Guide complet pour voyager au Japon : tout ce qu’il faut savoir
Bienvenue dans la série d’interviews « Around the World » d’Ordinary Traveler ! Tous les quinze jours, nous recevons un invité qui a vécu ou passé du temps dans un pays précis, afin de partager ses conseils pratiques et ses anecdotes.
Cette semaine, Lash de Lash World Tour nous livre ses précieux conseils sur le Japon, fruits de ses six années d’expatriation à Kyoto.
Combien de temps avez‑vous passé au Japon ?
En 1991, juste après l’université, je quitte les États‑Unis avec ma meilleure amie pour m’installer à Kyoto. J’y ai travaillé, économisé et découvert le pays pendant six ans, jusqu’à la fin de 1997. J’enseignais l’anglais et enchaînais des petits boulots, ne travaillant que 25 heures par semaine tout en touchant un salaire complet, ce qui me laissait beaucoup de temps libre.
Je me suis immergée à fond dans la culture traditionnelle : j’ai appris à porter le kimono, à pratiquer la cérémonie du thé, l’arrangement floral, l’aïkido, le tambour taiko, le koto et le shiatsu. J’ai même joué du taiko et du koto en public et animé plusieurs cérémonies du thé.
J’ai assisté à d’innombrables spectacles, festivals et cérémonies, parcouru les plus de 2 000 temples, sanctuaires, jardins et quartiers historiques de Kyoto, découvert des restaurants cachés et visité les temples de montagne et les onsen des environs.
J’ai ensuite voyagé à travers les quatre îles principales du Japon – Honshu, Hokkaido, Shikoku et Kyushu – à vélo, en train et en ferry. J’ai traversé la moitié d’Honshu, pédalé sur Hokkaido et l’île d’Awaji, visité des parties de Kyushu et Shikoku, et même fait une escapade tropicale sur l’île d’Iriomote (Okinawa). J’ai gravi les Alpes du Nord, le Mont Fuji et le parc national de Daisetsuzan à Hokkaido, ainsi que de nombreux temples perchés.
En bref, j’ai exploré le Japon pendant six années intensives. En 2001, je suis revenue à Kyoto trois mois pour vendre des produits importés de Bali et de Thaïlande, tout en assistant à des festivals trance et aux marchés mensuels des temples.

Astuces budget pour le Japon
Le Japon est réputé cher : hébergement, nourriture, transports, vêtements et produits d’hygiène s’additionnent rapidement. Mon meilleur conseil : apportez tout ce dont vous avez besoin depuis chez vous et évitez d’acheter des souvenirs inutiles. Un séjour plus court aide aussi à maîtriser le budget.
Hébergement
Les options les plus économiques sont les minshuku (maisons d’hôtes familiales) et les hôtels capsule (souvent réservés aux hommes). Dans les années 1990, le prix moyen était de 3 000 à 5 000 ¥ par nuit (30‑50 $ US). Avec le yen aujourd’hui plus fort, les tarifs sont naturellement plus élevés. Certains sites annoncent des chambres à 2 500 ¥, mais ces offres étaient rares à l’époque.
Pour les voyageurs à petit budget, pensez à Couchsurfing, Tripping ou d’autres plateformes d’hébergement gratuit.
Alimentation
Privilégiez les soupes de nouilles udon ou soba et les donburi (bols de riz garnis) qui coûtent entre 400 et 800 ¥ (4‑8 $). Les 7‑Eleven proposent des repas sains et variés. Les onigiri (boulettes de riz) et les plats à emporter sont très abordables. Cuisiner dans un minshuku revient souvent moins cher que de manger au restaurant (les plats commencent autour de 800 ¥).
Transports
Le transport est coûteux ; les entreprises offrent même des passes subventionnés à leurs employés. Mon abonnement mensuel de train coûtait environ 300 $ US, prise en charge par mon école.
Économies supplémentaires
Limitez vos déplacements à 1‑2 régions et privilégiez le vélo, qui est idéal au Japon. Achetez un Japan Rail Pass (hebdomadaire ou mensuel) avant votre départ. Pendant les vacances scolaires, le « Seishun 18 Kippu » (18 tickets) permet de voyager à volonté sur les trains locaux ; achetez les paquets de 5 pour optimiser les trajets longs comme Kyoto‑Tokyo.

