10 faits essentiels avant de partir dans l'espace
Le voyage commercial dans l'espace arrivera bientôt. Voici un guide condensé pour le premier pas d'un voyageur interstellaire.
FRANCHIR L'ATMOSPHÈRE
Où commence l'espace ? Environ 100 km au‑dessus du niveau de la mer, à la limite de l'orbite basse terrestre. C’est assez proche pour rester en contact et pour de belles photos. Vous n’y trouverez ni trous noirs, ni supernovas, ni sursauts gamma ; ceux‑ci sont réservés aux profondeurs de l’espace. Pour la plupart des astronautes, l'espace, c’est surtout admirer les étoiles en filant à 4,8 miles par seconde.
ORIENTATION
Il n’y a pas encore de panneaux routiers dans le vide. Commencez par le sol : les continents et les nuages peuplent la troposphère, les avions de ligne volent sous la couche d'ozone dans la stratosphère, les étoiles filantes brûlent brièvement dans la mésosphère, les aurores dansent et les navettes glissent dans la thermosphère. Les satellites, la Station spatiale internationale et les futurs complexes touristiques (comme la Galactic Suite) gravitent dans l’exosphère la plus externe.
Avec la physique comme gouvernail, vous êtes en quelque sorte sur un manège qui tourne autour de la Terre ; vous ferez seize tours en 24 heures et risquez de perdre le sens du haut et du bas. Déterminez votre position à l’aide de trois repères célestes fixes et d’un peu de maths (il y a sûrement un bouton sur le tableau de bord pour ça).

La fusée SpaceX Falcon 9 décolle du Space Launch Complex 40 à Cape Canaveral.
PRÉPARATION
Quitter l’atmosphère n’est pas une sinécure. Il faut s’étirer, manger sainement et se préparer à un changement total de décor. Consultez un médecin pour vous assurer que vous êtes apte au vol. Entraînez votre corps à l’apesanteur : 40 pieds d’immersion sous l’eau ou un vol zéro‑g. Dans deux ans, vous serez prêt pour le décollage.
DÉCOLLAGE ET RÉ‑ENTRÉE
Vous avez de grandes chances de sortir de l’atmosphère, mais le voyage spatial reste risqué. Profitez de la semaine précédant le lancement pour vous faire plaisir : steak, dessert, binge‑watch Netflix (vous ne pourrez pas le regarder en orbite). Dormez bien et présentez‑vous à Spaceport America le jour J.
En quelques minutes, vous aurez les yeux rivés au ciel, le son étouffé par le casque de votre combinaison de 45 kg. Vous ne perdrez pas connaissance pendant le lancement : votre sang ne s’écoulera pas du cerveau en position assise. Après neuf minutes, vous êtes en apesanteur.
Si vous préférez éviter les turbulences, optez pour un lancement aérien depuis un avion porteur. Pour la ré‑entrée, ne vous inquiétez pas : la plupart des débris se désintègrent sous l’effet de la chaleur atmosphérique. Votre vaisseau possède des boucliers thermiques, des parachutes et un bouton d’abandon. Vous serez en sécurité.
APESANTEUR
Verser du champagne dans l’espace est quasi impossible, mais votre colonne vertébrale décompressée vous fera paraître plus long et élancé. Un programme quotidien d’exercices (vélo stationnaire, squats, machines à poulies) est indispensable pour préparer le corps à la ré‑entrée.

Un coin douillet à bord.
VIE À BORD
Avec seize levers de soleil chaque jour, il faut privilégier les micro‑siestes plutôt que le sommeil profond. Les flashs lumineux soudains sont des radiations cosmiques qui peuvent déclencher de faux signaux rétiniens. Regarder le vide infini peut susciter un sentiment d’insignifiance, tout à fait normal. Avant de vous recroqueviller, jetez un œil à la Terre pour retrouver émerveillement, gratitude et joie débordante.
JARGON
Résistez à l’envie d’appeler Houston à chaque problème : vous êtes sur un vol commercial, pas une mission NASA. Adoptez le vocabulaire local : « yestersol » désigne hier sur Mars, « Malfunction Junction » désigne Cape Canaveral. Les astronautes parlent en abréviations, alors raccourcissez tout ce que vous pouvez.
GOURMANDISES
Les repas sont pré‑emballés, modifiés et souvent pas sans allergènes. Vous trouverez des classiques comme la glace lyophilisée et le Tang, ainsi que des spécialités extraterrestres : burritos spatiaux (merci Taco Bell), kimchi modifié, tubes de borscht. Les fruits et légumes frais livrés lors de missions de ravitaillement restent consommables deux jours avant de se détériorer. Bientôt, les produits cultivés à bord (laitue et autres légumes de la ferme spatiale de la NASA) viendront enrichir le menu.
STYLE ET TENUE
La température à bord d’une station spatiale est d’environ 22 °C avec 60 % d’humidité relative, donc habillez‑vous comme pour un après‑midi californien. L’espace de rangement est limité, mais ne lésinez pas sur les sous‑vêtements : pas de lessive en orbite. Les chaussures sont inutiles, et les combinaisons (une orange pour le décollage et la ré‑entrée, une blanche pour les promenades spatiales) sont fournies.
LISTE DE LECTURE ET RECOMMANDATIONS
« Une brève histoire du temps » de Stephen Hawking vous donnera l’air d’un génie. « Guide d’un astronaute pour vivre sur Terre » de Chris Hadfield est inspirant. La « Trilogie de Mars » de Kim Stanley Robinson stimule l’imagination. Plongez dans « De la Terre à la Lune » de Jules Verne ou le film muet de Georges Méliès, « Le Voyage dans la Lune ». Surmontez vos peurs avec les TED Talks d’Olympia Lepoint, scientifique en fusées.




