port dure environ dix heures de train avec correspondances à Hendaye et Bayonne. Beaucoup recommandent de passer par Biarritz.

Conseil avant le départ : ma mère m’a conseillé de lire « Je suis parti alors : mon voyage sur le Camino de Santiago » de l’humoriste allemand Hape Kerkeling. Je l’ai dévoré dans l’avion ; c’est une lecture légère qui donne un bon aperçu du sentier.

Ce que nous avons fait à Barcelone : le marché La Boqueria, le Musée Picasso, le Musée d’Art Contemporain, le Musée d’Histoire de la Ville, la Sagrada Familia de Gaudí et la Casa Batlló.

Maman et moi : deux pèlerins sur le Camino en Espagne

Pour entamer le Camino, nous avons pris le train jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port, petite ville médiévale au pied des Pyrénées françaises. C’est le point de départ traditionnel du Camino Francés. Nous avons reçu notre passeport de pèlerin et notre premier tampon, puis nous sommes installés dans un albergue (auberge réservée aux pèlerins). Les deux premiers jours, nous avons traversé les Pyrénées : le terrain était raide, nos pieds endoloris, mais le paysage était magique.

Nous avons parcouru forêts, champs et villages médiévaux avant d’atteindre Pampelune en quelques jours. Là, nous avons dégusté un café con leche et des sandwichs aux anchois au Café Iruña, sur la Plaza del Castillo – lieu favori d’Hemingway pendant les fêtes de San Fermín. Le lendemain, je suis montée à bord d’un train pour Madrid, où j’ai passé ma dernière journée au Musée du Prado avant de reprendre l’avion pour New‑York.

Maman et moi : deux pèlerins sur le Camino en Espagne

Rencontres et moments forts

Le meilleur : sur le chemin, nous avons noué des amitiés avec des pèlerins de tous âges et horizons : Brésil, Croatie, France, Irlande, Pays‑Bas, Allemagne, Kansas, Finlande, Japon, Corée, Slovaquie, Australie… On discute autour d’un dîner, on ne s’attend pas à revoir la personne, puis quelques jours plus tard elle réapparaît sur le sentier comme un ami retrouvé.

Ce qui était moins agréable : les albergues sont économiques (environ 10 € la nuit) et favorisent les rencontres, mais on dort sur des couchettes grinçantes entourées d’inconnus. Le ronflement peut rendre le sommeil impossible. Après trois journées de 24 km, nous avons opté pour une chambre privée dans une pension : un vrai confort bien mérité.

Maman et moi : deux pèlerins sur le Camino en Espagne

Conseils pratiques

1. Bien emballé : seulement deux changements de vêtements. C’est libérateur de ne pas se soucier de la tenue chaque jour. Laver les vêtements dans un évier et les étendre au soleil fait partie du charme du voyage.

2. Ce qui n’est pas indispensable : plus d’un livre. Les pèlerins laissent leurs lectures et objets superflus dans les albergues; vous pouvez toujours en récupérer un. Chaque gramme compte dans le sac.

3. Souvenirs rapportés : miel et fromage locaux, dentifrice espagnol, savon traditionnel, une bobine de ficelle rugueuse pour nettoyer les sols, et des gravures de Velázquez, Zurbarán et Caravage empruntées au Prado.

Maman et moi : deux pèlerins sur le Camino en Espagne

Coups de cœur rapides

Quartier à explorer : le Barri Gòtic à Barcelone, le plus ancien quartier médiéval de la ville, idéal pour se perdre dans ses ruelles et son architecture.

Site marquant : les cathédrales gothiques, comme la Cathédrale de Santa Maria à Pampelune, offrent une dimension spirituelle même à un Américain peu religieux, enrichissant le voyage d’une leçon historique et culturelle.

Escale gourmande : rien ne vaut une pause sur une petite colline des Pyrénées, à déguster des pommes et des sandwichs au grand air, entourée de chevaux sauvages et de brebis.

Maman et moi : deux pèlerins sur le Camino en Espagne

Spécialités locales

Dans le Pays Basque, nous avons savouré du bacalao, du poulpe, des ragoûts de haricots blancs, du fromage de brebis, des asperges blanches et les pimientos de piquillo. Le déjeuner sur le Camino était souvent un bocadillo de jamón y queso ou une tortilla de pommes de terre. Le meilleur paella de ma vie, je l’ai dégustée chez Senyor Parellada à Barcelone.

Temps suffisant ? Pas du tout ; l’Espagne mérite d’être explorée longtemps. Le Camino est une façon exceptionnelle de découvrir les zones rurales et de rencontrer les habitants.

Ce que je n’ai pas pu voir : le Parc Güell et la Fondation Joan Miró à Barcelone.

Conseils à un ami : apprendre quelques mots d’espagnol (mon français du lycée a été utile), voyager léger et s’équiper de très bonnes chaussures de randonnée.

Maman et moi : deux pèlerins sur le Camino en Espagne

Surprises : la solidarité instantanée entre pèlerins et la générosité des locaux qui n’hésitent pas à aider les peregrinos.

Moment Kodak : le lever du soleil sur les Pyrénées, suivi de la bénédiction des pèlerins à la cathédrale de Roncesvalles.

Retour ? Sans hésiter ! Ce voyage a parfaitement équilibré ville et campagne. Barcelone est désormais l’une de mes villes préférées. J’ai seulement goûté le Camino en cinq jours ; le compléter l’an prochain figure sur ma liste de choses à faire.

Pour votre table de chevet

Along the Way : The Journey of a Father and Son, de Martin Sheen, Emilio Estevez et Hope Edelman

The Camino : A Journey of the Spirit, de Shirley MacLaine

I’m Off Then : Losing and Finding Myself on the Camino de Santiago, de Hape Kerkeling

À acheter

Lorsque vous atteignez le kilomètre 30 et que vous avez besoin d’un aspirine, vous serez reconnaissant d’avoir fait le plein de fournitures dans le magasin de premiers secours de Fathom.


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