Endroits et expériences préférés
Mon amie et moi avons découvert Yoshino, un village perché à trois heures au sud de Kyoto, célèbre pour ses objets en écorce de cerisier, ses onsen et ses temples de montagne. Nous y revenions chaque saison pour randonner, écouter les cornes de conques, goûter les spécialités locales et profiter d’un onsen de jour avec des tonneaux de saké offerts (à consommer avec modération). C’est devenu notre lieu de célébration de l’anniversaire de notre arrivée au Japon.
La cuisine japonaise
Le Japon offre une incroyable variété de plats régionaux et saisonniers, souvent difficile à retrouver ailleurs. Les menus affichent des répliques en plastique pour faciliter la commande.
Ce que vous connaissez déjà : sushi, sashimi, yakitori, yakiniku, soupe miso.
Les pépites à découvrir : okonomiyaki, udon, soba, donburi, saba (maquereau), gyoza, ochazuke, umeshu, onigiri, yaki‑imo, yakisoba, yaki‑udon, shabu‑shabu, agedashi‑tofu, edamame, chawanmushi, curry rice.
Le petit‑déjeuner traditionnel (riz, poisson grillé, miso, pickles, nori) est servi dans les minshuku et ryokan. Les plats à base de légumes (aubergine, potiron, radis, patate douce) et les multiples variantes de tofu font du Japon un paradis végétarien. Les boulangeries locales regorgent de pains et pâtisseries surprenants mais délicieux.

Usages et coutumes – À faire et à éviter
Ne pointez pas du doigt les personnes et ne touchez pas la tête. Évitez de manger ou de se coiffer en public (sauf dans les trains longue distance où les boîtes à bento, les « ekiben », sont autorisées). Les Japonais sont indulgents face aux petites maladresses des étrangers.
Hébergement préféré
Les ryokan et onsen coûtaient entre 18 000 et 30 000 ¥ par personne dans les années 1990 (180‑300 $). Mon coup de cœur : les hébergements du mont Koya (Koyasan) où l’on dort sur des tatamis et déguste le shōjin ryōri (cuisine bouddhiste) en chambre pour environ 5 000 ¥ (50 $ à l’époque, 60 $ aujourd’hui). N’hésitez pas à me contacter pour des recommandations.
Activités incontournables au Japon
À faire absolument : visiter les sentō/onsen (souvent en montagne avec du saké), les châteaux, temples et palais, assister à un spectacle de Kabuki ou de marionnettes, participer à une cérémonie du thé, explorer les festivals (surtout à Kyoto), flâner dans les halls alimentaires des grands magasins, essayer le kimono parmi les cerisiers ou les feuillages d’automne.
À voir absolument : les plus de 2 000 temples, sanctuaires et jardins de Kyoto.
Sécurité et mises en garde
Le Japon est extrêmement sûr ; la criminalité cible surtout les locaux et les Yakuza, pas les touristes. La conduite se fait à gauche ; si vous venez d’un pays à conduite à droite, regardez d’abord à gauche. La ponctualité est sacrée : trains et bus partent à l’heure précise.

Meilleures périodes pour visiter
Les prix restent élevés toute l’année. Choisissez votre séjour selon les saisons et les festivals, en évitant les périodes de pointe locales (Nouvel An, Golden Week, vacances d’été).
Automne : feuillages flamboyants (mi‑septembre à Kyoto), Jidai Matsuri.
Hiver : ski dans les Alpes japonaises ou Hokkaido (évitez les week‑ends), onsen enneigés, Nouvel An à Kyoto.
Printemps : fleurs de cerisier (début mai), Aoi Matsuri.
Été : Gion Matsuri, festivals de feu, pêche au héron.
Conseils de bagage
Apportez tous vos produits d’hygiène, appareils électroniques et vêtements ; ils sont bien plus chers au Japon. Prévoyez des tenues pour les quatre saisons (été chaud et humide, hiver froid). Les Japonais accordent une grande importance à la propreté ; le style occidental décontracté peut sembler négligé mais reste toléré. La mode jeune varie énormément.
À propos de l’auteur
Bio : Lash est une expatriée américaine qui voyage en solo depuis 1998, principalement en Asie. Passionnée d’activités de plein air (randonnée, cyclisme, plongée), elle a écrit Hiking in Bali et Cycling Bali (édition papier et ebook disponible sur Lash World Tour). Suivez son blog pour plus d’inspiration voyage.




