Le Pacifique Sud en trois actes : décortication, filets de perroquets, choc d’opossum
Quand on se trouve dans le Pacifique Sud, il faut faire comme les cocotiers : se balancer au rythme du vent. La romancière et poète Terese Svoboda capture trois petits moments de son dernier voyage.
Acte 1 : Les îles Cook, danse et décorticage de noix de coco
COOK ISLANDS, Pacifique Sud – Après des nuits successives de spectacles de danse digne d’un grand théâtre lors du festival Te Maeva Nui, mon mari et moi avons voulu découvrir les coulisses. Nous nous sommes rendus dans l’un des dortoirs où les danseurs, vêtus de plumes et de jupes en raphia, prenaient leurs pauses entre deux numéros.
Chaque dortoir, organisé par île, accueillait au moins vingt danseurs et leurs nombreux accompagnateurs, dont un bambin de deux ans de Pukapuka que nous avons surpris en pleine oscillation. Le groupe s’assoit en tailleur, écoute une critique en pukapukien, tandis que des femmes plus âgées lavent le linge dans de grands bassins ou égrènent les copeaux de coco à l’aide d’une râpe manipulée par un footballeur en sueur. Sur une corde à linge, derrière les baraquements, pendaient des pareus à imprimé hibiscus et des t‑shirts arborant des équipes sportives ou des compagnies aériennes. Les hommes qui ne dansaient pas s’étaient rassemblés dans la cour pour décortiquer les noix de coco, trois à la minute.
Nous n’avions pas prévu d’apprendre une chorégraphie complexe, mais nous avons découvert l’art du décorticage. Le geste latéral, et non longitudinal, était la clé de l’efficacité des hommes, tout comme le point d’acier du pieu qui enfonçait le sol. Mon mari et moi avons essayé ; la coque résistait, mais nous avons fini par jeter les noix dépouillées dans le grand tas derrière nous. Nous avions ainsi apporté notre petite contribution à la danse.

Acte 2 : Rarotonga, filets de perroquets et poisson grillé
En parcourant la route secondaire de Rarotonga à vélo, mon mari a passé un panneau et nous sommes revenus en arrière. Filets de perroquets pourrait évoquer les oiseaux bruyants ; je le dis à mon mari, en pensant aux cacophonies du Telegraph Hill à San Francisco. Nous imaginions leur capture – à l’aide d’un filet, attirés par une carotte ou une banane ? – et les jurons qui fusent quand ils comprennent la trahison, les plumes qui volent partout.
Nous venions tout juste de quitter Atiu, une autre île des Cook où le mot « atiu » signifie « oiseau ». Deux compagnies aériennes internationales et trois Premiers ministres y ont coordonné le ré‑habitat d’un rare loriot, semblable à un perroquet. Un auto‑proclamé « Birdman » guide désormais les écotours d’Atiu, expliquant le cycle de vie de cet oiseau et conduisant les visiteurs dans des grottes où l’on peut entendre une autre espèce rare passer du pépiement au sonar en plongeant dans l’obscurité.
Un motocycliste pousse un petit chariot rempli de filets de perroquets le long d’une allée. Nous le suivons, demandant ce que sont ces filets. Il ouvre un grand congélateur dans son garage : des blocs de poisson congelé de deux livres, blancs et désossés, loin des bancs bleu‑rose que nous avions aperçus dans le lagon de Muri l’après‑midi.
Nous parcourons à vélo les trois derniers kilomètres jusqu’à notre gîte avant que la chaleur de l’île ne fasse fondre le poisson. Sauce soja, gingembre, grillade chaude : nous laissons les oiseaux se plaindre dans les manguiers au-dessus de nous. Le poisson est encore abondant.

Acte 3 : Nouvelle‑Zélande, choc d’opossum et bouteilles d’eau chaude
En hiver, la Nouvelle‑Zélande impose des bouteilles d’eau chaude sous le drap. Pas de neige qui s’accumule dans les rues, mais c’est un pays insulaire qui n’oublie jamais ses origines. L’humidité pénètre les os si l’on ne se promène pas dans ses paysages verts ou ne s’assied pas près d’un feu avec une tasse de thé ou un verre de vin.
À notre arrivée à Hokitika, sur l’île du Sud, avec les Alpes enneigées en toile de fond, nos hôtes du Bed & Breakfast Teichelmann, Brian Ward et Frances Flanagan, me remettent non pas une, mais deux bouteilles d’eau chaude. La plus grande est épaisse, rectangulaire, recouverte d’une fourrure sombre et épaisse – le mari en caoutchouc, si l’on veut.
« Fourrure d’opossum de bushtail », explique Frances. Introduits il y a 150 ans, ces marsupiaux sont devenus des nuisibles, sans prédateurs natifs, détruisant arbres et faune locale, tout comme les lapins en Australie. Plus tard, je visite « Possum People », un magasin du centre-ville qui vend non seulement des housses de bouteilles d’eau chaude en fourrure d’opossum, mais aussi des manteaux, des chaussures et des pulls faits de cette fourrure mélangée à de la laine mérinos.
Cette nuit, la fourrure de la bouteille ressemble à du vison. Je la caresse, puis la glisse entre les draps. Elle réchauffe le lit toute la nuit, bien plus que mon véritable mari qui, à l’aube, a déjà conquis les deux côtés du lit.
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Photo (de gauche) : Rarotonga, photo de virginia.mcmillan / Flickr ; coucher de soleil à Hokitika, photo courtesy of Teichelmann's B&B.




