En Tanzanie, ce sont les petites choses qui comptent le plus

Si vous cherchez à faire une bonne action pendant les fêtes, pensez à parrainer un enfant ou une famille tanzanienne au nom de quelqu’un grâce à la campagne « Give and Receive » de The Small Things. Michelle Russell, directrice de la communication et du parrainage (et contributrice à Fathom), nous explique la mission de TST et comment elle soutient les enfants et les familles du district de Meru en Tanzanie.
Parlez‑nous de l'organisation.
The Small Things est une ONG située dans le village de Nkoaranga, dans le district de Meru, en Tanzanie. Nous croyons en la construction et le soutien de familles heureuses, sous toutes leurs formes, en créant des plans de prise en charge durables, participatifs et évolutifs pour les enfants orphelins et les familles vulnérables. Nous œuvrons pour autonomiser notre communauté en rassemblant de petits gestes du monde entier afin de provoquer de grands changements. Nos programmes soutiennent l’Orphelinat de Nkoaranga, le Village d’enfants Happy Family et le Programme de Préservation Familiale, qui offre un accompagnement commercial et d’autres services aux familles afin d’éviter que leurs enfants ne finissent en foyer ou autre structure résidentielle. TST travaille à garder les enfants au sein de leurs familles chaque fois que cela est possible.
Qu’est‑ce qui vous a poussé à rejoindre cette organisation ?
Je suis profondément concernée par l’avenir du monde et j’aime m’immerger dans de nouvelles cultures. Les enfants sont, à mon sens, la clé d’un futur durablement heureux, mais ils ne peuvent pas le construire seuls. Rejoindre TST m’a permis de concilier mes objectifs personnels et professionnels tout en offrant des environnements sûrs et nourrissants aux futurs leaders de Tanzanie et au-delà.
Quel était votre parcours avant cela ?
Après deux séjours de volontariat en Tanzanie au sein du Tanzanian Children’s Fund – Rift Valley Children’s Village, une organisation similaire qui travaille avec des jeunes marginalisés – je suis retournée aux études pour obtenir un master en travail social, spécialisé en politique internationale et protection de l’enfance. J’ai ensuite travaillé à New York comme conseillère scolaire et animatrice de groupes de thérapie artistique, principalement auprès de populations immigrées.
Qui bénéficie de votre travail ?
Les 42 enfants résidant à l’Orphelinat de Nkoaranga et au Village d’enfants Happy Family, les 23 familles participant à notre Programme de Préservation Familiale, ainsi que les plus de 40 membres du personnel dévoués et leurs propres familles.
J’en retire également une richesse de connaissances et un engagement envers la famille et le pays, que je constate chaque jour chez mes collègues et dans la communauté de Nkoaranga, ainsi que la compassion et la patience des enfants qui se soutiennent mutuellement.
Avez‑vous déjà eu des liens personnels avec le pays ou les habitants ?
Je suis attirée par la Tanzanie depuis mes séjours d’été 2010 et 2011, où je faisais du volontariat avec le Tanzanian Children’s Fund. J’ai été mise en contact avec la fondatrice de TST, Bekka Ross Russell, grâce à India Howell, fondatrice du Tanzanian Children’s Fund, et je suis ravie d’y retourner. C’est un pays magnifique, aux habitants chaleureux et à la cuisine savoureuse.



Quelles sont les difficultés de votre travail ?
Le changement est progressif et les ressources limitées. La demande est forte, mais les opportunités de progrès restent rares. Il faut également me rappeler que les dynamiques fonctionnent différemment en Tanzanie qu’à New York : les normes culturelles varient et mes attentes ne correspondent pas toujours à la réalité locale.
Un moment de « lost‑in‑translation » ?
Je travaille à maîtriser le kiswahili et à réactiver les connaissances acquises lors de mes précédents voyages. Certains mots ont plusieurs sens, comme Kusikia, qui signifie à la fois « ressentir » et « entendre ». Il m’a fallu un instant pour comprendre lorsqu’on m’a dit qu’on « entendait chaud ».
Depuis quand vivez‑vous en Tanzanie ?
Je suis ici depuis six mois et je prévois d’y rester encore six, voire plus.
Quelles sont vos trois choses préférées en Tanzanie ?
Il est difficile d’en choisir seulement trois, mais voici mes coups de cœur : les journées claires offrant une vue sur le mont Meru et le Kilimandjaro depuis ma maison, les nuits confortables au River Trees Country Inn, et les milk‑shakes de l’après‑midi au Tanz‑Hands Café, dont les recettes soutiennent les personnes handicapées.
Un moment mémorable que vous avez vécu en Tanzanie ?
Le coucher du soleil en naviguant et en nageant autour de Zanzibar, l’île semi‑autonome au large de la côte tanzanienne. Le sable est ultra‑doux et blanc, l’océan d’un bleu incomparable ; une parfaite combinaison de sérénité et d’aventure en plein air.
Ce travail a‑t‑il changé votre vision de la charité ?
Oui, d’une certaine manière, même si je n’utilise que rarement les mots « charité » ou « aider ». Chez TST, nous ne faisons rien que les personnes avec qui nous travaillons ne pourraient pas faire elles‑mêmes. Les ressources sont limitées, la vie parfois difficile, mais la résilience humaine est puissante. Nous nous considérons comme des partenaires et des collaborateurs. La communauté de Nkoaranga regorge d’idées brillantes et d’entrepreneurs dévoués que nous soutenons et mettons en relation avec d’autres esprits similaires. La « charité » n’est pas seulement donner ; c’est créer de la solidarité, encourager la participation et la compréhension. L’argent facilite une vie meilleure, mais le besoin le plus profond reste d’être entendu et compris.



Quel conseil donneriez‑vous aux entrepreneurs souhaitant intégrer une dimension globale à leur activité ?
Informez‑vous. Identifiez une cause qui vous tient à cœur, trouvez une organisation qui l’œuvre, puis observez concrètement comment elle agit.
Où voyez‑vous The Small Things dans cinq ans ?
Je souhaite recevoir la visite d’enfants qui sont retournés vivre avec leurs familles et n’ont plus besoin de notre soutien, féliciter nos plus anciens élèves pour leurs réussites au lycée, et voir nos diplômés du cours d’entreprise partager leurs expériences avec leurs pairs tout en soutenant de nouveaux entrepreneurs.
Quel sera votre prochain voyage ?
Je prévois de me rendre en Ouganda ce printemps pour voir les gorilles !
Comment les lecteurs peuvent‑ils s’impliquer ?
Il existe de nombreuses façons d’aider. Nous accueillons les contributions de toutes tailles pour soutenir notre travail. Pour ceux qui souhaitent établir une relation de parrainage, il est encore temps de participer à notre campagne « Give and Receive » des fêtes : inscrivez‑vous pour devenir parrain et recevez des mises à jour trimestrielles sur les progrès de l’enfant ou de la famille. Nous invitons également les volontaires tout au long de l’année à se rendre à Nkoaranga, à aider le personnel et à organiser des événements pour récolter des fonds et faire connaître notre mission.
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