Plongée sur les épaves des Bermudes
Les Bermudes, capitale des épaves de l'Atlantique
Les îles Bermudes sont célèbres pour être le « cimetière maritime » de l’Atlantique. Jadis redoutées par les marins, leurs récifs traîtres ont semé la peur et la perte parmi les équipages.
Un paradis pour les plongeurs
Ce danger est aujourd’hui une aubaine pour les amateurs de snorkeling et de plongée sous‑marine. Des plongeurs du monde entier affluent pour explorer des sites de plongée sur épave parmi les plus réputés, baignant dans des eaux turquoise d’une clarté exceptionnelle.
Une position stratégique
Situées directement sur la trajectoire du Gulf Stream, les Bermudes agissent comme un gigantesque nid-de-poule sur une autoroute maritime. Entre leurs récifs peu profonds et les ouragans saisonniers, plus de 400 navires y ont sombré au fil de l’histoire.
Des origines historiques
L’explorateur espagnol Juan de Bermúdez a franchi ces récifs périlleux dès 1505 et a survécu où tant d’autres ont péri. En 1609, le naufrage du Sea Venture – le « Mayflower » bermudien – a permis la colonisation de l’archipel. De nombreux Bermudiens retracent aujourd’hui leurs racines jusqu’à ces survivants.
Visibilité et accessibilité
La visibilité exceptionnelle et les fonds peu profonds offrent des plongées inoubliables. Les plongeurs admirent des coques recouvertes de coraux, des canons bourrés de balanes et une vie marine colorée : poissons perroquets, barracudas, poissons-anges. Le Taunton, vapeur danoise de 1902 mesurant 228 pieds, repose à seulement 3 mètres sous la surface, accessible même aux apnéistes.
Histoires de tragédies et de héros
Chaque épave raconte son drame. Le Cristóbal Colón, le plus grand épave bermudien (150 m), était un paquebot de luxe espagnol qui a échoué en 1936 à cause d’un signal d‑rivage défectueux. Le cargo norvégien Iristo (76 m) a subi le même sort en 1937 en fuyant la côte.
Des sites préservés
Souvent empilées les unes sur les autres, les épaves bénéficient de zones marines protégées qui les maintiennent remarquablement intactes malgré les mers agitées. Le célèbre goélette de 60 m, le Constellation, qui a inspiré le roman The Deep de Peter Benchley, a sombré en 1943 alors qu’elle transportait du matériel de construction, des drogues et 700 caisses de whisky – certaines bouteilles refont parfois surface parmi le béton.
Trésors perdus et archéologie
L’épave du San Pedro, coulée en 1596, recelait des trésors inestimables. L’archéologue marin local Teddy Tucker, fondateur de l’Institut d’exploration sous‑marine des Bermudes, a découvert le site en 1955, récupérant des boutons en or, des bijoux, des chaînes et la légendaire « Tucker Cross », un crucifix incrusté d’émeraudes d’origine inca.
Risques et bonnes pratiques
Le pillage d’épaves a parfois rapporté des fortunes, mais il reste réservé aux experts. Des dangers subsistent, comme le Pollockshields, un navire du XIXᵉ siècle chargé de munitions vivantes. Heureusement, les opérateurs de plongée locaux, forts de leur expérience, adaptent chaque site aux conditions et assurent des aventures sécurisées pour tous les niveaux. Contrairement aux marins d’antan, les plongeurs modernes ne deviendront pas de nouveaux visiteurs du musée submergé des Bermudes.




