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À 25 ans, en Suisse, la vie est toujours aussi belle

Des panoramas alpins aux repas dignes d’Instagram, la Suisse est vraiment à la hauteur des attentes. Lors de son premier séjour, la rédactrice, aspirante cheffe, ancienne stagiaire chez Fathom et quarter‑centenaire, Tess Falotico, découvre quelques-uns de ses charmes les plus raffinés.

Bienvenue en Suisse : Neuchâtel

Mes compagnons de voyage et moi sommes installés sur une terrasse surplombant le lac de Neuchâtel à 11 h, verre de champagne à la main. C’est mon 25ᵉ anniversaire et, comme le dit un cliché d’Instagram, je vis ma meilleure vie. Nous logeons à l’Hotel Palafitte, construit à l’origine pour une exposition nationale et, quinze ans plus tard, toujours le seul hôtel flottant d’Europe.

C’est ma première visite en Suisse et toutes mes idées préconçues se confirment : air pur alpin, vues infinies sur lacs et montagnes, collines verdoyantes… tout est là.

À midi, le brunch est servi : un somptueux buffet de poissons fumés et séchés, fruits sucrés, fromages frais et pain aux noisettes et raisins maison – le tout ultra‑local. Le restaurant, au design mi‑siècle, est magnifique, mais nous prenons place sur la terrasse, car qui résiste à ce panorama ? Je dévore mon assiette, puis me resers. Tomates cerises, fromage, champagne… si c’est la Suisse, je veux tout.

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Après un vol red‑eye depuis New York (classe affaires ultra‑confort de Swiss Air) et un brunch copieux, je suis prête à faire une sieste. Ma chambre est un pod minimaliste posé sur pilotis au-dessus du lac : tons neutres, nuances de bleu, murs légèrement arrondis et mobilier douillet. Une bouteille de rosé suisse attend au frais. Après la douche, je revêts un peignoir moelleux et m’abandonne à des draps nuageux jusqu’à l’apéritif.

Nous portons un toast avec un chasselas léger, cépage autochtone, au bar de l’hôtel, puis passons à un pinot gris herbacé au restaurant. Le dîner est parfait : filet de poisson du lac nappé d’une sauce tomate, filet de bœuf rosé aux chanterelles, et enfin le « chariot des desserts » chargé de douceurs. Ma panna cotta est accompagnée de fraises, d’un « Joyeux Anniversaire » en chocolat et d’un petit feu d’artifice.

Le lendemain, je me réveille, relève les stores occultants pour admirer le lever du soleil depuis le lit, puis je lis le New Yorker en savourant café, muesli aux confitures maison et encore du pain aux noisettes. Direction Lausanne.

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Luxe à Lausanne

Un trajet pittoresque de 45 minutes en train nous mène à Lausanne : collines ondulantes, villes lacustres, montagnes au loin.

Nous arrivons au légendaire Beau‑Rivage Palace, hôtel préféré de Coco Chanel, Victor Hugo et Charlie Chaplin, et où John Kerry a rencontré des chefs d’État pour le nucléaire iranien. C’est ici que je passe les premiers jours de mes 25 ans, dans une junior‑suite digne d’une reine : lit king‑size, linge somptueux, bain en marbre comparable à mon appartement, tapis de soie, cheminée et balcon avec vue sur le lac Léman et les Alpes.

L’hôtel, inauguré en 1861 puis agrandi en 1908 avec une rotonde de verre, allie architecture palatiale et technologies discrètes : porte originale qui s’ouvre automatiquement, rideaux motorisés, serrure numérique contrôlée par une clé en laiton.

Après m’être changée en peignoir et pantoufles, je me rends à mon rendez‑vous spa (Le Spa Cinq Mondes). Le massage, parfumé d’une huile envoûtante, me donne envie d’acheter le produit. Malgré l’envie de rester au lit, je pars explorer Lausanne.

De la station Ouchy, quelques stations de métro nous mènent au centre. Nous marchons jusqu’à la cathédrale de Lausanne, offrant le panorama idéal sur la ville, le lac et les Alpes. Ensuite, nous redescendons vers le lac, où nous faisons du shopping et prenons un café.

