Hôtel de la semaine : Hosteria Yendegaia à Porvenir, Chili
Dans les années 1980, le dernier panneau sur la route menant à Porvenir indiquait simplement : « El ultimo apaga la luz. »
Si vous êtes le dernier à partir, éteignez la lumière.
À cette époque, la plupart des habitants de Porvenir ont traversé le détroit pour rejoindre l’Argentine, cherchant du travail et laissant presque cette ville chilienne isolée à l’abandon. Aujourd’hui, environ 5 000 résidents restent, donnant à Porvenir une atmosphère de ville fantôme à la fois étrange et fascinante. Contrairement à Punta Arenas, animée de l’autre côté du détroit de Magellan, ou à Ushuaia, remplie de touristes, Porvenir offre une véritable isolation : pas de croisières autour du cap Horn, pas d’expéditions antarctiques. Les visiteurs sont principalement des ornithologues passionnés ou des cyclistes du Trans‑America qui relient l’Alaska à Ushuaia. On a l’impression d’être réellement au bout du monde.
Parmi les maisons décrépies se glissent quelques cabanes simples et un hôtel sans prétention en périphérie. Le véritable joyau de l’hébergement à Porvenir reste l’Hosteria Yendegaia.
Une lumière sur la colline : Hosteria Yendegaia
Perché sur une petite colline centrale, ce bâtiment jaune légèrement surdimensionné se distingue par une rénovation récente et des couleurs éclatantes. À l’intérieur, le bed‑and‑breakfast, parfaitement géré, respire le confort d’un B&B anglais classique plutôt que celui d’une halte à la frontière du monde. Nous avons immédiatement senti le soulagement à notre arrivée.
Les dix chambres avec salle de bain privative offrent des sanitaires impeccables, lumineux, dotés de douches chaudes puissantes – indispensable dans ce climat. Nous étions là en mi‑mars (début de l’automne austral), affrontant des vents violents et une pluie incessante qui nous glaçait les os.
Le propriétaire, Vicente, a privilégié des fenêtres à double vitrage lors de la rénovation de deux ans, ainsi que des sols tapissés, des chauffages robustes, des serviettes moelleuses et des couvertures épaisses pour contrer les intempéries.
Les chambres du premier étage sont équipées de télévisions et de lits jumeaux surdimensionnés, idéaux pour les groupes d’ornithologues. Ce n’est pas encore un refuge romantique, mais Porvenir (qui signifie « avenir » en espagnol) promet un bel avenir, comme l’a souligné Vicente lors de notre séjour de deux nuits.

L’avenir s’annonce prometteur
Lors de notre visite, l’hosteria accueillait huit ornithologues français. Sans transport public et sans sites touristiques dans la ville, explorer les environs est un vrai défi. Pourtant, le potentiel est immense : colonies de manchots, randonnées guidées, sports d’aventure au cœur d’un paysage patagonien époustouflant. Un office du tourisme et des circuits organisés pourraient transformer la région. Même une simple visite guidée de la ville enrichirait le séjour de cet avant‑poste intrigant.
Les tarifs abordables de l’Hosteria Yendegaia et la meilleure cuisine de la ville – tenue par le beau-frère de Vicente – en font une base solide. Les dîners étaient remarquables : soupe copieuse et pain pour nous, menu à plusieurs plats à base de viande pour le groupe français. À notre demande, ils ont même préparé une chorillana végétarienne (version sans viande du plat chilien frit) – une expérience délicieuse.
Le petit‑déjeuner dépassait largement la norme des hôtels chiliens : œufs à la demande, petits pains, beurre, confiture, thé, café ou chocolat chaud à toute heure. Un thé vert chaud fut notre salut lors d’une journée pluvieuse.

Atout majeur : un véritable refuge
Porvenir offre la solitude qui manque à Punta Arenas ou Ushuaia – des centaines de kilomètres de nature sauvage entourent la ville, sans cafés ni lieux animés. Après avoir affronté des vents de 30‑40 mph, le froid et la pluie lors de nos promenades quotidiennes, revenir dans la chaleur de l’Hosteria Yendegaia créait l’équilibre parfait entre aventure et confort. Elle a même surpassé notre séjour ultérieur à Ushuaia.

Petit point d’amélioration : le salon
Ce n’est qu’un détail, tant la qualité globale est élevée. Au rez‑départ, les fauteuils autour des tables basses exposent les livres co‑écrits par Vicente et son père photographe, ainsi que les œuvres d’art autochtones de sa mère – de magnifiques pièces à acheter. Cela ressemble plus à une petite boutique qu’à un salon, ce qui pousse à se détendre davantage à l’étage.
Verdict : le meilleur hébergement de Porvenir
L’Hosteria Yendegaia est l’unique option supérieure à Porvenir – un phare chaleureux que nous recommanderions partout, de la campagne britannique aux métropoles mondiales, ou aux confins de la Terre de Feu. Idéal pour les cyclistes, les ornithologues ou les aventuriers.
Détails : Hosteria Yendegaia, Porvenir
Site web : www.hosteriayendegaia.com
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Adresse : Croacia 702, Porvenir, Tierra del Fuego, Chili
Tarifs : Double CLP 35 000 (US$70) haute saison ; simple CLP 22 000 (US$44) ; triple CLP 45 000 (US$90)
LGBT‑friendly : Oui
Digital‑Nomad Friendly : Oui – le Wi‑Fi le plus rapide de Porvenir !
Équipements : Petit‑déjeuner inclus, TV dans la chambre, salle de bain privée avec articles de toilette, salon, Wi‑Fi gratuit, réservation d’excursions, location de vélos





