Observation des oiseaux en Grèce : rencontres passionnées au lac Kerkini

Ce lac artificiel s’est transformé en l’un des marais les plus importants d’Europe et constitue une destination prisée des ornithologues et des amoureux de la nature.
Une immersion au lever du jour
Nous nous levons avant l’aube, enfilons nos sous‑vêtements thermiques et attendons immobiles, bercés par la brise glaciale qui descend les pentes du mont Belles, à bord d’une petite barque au cœur du lac Kerkini. Au fur et à mesure que le soleil perce l’horizon, le ciel s’illumine de teintes que les citadins ont oubliées. C’est alors que nous distinguons les ombres d’oiseaux qui glissent au-dessus de l’eau.
Un vol de pélicans se pose doucement sur la surface miroitante, si près que l’on peut voir leurs plumages ébouriffés et leurs becs rouge vif. C’est notre première leçon d’observation aviaire !
Un site d’exception
Kerkini, intégré au réseau Natura 2000, offre des spectacles dignes d’un documentaire de David Attenborough, même aux visiteurs sans expérience préalable. Munis d’une paire de jumelles, d’un smartphone et guidés par un photographe expérimenté, nous découvrons un véritable cabinet de curiosités.
Ce lac d’eau douce, créé artificiellement, attire plus de 320 espèces d’oiseaux – sur les 450 recensées en Grèce – et accueille chaque année près de 80 000 visiteurs. On y rencontre des flamants roses qui se pavanent sur les eaux, des nuées de canards qui s’envolent en un bruit semblable à un seau rempli de perles de verre, ou encore les rares oies blanches‑frontales, l’une des espèces les plus menacées d’Europe.
Comment vivre l’expérience
Le matin, nous embarquons à bord d’une plava, petite embarcation à fond plat, depuis le port de Mandraki pour observer les oiseaux « pêcher ». L’après‑midi, nous rentrons en jeep, nous installons dans les roseaux et, qui sait, nous pourrions apercevoir une loutre, des buffles d’eau ou même un ragondin (coypu) paisiblement en train de grignoter les roseaux.
L’art de devenir invisiblePour approcher les oiseaux, il faut faire preuve de respect et éviter de laisser l’odeur de la civilisation – savon, parfum – qui les ferait fuir. De nombreux observateurs se cachent dans des cachettes sur les rives dès la tombée de la nuit afin que, à l’aube, les oiseaux ne les remarquent pas.
Christos Vlachos, l’un des meilleurs photographes animaliers de Grèce, explique : « Au début, on prend des photos comme des preuves : on veut simplement obtenir le cliché et être proche. Avec l’expérience, on recule pour laisser l’oiseau évoluer librement. Il faut connaître la distance à laquelle on se trouve, ne pas le presser, et ainsi obtenir les images les plus belles. Le plus grand plaisir, c’est quand l’animal continue son comportement comme s’il ne nous voyait pas. »




