Passeport indien : un point faible qui complique nos voyages au quotidien
Passeport indien : un point faible qui complique nos voyages au quotidien
Après plusieurs années passées au Royaume‑Uni et de nombreux voyages à travers le monde, j’ai compris que la fierté d’être Indien est partagée partout : les gens apprécient notre culture, le Bollywood, le yoga, et souhaitent en savoir plus.
Lors d’un road‑trip en Allemagne, il était facile d’engager la conversation en mentionnant mon origine. Mais la fierté ne suffit pas à compenser la faiblesse du passeport bleu marine portant la mention « République de l’Inde ».
Un passeport indien peu puissant
Il est indéniable que le passeport indien est classé parmi les plus faibles, malgré la position économique croissante de notre pays. Alors que la Chine, les États‑Unis ou la Russie sont considérés comme des partenaires commerciaux majeurs, les détenteurs du passeport indien rencontrent davantage d’obstacles à l’entrée.
Cette situation n’est pas uniquement le résultat de la politique extérieure; elle reflète aussi le manque d’accords de visa réciproques. Voici deux cartes illustrant les pays accessibles sans visa (gris) et ceux nécessitant une demande préalable.

À titre de comparaison, le passeport britannique offre une liberté de déplacement bien plus large.

Un vrai désavantage, n’est‑ce pas ?
Les classements internationaux placent le passeport indien derrière des pays comme le Kazakhstan, le Kenya ou le Bhoutan. Selon le Global Passport Power Rank 2020, l’Inde occupe la 70ᵉ place, avec 26 pays accessibles sans visa et 44 en visa à l’arrivée.
Mon propos n’est pas de dénigrer notre identité, mais de souligner que ce passeport limité complique la vie du citoyen mondial.
Un passeport faible coûte cher
En parcourant l’Asie du Sud‑Est, j’ai dû payer plusieurs milliers de roupies supplémentaires à cause de mon passeport. Par exemple, un trajet en bus de Thaïlande à Cambodge coûtait 1 200 ₹, mais j’ai dû prendre un vol de 5 500 ₹ pour éviter le risque de refus du visa à l’arrivée.
De même, l’Inde n’est pas autorisée à entrer par voie terrestre en Malaisie, ce qui oblige les voyageurs indiens à prendre un vol supplémentaire, contrairement aux détenteurs de passeports européens.
Les backpackers indiens sont rares à l’étranger
Lors de mes années de nomadisme, j’ai croisé de nombreux voyageurs européens qui traversent les frontières sans trop se soucier des formalités. Pour nous, chaque passage de frontière implique souvent une demande de visa, un itinéraire détaillé et une paperasse lourde.
Les blogs de voyage indiens ne présentent quasiment jamais de nomades itinérants sans plan précis, car les exigences de visa – même pour les visas à l’arrivée en Thaïlande ou à Singapour – imposent la réservation préalable d’hôtels et de transports.
Demander un visa, c’est comme obtenir un nouveau certificat de naissance
Lors de ma demande de visa Schengen, on m’a réclamé un vol retour, des réservations d’hébergement, des preuves de transport interne, des relevés bancaires, des lettres de recommandation, un contrat de travail et même des avis d’imposition. En tant que pigiste, mon revenu irrégulier rend ces exigences quasi impossibles.
Cette procédure engendre une anxiété constante jusqu’à la réception du passeport, qu’il soit accepté ou refusé.
Je rêve de découvrir le monde comme n’importe quel Allemand ou Coréen, mais mon passeport indien reste un fardeau qui limite mes horizons.