Chez Soda, boutique de seconde main remplie d’articles ramenés du Japon, je déniche un sac tote British Airways kitsch et deux blouses à motifs. Dans une autre friperie, Chabada, je repars avec un sac à main en cuir noir Bally à 100 €, parfait pour le dîner de ce soir au restaurant Miyako. J’y trouve du champagne à flot, des tempuras croustillants, du sushi frais et du bœuf Kobe – exactement ce que je veux à 25 ans !

Le lendemain, nous visitons le Domaine du Daley, où le vigneron Cyril Séverin travaille à faire reconnaître les vins suisses, trop souvent sous‑estimés. Nous dégustons chasselas et pinot noir tout en admirant les vignobles en terrasse qui descendent vers le Léman et les Alpes, un site classé au patrimoine mondial UNESCO.

Un peu éméché, nous déjeunons au Café de la Poste à Cully, où les spécialités franco‑suisses sont préparées avec des ingrédients hyper‑locaux. Le poisson du jour, pêché, poché au beurre et servi avec des cocottes de pommes de terre, est délicieux, tout comme le pâté feuilleté aux chanterelles baigné dans une sauce crémeuse aux champignons.

À 25 ans, en Suisse, la vie est toujours aussi belle

Sous une pluie battante, je me sens nostalgique de ma suite au Beau‑Rivage. En peignoir, près du feu, je lis mon New Yorker. Nous dînons ensuite au restaurant deux‑étoiles Michelin d’Anne‑Sophie Pic, où la chef revisite les classiques suisses avec la gastronomie moléculaire. La « fondue » se transforme en ravioli explosif, accompagné d’un bouillon vert‑tomate et verveine. Chaque assiette est une œuvre d’art, plus savoureuse qu’elle n’est belle.

Le fromage arrive sur un chariot, offrant une sélection locale et internationale, du frais au vieilli, du doux au puissant. Après quatre heures de dégustation, je ne peux pas encore dormir. Enivrée de vanille de Madagascar, de bouillon de café aux écrevisses et de gelée de rose sur mille‑feuille, je savoure un cocktail sur la terrasse du lounge de l’hôtel, le vent du Léman caressant mon visage.

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Allemand à Zurich

À mi‑trajet du train de deux heures entre Lausanne et Zurich, les annonces du conducteur passent du français à l’allemand. Nous arrivons dans la Suisse alémanique, où la ponctualité est une vertu – et où nous, manifestement, avons un léger retard.

Zurich brise mes idées reçues : loin d’être une ville froide et industrielle de banquiers, c’est une cité féerique au bord du Limmat, pleine d’architecture de conte de fées et d’habitants chaleureux. Même sous un ciel gris, la ville est d’une beauté saisissante, d’une propreté exemplaire – tant sur le plan matériel (pas un déchet) que sur le plan environnemental (lois fortes contre le changement climatique).

Depuis ma suite au Baur au Lac, je profite d’une vue sur les boutiques de luxe et le lac Zurich, tout en sirotant un chocolat chaud maison de l’hôtel.

Déjeuner typiquement germanique chez Zeughauskeller : saucisses, pommes de terre et bière. Un peu touristique, mais délicieux. Nous continuons vers la vieille ville, passons le Cabaret Voltaire, berceau du dadaïsme, et prenons un café et des pâtisseries chez Conditorei Péclard, une pâtisserie de 150 ans au décor Instagrammable. De l’autre côté, chez H. Schwarzenbach, j’achète du café torréfié sur place et des biscuits joliment emballés.

Il pleut, mais nous retournons au Baur au Lac avant de nous rendre au Pavillon pour un menu dégustation deux‑étoiles Michelin. Le repas, plus détendu qu’à Anne‑Sophie Pic, met en valeur légumes locaux, viandes de premier choix et fruits de mer, simplement préparés, parfaitement cuits et associés à des vins suisses.

C’est tout ce que j’aime dans ce pays : simplicité, excellence et beauté réunies dans chaque plat.


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Il y a plus à Zurich que la fondue, et cela ne nous dérange pas.

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