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Patola et Tangaliya : deux objets d'artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquer

Lors de mon voyage d'un mois à travers le Kutch et le Saurashtra l'an dernier, je suis tombé sous le charme des artisanats indigènes du Gujarat, notamment le Patola et le Tangaliya. Des sites comme le fort de Lakhpat aux villages tels que Nirona, le Gujarat offre une richesse culturelle et naturelle inégalée.

Artisanats indigènes du Gujarat – Patola et Tangaliya

Dans le cadre d'un blog‑trip organisé par Gujarat Tourism, nous avons découvert de nouveaux lieux à visiter autour d’Ahmedabad, en plus de ceux déjà couverts auparavant.

Temples séculaires, formes d’art locales et merveilles architecturales ponctuaient notre itinéraire. Si tous ces sites sont magnifiques, les deux points forts qui m’ont le plus séduit – et que je recommande à tout visiteur du Gujarat – sont les métiers du tissage Patola et du Tangaliya.

Le tissage du sari Patola à Patan

Si l’art ancien vous fascine, le Patola de Patan ne vous décevra pas. La légende raconte qu’au XIIᵉ siècle, le roi Kumarpal de la dynastie Solanki aurait invité 700 familles de tisserands Patola originaires de Jalna (Maharashtra du Sud) à s’établir à Patan, au nord du Gujarat.

Neuf siècles plus tard, il ne reste aujourd’hui qu’une seule famille à perpétuer cet art. Rohit Bhai Savli et Bharat Bhai Savli, représentants de plus de 35 générations de tisserands, nous ont accueillis lors de notre visite.

Patola et Tangaliya : deux objets d artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquer

Patola et Tangaliya : deux objets d artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquer

Patan elle‑même est une ville d’exploration. En franchissant les anciennes portes, on découvre les ruines du fort historique. Fondée en 745 ap. J‑C par les souverains Chavda, la cité fut capitale provinciale avant d’être détruite au XIIIᵉ siècle.

Aujourd’hui, la ville regorge de temples, de vestiges et de puits à degrés, dont le célèbre Rani ki Vav, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Patola et Tangaliya : deux objets d artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquer

Le Patola s’inscrit parfaitement dans cette ambiance antique. Autrefois, on croyait que le porter conférait des pouvoirs religieux et miraculeux. De nos jours, le sari Patola est offert lors d’occasions auspicious.

Sa qualité a séduit non seulement l’Inde, mais aussi la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie, ce dernier pays étant le principal importateur, notamment de versions en soie. Les élites le considèrent comme un trésor, le réservant aux rituels védiques et aux mariages. Certaines créations apparaissent même dans les peintures d’Ajanta et au palais de Kochi, rappelant que les motifs actuels datent de plus de 900 ans.

Patola et Tangaliya : deux objets d artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquer

Patola et Tangaliya : deux objets d artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquer

Le tissage Tangaliya à Bajana

Le Tangaliya, autre forme d’art textile, ne doit pas être négligé lors d’un séjour au Gujarat. Présent dans plusieurs localités du district de Surendranagar – notamment Bajana, Wadhwan et Sayla – il possède un héritage de plus de 700 ans. Ce tissu, traditionnellement porté comme châle ou jupe enveloppante, appartient à la communauté pastorale des Bharwad.

Patola et Tangaliya : deux objets d artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquerPatola et Tangaliya : deux objets d artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquer

Nous avons découvert le Tangaliya à Bajana avec Dahyabhai Motibhai Parmar, artisan depuis 33 ans, qui a hérité du métier de son père. Sa famille produit ces textiles depuis 200‑300 ans pour les bergers Bharvad.

Après avoir suivi une formation en design, Dahyabhai intègre aujourd’hui des motifs modernes – tours Eiffel, symboles chrétiens – tout en conservant l’essence d’un art vieux de quatre siècles. Son style, véritable signature, diffère nettement de celui des tisserands de Patola.

Patola et Tangaliya : deux objets d artisanat indigène du Gujarat à ne pas manquer

Selon la légende, le Tangaliya aurait été inventé par un jeune berger amoureux de la fille d’un tisserand. Contre la volonté de ses parents, il épouse la jeune femme, est renié et s’installe chez les parents de celle‑ci. Tout en gardant son troupeau, il apprend le tissage auprès de ses beaux‑parents et utilise la laine des moutons pour confectionner des châles. Son style unique se répand rapidement, donnant naissance à l’art du Tangaliya.

Curieusement, la tradition veut que cet art ne soit pas transmis aux filles, afin d’éviter qu’elles ne le diffusent à d’autres familles et créent de la concurrence.

Qu’il s’agisse de vérité cachée ou de mythe, le Patola et le Tangaliya restent, comme de précieux bijoux, le rêve de chaque femme, hier comme aujourd’hui.


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