Balade dans les bois au-dessus des Adirondacks, New York
Une escapade dans les Adirondacks
Daniel Schwartz de Fathom a quitté New York pour Lake Placid afin de tester le musée en plein air suspendu au-dessus des forêts des Adirondacks. Il retombe amoureux du grand air.
NEW YORK – J’ai profité de presque toutes les occasions pour fuir la ville : les plages de Long Island, les villages de la vallée du Hudson, les sentiers des Catskills. Mais je n’avais jamais mis les pieds sur les 6 millions d’acres des Adirondacks, le plus grand parc naturel des États‑Unis continentaux, jusqu’à un week‑end récent à Lake Placid. Pourquoi parcourir cinq heures de route pour les montagnes alors qu’elles ne sont qu’à deux heures de la ville ?
Petite anecdote pour ceux qui confondent le Nord de l’État avec le Westchester : Lake Placid est la plus grande ville de la région des « Tri‑Lakes », un parc public de la taille du Vermont, où la coexistence durable est expérimentée. Les deux autres villes du trio sont la pittoresque Saranac Lake et la montante Tupper Lake.
Lake Placid a accueilli les Jeux Olympiques d’hiver de 1932 et 1980. C’est un lieu sacré pour les fans de sport, notamment de hockey, qui revivent le « Miracle on Ice ». La petite ville abrite l’un des deux centres d’entraînement olympiques du pays et attire toujours des athlètes en quête d’or.
De mon côté, j’ai été invité au village olympique de New York (avec d’autres journalistes) pour une expérience qui ne nécessite ni sprint ni jeûne : une promenade dans les bois au Wild Walk, un musée suspendu au-dessus des forêts de Tupper Lake. Ouvert en juillet 2015 comme extension du Wild Center, il est souvent comparé à la High Line, mais il a bien plus à offrir.

Le nid d’aigle.

La toile d’araignée.

Le tronc mort.
Charles Reay, qui a contribué à la construction du National Air and Space Museum à Washington et du pavillon IBM à l’Exposition universelle de 1964 à Queens, a conçu le Wild Walk comme une prolongation du forêt : une série d’installations interactives reliées par des passerelles et soutenues par des tours en forme d’arbres, invitant les visiteurs à voir la nature du point de vue d’un animal.
Parmi les attractions principales, un somptueux nid d’aigle perché à quatre étages, offrant une vue imprenable sur les quatre plus hauts sommets des Adirondacks. Une toile d’araignée grandeur nature, avec un modèle de veuve noire suspendu au-dessus, attire les amateurs d’Instagram. Enfin, le « Snag », une reconstitution en béton d’un pin blanc mort, représente le plus grand gratte‑ciel de la forêt : une écorce creusée sur trois étages qui montre comment les créatures réutilisent les espaces organiques.
Le Wild Center, à quelques pas au sol, propose des expositions interactives, des spectacles vivants et des animaux en liberté qui circulent entre leurs habitats et l’étang voisin. J’ai pu observer tortues, loutres, chouettes timides et même un chef goûtant des insectes devant un public mi‑sceptique.
Après le musée, nous nous sommes dirigés vers Raquette River Outfitters, une cabane colorée au bord du lac Simon, où nous avons pagayé sur les eaux calmes avant de rejoindre la rivière Raquette. En barques rouges, nous avons côtoyé des bateaux à moteur, des couples en kayak avec leurs chiens et des maisons au bord du lac équipées de tout le matériel nautique imaginable, y compris des hydravions.
Le soleil de l’après‑midi frappait nos nuques nues, les moustiques dansaient à nos pieds, et après un tour modeste nous nous sommes arrêtés pour une baignade et un bain de soleil (en sous‑vêtements, bien sûr). Le chien de la compagnie n’a pas tardé à se joindre à nous.

Dégustation de vol de Raquette River Brewing. Photo : Daniel Schwartz.

Suite junior au Whiteface Lodge. Photo : Whiteface Lodge.
Le week‑end s’est conclu autour d’une bonne bière du Raquette River Brewing, de ailes épicées d’Arthur’s BBQ, d’un dîner complet au Liquids and Solids, puis de discussions sportives au Wiseguys. Le contraste entre la frénésie urbaine et les plaisirs lents d’un malt local et d’une conversation passionnée sur la pêche à la mouche valait largement les cinq heures de route.
J’ai compris, avant même de repartir, que les Adirondacks m’avaient manqué. Les souvenirs du fleuve, le sentiment d’être connecté à la nature au cœur du néant, justifiaient chaque kilomètre parcouru.
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Comment s’y rendre
Depuis New York, prenez l’Amtrak jusqu’à la gare de Westport et un navette jusqu’au centre‑ville de Lake Placid, ou le service Adirondack Trailways depuis le Port Authority. La voiture reste le moyen le plus pratique.
Quand y aller
L’automne est très prisé, mais l’été reste idéal pour la randonnée, le camping, le VTT, le canoë et la pêche. En hiver, les sports de neige attirent des foules, mais les températures peuvent être extrêmes. Le printemps est plus calme, la plupart des commerces fermant pour les vacances.
Où dormir
J’ai séjourné au Whiteface Lodge, un resort de 94 suites rappelant des cabanes luxueuses, avec spa, bar à cigares, bassin de pêche, piscines intérieure et extérieure, bain à remous, cinéma et feu de camp pour des s’mores. Le restaurant mêle bois et taxidermie, et le bar propose une carte de cocktails exceptionnelle.
Pour les campeurs, de nombreux terrains de camping se trouvent autour de Lake Placid, Saranac Lake ou Tupper Lake. Les locations Airbnb offrent également des options abordables et confortables.
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