Itinéraire solo à vélo dans la vallée de Spiti – Blog de voyage

Il y a de nombreuses années, mon père a séjourné dans la région de Lahaul‑Spiti. Il me racontait la nature brute et peu accueillante du lieu, ce qui m’a aidé à concevoir cet itinéraire dans la vallée de Spiti.
À l’époque, la vallée semblait isolée. Aujourd’hui, des bus matinaux relient quotidiennement la vallée à ses environs, et les voitures privées ou les taxis sont visibles.
Cela n’enlève rien à l’aventure d’un road‑trip dans le Spiti. Comparée au Ladakh, la vallée reste très austère et désolée.
Parcourir ces paysages à couper le souffle nécessite une bonne dose de folie – et planifier un voyage à vélo en solo demande plus que de la folie.
Lorsque j’ai élaboré mon itinéraire, j’étais un peu effrayé, mais j’ai décidé de me lancer quand même !
Actualisation 2020 : le Spiti est devenu très fréquenté. Pour plus d’aventure, pensez au col de Shinkula (Zanskar) qui relie Keylong à Kargil, ouvert en 2019.
Vallée de Spiti
La vallée est accessible toute l’année par la route, sur une distance de 700 à 900 km selon le tracé choisi. J’ai parcouru le trajet Shimla → Kaza → Manali, mais il est également possible de faire le sens inverse.
Je recommande de partir de Shimla pour deux raisons :
- Facilité d’acclimatation à l’altitude.
- Pas besoin de permis pour le col de Rohtang, évitant ainsi des frais et une perte de journée à la sous‑préfecture de Manali.
Avant de partir, vérifiez que le col de Kunzum est ouvert ; il peut être fermé au-delà de Losar, ce qui vous obligerait à rebrousser chemin jusqu’à Shimla.
Voici la carte du trajet Delhi → Spiti, que j’ai réalisé en 9 jours :

En suivant mes conseils et en campant chaque nuit, le budget total du voyage (nourriture, carburant, hébergement) s’est élevé à seulement 5 000 Roupies.
Le camping dans cette région très inhospitalière exige une bonne préparation, mais il rend l’aventure encore plus authentique.
Itinéraire road‑trip Delhi → Vallée de Spiti
Jour 1 : Delhi → Chandigarh
J’ai commencé très tôt, à 4 h du matin, et parcouru les 250 km jusqu’à Chandigarh en moins de quatre heures. Cette première nuit a été la seule où je n’ai pas campé.
Jour 2 : Chandigarh → Arphu

Après une courte traversée de Shimla, la route reste en bon état. J’ai campé à Arphu, un petit hameau où j’ai été invité à dîner par une famille locale.
Jour 3 : Arphu → Sangla

Une averse légère m’a rappelé d’emporter une housse de pluie. Le tronçon de 8 km vers Tapri est difficile, mais la source chaude de Tapri vaut le détour. J’ai ensuite campé à Sangla, à moins de 20 km de Chitkul.
Jour 4 : Sangla → Chitkul

Le vallon de Sangla dévoile des montagnes enneigées et une architecture tibétaine du XIXᵉ siècle. Chitkul, dernier village indien avant le Spiti, possède un vieux temple Mathi et offre des options de camping à partir de 1 500 Roupies la nuit.
Jour 5 : Chitkul → Nako

Le trajet descend jusqu’à Karccham, puis passe par Rekong Peo où il faut faire le plein. Après Puh, le chemin devient un vrai défi avec de nombreux virages serrés. J’ai atteint Nako en 8 heures ; le monastère du XVe siècle m’a permis de camper sur son terrain.
Jour 6 : Nako → Key

Au lieu de loger à Kaza, j’ai choisi la petite ville de Key, moins touristique et proche d’un monastère du XIIIᵉ siècle. La route entre Nako et Key est ponctuée de gros engins qui tentent d’améliorer la chaussée.
Jour 7 : Key → Losar
Kaza, chef‑lieu du district, possède la seule station‑service sur 200 km. Après un court retour à Kaza pour le plein, j’ai poursuivi vers Losar (3‑4 h). Losar est un véritable Shangri‑La où j’ai campé sur une propriété privée.
Jour 8 : Losar → Chandratal

En quittant le Spiti pour la vallée de Lahaul, l’ascension du col de Kunzum est suivie d’une route étroite de 12,5 km jusqu’à Chandratal. Le lac, à 4 300 m d’altitude, offre des panoramas spectaculaires. Le camping y coûte entre 700 et 2 500 Roupies selon le confort.
Jour 9 : Chandratal → Manali

Je suis revenu sur mes pas jusqu’à Batal, où il faut refaire le plein avant la longue traversée vers Gramphu. Après le col de Rohtang, très fréquenté et souvent enveloppé de brouillard, je suis descendu à Manali, où j’ai choisi de prendre une chambre après tant de nuits en tente.
Depuis Manali, il est possible d’envisager un autre défi à moto : le col de Sach.




