Retraite silencieuse à Bali : calme, introspection et bien‑être
De l’autre côté du monde, la journaliste australienne Jenny Hewett s’est renseignée sur les retraites bien‑être à Bali où le silence est de mise. Lorsqu’elle a posé ses valises au Kumara Sakti d’Ubud, elle l’a fait en toute quiétude.
Une journée sans parole
Il est six heures du matin. Mon réveil n’est pas le bruit d’un téléphone, mais le doux gong d’une cloche en bronze qui résonne devant la porte de mon bungalow. C’est l’appel quotidien du OneWorld Retreats Kumara Sakti. Dehors, le ciel pâle laisse place à la lueur naissante du soleil. Le jour débute comme les autres dans ce havre de paix niché au bord d’un ruisseau verdoyant, mais aujourd’hui, je ne prononcerai aucun mot, n’établirai aucun contact visuel et ne partagerai pas les repas avec les autres participants. Aucun livre, aucune musique : c’est la « journée du silence », le point d’ancrage d’un séjour de six jours.

Kumara Sakti. Photo courtesy of OneWorld Retreats.
Un cadre empreint de spiritualité
Le complexe se compose de piliers de pierre, d’arches dissimulées, de sentiers sinueux et de bassins à poissons. Une quiétude presque palpable émane du sol. Les escaliers mènent des bungalows à la réception extérieure, puis à la salle à manger sur une terrasse. Une piscine et un deck invitent à la détente lorsque le soleil brille. J’atteins le shala ouvert, une salle de yoga surplombant la jungle, en baissant les yeux pour éviter tout contact visuel.
Le silence comme pratique profonde
Dans un monde où la technologie remplace souvent le dialogue, l’idée de passer 24 heures sans nos repères numériques peut être angoissante, même pour un introverti. Inspirés par le Nyepi, jour de silence balinais, les locaux et les touristes profitent de cette pause pour la réflexion intérieure, en s’abstenant de parler, de travailler, de voyager ou de se divertir. L’aéroport ferme, les bateaux se taisent… Claude Chouinard, co‑fondateur du resort, affirme que cette expérience peut changer la vie.
« Il est essentiel de se tourner vers l’intérieur lors d’une retraite. Une journée entière dédiée à l’introspection n’a de sens que pour soi, explique-t‑il. Après trois séjours de Vipassana, une méditation indienne où l’on reste muet jusqu’à dix jours, Claude estime que le jour de silence donne aux participants un aperçu de cette pratique puissante. »

Vue sur les rizières d’Ubud depuis l’hôtel. Photo de Jenny Hewett.
Programme et activités
Chaque matin, nous commençons par un verre d’eau chaude citronnée, assis sur nos tapis Manduka, face à la verdure lointaine. Iyan, notre instructeur de yoga javanais, possède treize ans d’expérience ; son approche est douce et chaleureuse. Le programme, ouvert aux débutants, comprend méditation quotidienne, yoga deux fois par jour, repas équilibrés et activités variées : cérémonie de purification de l’eau, balade à vélo, soins spa, promenade dans les rizières et déjeuner dans un café bio. Et bien sûr, du temps pour la piscine.
Le shala résonne uniquement de la voix d’Iyan qui guide une méditation de vingt minutes avant les salutations au soleil. Le style pratiqué est l’Ashtanga, moins intense que celui que je connais chez moi, mais suffisamment stimulant pour renforcer rapidement mon corps. Wayan, l’assistant d’Iyan, ajuste les postures.
Vivre le silence
Le silence crée une atmosphère presque mélancolique. L’australienne habituellement loquace se sent soudain maladroite, tandis que la Norvégienne, les yeux fermés, médite profondément. Je me situe quelque part entre les deux, échangeant un sourire avec la voisine de tapis, puis retirant mon regard lorsqu’il n’est pas réciproque.

Petit‑déjeuner sur la terrasse. Photo de Jenny Hewett.
Après la séance, je remonte à mon bungalow où une table pour une personne m’attend sur la terrasse panoramique. Je savoure des fruits frais, le chant des oiseaux et le bruissement de ma mastication. L’anxiété monte : que faire après le repas ? Le silence peut sembler un défi, surtout quand on a l’habitude de combler les moments libres par la lecture ou le bavardage. Claude explique que le véritable défi consiste à se regarder soi‑même, à observer ce qui se passe à l’intérieur.
Chaque participant reçoit une boîte en bois contenant du papier vierge, un crayon, un chevalet et des aquarelles. Nous écrivons ce que nous souhaitons lâcher, afin de les brûler lors d’une cérémonie de libération à la fin du séjour.

Matériel d’art et écriture dans les rizières. Photos de Jenny Hewett.
À 14 h, je me prépare pour un massage à la tête. Une thérapeute, silencieuse comme le reste du personnel, m’accompagne vers le bain à ciel ouvert, rempli de pétales de rose et donnant sur les rizières. Le traitement ayurvédique, suivi d’une séance de yoga restauratif, constitue le point d’orgue de mon séjour.
Le dîner, éclairé à la bougie, se déroule sur ma terrasse : crevettes tigrées cuites à la vapeur de coco dans des feuilles de pandan. Un sentiment de calme profond m’envahit, confirmant que le silence est véritablement d’or.
Planifier votre voyage
Vol : Ubud se trouve à environ une heure et demie de route de l’aéroport international Ngurah Rai (DPS), desservi par Air Asia, Singapore Airlines et d’autres compagnies asiatiques.
Réserver la retraite : Les inscriptions se font en ligne. Le programme « Escape the World » inclut les transferts aéroport‑retour et une liste de bagages détaillée.
Lectures recommandées
A House in Bali, Colin McPhee
The Art of Living: Vipassana Meditation, William Hart
Eat, Pray, Love, Elizabeth Gilbert
En savoir plus
Détoxifiez votre esprit, votre corps et votre âme dans la jungle balinaise.
Aventures à Ubud.




