Interview d'un photographe de voyage – Uncornered Market à l'honneur
Dans le cadre de notre première série d’interviews de photographes de voyage, nous rencontrons Audrey Scott et Daniel Noll d’Uncornered Market. Admirateurs de longue date de leurs images, notamment leurs portraits saisissants, nous avons eu le privilège d’explorer leur parcours et leur vision.
Qu’est‑ce qui vous a donné envie de devenir photographe ?
Audrey : La photographie m’attirait déjà au lycée où je suivais des cours, mais je n’y revenais plus après. En travaillant à Prague dans un métier très analytique, j’ai redécouvert la photo comme exutoire créatif. Dan a suivi un chemin similaire.
Aujourd’hui, nous utilisons la photo pour raconter les histoires de peuples et de lieux, afin d’humaniser les pays méconnus. Notre style sert directement cet objectif.

Avez‑vous suivi une formation officielle ?
Nous avons pris des cours de laboratoire au lycée et des cours de photographie artistique à Prague. Dan a suivi un cours d’initiation à San Francisco il y a plus de dix ans, puis un autre à Prague.
Ces bases techniques sont solides, mais notre plus grande progression vient du terrain : gagner la confiance des sujets, ce qui est essentiel pour obtenir des images qui se démarquent.
Quel matériel utilisez‑vous en voyage ? Quel sac à dos préférez‑vous ?
Nous photographions avec un Nikon D300, généralement équipé d’un objectif 18‑200 mm, ainsi que des focales 50 mm et fisheye selon les besoins.
Le sac préféré d’Audrey est le Crumpler Puppet, qui fait également office de sac pour ordinateur portable. Son design coloré protège discrètement plusieurs milliers d’euros d’équipement.

Selon vous, qu’est‑ce qui fait une bonne photo de voyage ?
Une image qui raconte une histoire sur le lieu ou les personnes, et qui suscite la curiosité du spectateur.
Quels ont été vos trois meilleurs lieux à photographier et pourquoi ?
Birmanie
L’esprit et la gentillesse des habitants transparaissent dans chaque cliché. Ils sont ouverts et très photogéniques.
Inde
Des couleurs éclatantes, le chaos, les temples, la cuisine et des sujets débordant d’énergie font de ce pays une source d’inspiration inépuisable.
Kirghizistan
Des populations chaleureuses, les yourtes, les marchés d’animaux, les voitures soviétiques et les montagnes qui couvrent plus de 90 % du territoire.
Mention honorable : Guatemala
Une culture indigène riche et une grande ouverture à la photographie, avec des marchés hebdomadaires vibrants.
Qu’est‑ce qui vous passionne le plus dans le métier de photographe de voyage ?
Utiliser les images pour éveiller l’intérêt envers les cultures du monde, les gens, la gastronomie, les défis et la beauté, incitant ainsi les spectateurs à en apprendre davantage et à s’engager.
Vous avez de nombreux portraits remarquables sur votre site. Les barrières linguistiques entravent‑elles votre travail ?
Même sans parler la même langue (par exemple en Chine), le respect non verbal et les gestes transmettent nos intentions. Nous demandons la permission en montrant le geste de l’appareil, ce qui fonctionne généralement.
Les expressions locales créent du lien. Sur les marchés d’Amérique centrale, je commence souvent par parler des fruits avant d’aborder la demande de photo.
Croyez‑vous vraiment à l’adage « Une image vaut mille mots » ?
Rarement, mais certaines photos capturent des moments, des luttes, des victoires ou des phénomènes que les mots ne sauraient décrire.

Quels conseils donneriez‑vous à quelqu’un qui veut se lancer dans la photographie de voyage ?
Maîtrisez votre appareil et la composition, mais placez toujours le respect et l’engagement envers les personnes au premier plan. Photographiez davantage pour affiner votre style.
Identifiez tôt votre passion ; ce domaine très concurrentiel exige une focalisation claire, surtout lors des moments difficiles.
Merci à Audrey et Dan pour ces précieux conseils. Au plaisir de vous croiser sur les routes du monde !




