L'Italie adore les tout‑petits
Les Italiens sont, à ma connaissance, les seuls à vénérer un bébé. Si le Christ adulte, barbu, est omniprésent, c’est le petit Jésus qui occupe le cœur des gens. L’Italie souffre d’un taux de natalité parmi les plus bas du monde industriel, ce qui rend ce culte du bébé d’autant plus palpable pour quiconque voyage avec un enfant en bas âge.
Un enfant, une célébrité
Se rendre en Italie avec un nourrisson, c’est voyager avec une véritable célébrité. On ne peut pas avancer dans la rue sans attirer l’attention. Un bébé suscite des regards émerveillés, un tout‑petit déclenche des offrandes de bonbons ou de jouets. Lors de notre trajet Rome‑Calabre avec notre fille âgée de deux mois, nous avons été frappés par l’aide spontanée d’inconnus : les escaliers raides menant aux quais de gare sont devenus des invitations à soulever la poussette. En Amérique, un parent aide parfois, mais en Italie, grand‑mères, adolescents et passants interviennent sans hésiter.
Des plages surveillées comme des crèches
Sur la petite plage de Scilla, aux Détroits de Messine, des mères et grands‑mères arpentaient le sable, leurs filets prêts à attraper tout ce qui pouvait menacer les enfants, notamment les méduses.
Un accueil qui ne s’arrête pas aux tout‑petits
Nous nous sommes demandé si la même expérience se reproduirait en Toscane, région très touristique, avec une petite de deux ans. La réponse a été affirmative : notre fille a continué à recevoir des échantillons gratuits, des bonbons, des livres de coloriage et des crayons, simplement en étant présente.
Ce phénomène est purement italien, comme le prouvent nos précédents séjours dans les Alpes et à Paris, où l’accueil était bien différent.
Des villes à taille humaine
Les villes italiennes sont pensées pour les piétons, non pour les voitures. Les scooters bourdonnent, mais la plupart des centres historiques sont piétonniers. Les petites ruelles pavées et les places ornées de fontaines et de statues donnent aux enfants le sentiment de sécurité. À Rome, nous avons séjourné dans un hôtel donnant sur la Piazza Madonna dei Monti, cœur du quartier Monti. Ma fille a adoré le bornage SPQR, qu’elle pouvait toucher sans se mettre à genoux comme les adultes.
La cuisine, le vrai bonheur
Le meilleur atout d’un voyage en Italie avec un bébé, c’est la nourriture : pizza, spaghetti, gelato… Mais ce n’est pas tout. Au lieu de préparer des jus en boîte, on trouve du jus d’orange fraîchement pressé à chaque café. Les serveurs, patients et chaleureux, ne font jamais semblant d’accepter les enfants. Ma nièce et son amie américaine ont reçu des compliments enthousiastes pour leurs premiers mots d’italien.
Un jour, notre fille a refusé de s’asseoir dans une trattoria du ghetto romain, déclarant « Pas propre ! », et nous avons quitté les lieux. Mais repas après repas, sa confiance s’est bâtie, et le dernier jour, au Taverna Romana, elle a découvert le plaisir des fruits de mer. Le serveur a apporté un sauté de palourdes ; elle en a mangé une, a demandé le nom du plat et, depuis, nous avons adopté un petit régime pescétarien.
OÙ LE TROUVER
Taverna Romana
Via Madonna dei Monti, 79
00184 Rome
+39‑06‑474‑5325




