Coachella met l'art contemporain à l'honneur sur la scène culturelle du Grand Palm Springs
Le Coachella Valley Music and Arts Festival est l’un des événements phares du Sud‑Californie, attirant des mélomanes du monde entier pour deux week‑ends de concerts sous le soleil, sur l’immense domaine du Empire Polo Club.
Art et musique, un duo indissociable
Goldenvoice, le producteur du festival, soutient depuis longtemps l’art en commandant des installations spécifiques au site. En 2016, cet engagement a atteint de nouveaux sommets : des artistes internationaux de renom ont créé des œuvres contemporaines à grande échelle, inscrivant le Grand Palm Springs sur la carte mondiale de l’art.
Des installations qui interrogent et immergent
Les œuvres présentées cette année mêlent concepts, engagement politique et expériences immersives, le tout dans l’énergie vibrante du festival. Deux jeunes talents locaux, déjà salués à l’international, y figurent.

Phillip K. Smith III
Né à Indio et diplômé de la Rhode Island School of Design, Phillip K. Smith III revient après son Reflection Field de 2014. Son pavillon de 2016 est une structure circulaire massive composée d’éclisses miroitantes et d’espaces vides. De loin, elle scintille comme un mirage, reflétant le paysage environnant. De près, elle révèle un sanctuaire intérieur avec un arbre en pot et des sièges. À l’intérieur, des carrés blancs alternent entre bancs inclinés et murs ornés de sculptures globulaires aux couleurs changeantes, offrant une échappée hypnotique et un micro‑écosystème au cœur de la foule.
The Date Farmers
Le duo local The Date Farmers (Armando Lerma et Carlos Ramirez), ancré dans la tradition agricole de la vallée de Coachella, propose Sneaking Into the Show : une sculpture de 30 pieds représentant un homme, une femme et un vélo low‑rider. Elle souligne l’ironie selon laquelle de nombreux jeunes issus de familles d’agriculteurs ne peuvent pas se permettre d’acheter un billet pour un festival qui se déroule sur leurs terres ancestrales.
Katrina Neiburga & Andris Eglitis
Les artistes lettons Katrina Neiburga et Andris Eglitis présentent leur œuvre exposée à la Biennale de Venise en 2015, ARMPIT. Cette arche massive, rappelant un tatouage d’armadillo, est construite à partir de bois récupéré et renferme des vidéos d’hommes russes dans leurs garages, invitant à réfléchir sur le « cave » masculin, l’ingéniosité du bricolage et le rôle du travail dans la culture masculine.

Roberto Behar & Rosario Marquardt – Besame Mucho
Le duo miami‑en R&R Studios, formé de Roberto Behar et Rosario Marquardt, rend hommage à l’époque du flower power californien avec Besame Mucho. Un mur de 130 × 28 pieds, composé de 100 000 fleurs de soie éclatantes, épelle le titre et invite les visiteurs à s’embrasser sous ce gui floral.
Alex Arrechea – Katrina Chairs
L’artiste cubain Alex Arrechea rend hommage à l’impact de l’ouragan Katrina sur la Nouvelle‑Orléans avec Katrina Chairs. Quatre chaises jaunes de 30 pieds, empilées sur des socles carrés, symbolisent la résilience communautaire ; le public peut s’y installer pour ressentir l’idée d’un tout qui ne tient que grâce à l’effort collectif.

Jimenez Lai – The Tower of Twelve Stories
L’architecte taïwanais Jimenez Lai, fondateur du Bureau Spectacular basé à Los Angeles, crée The Tower of Twelve Stories : une coupe transversale blanche de 20 pieds, à l’allure de dessin animé, qui s’illumine de projections dynamiques la nuit, reflétant la diversité et l’évolution constante du public du festival.
Ces œuvres éphémères, visibles uniquement pendant le dernier week‑end avant d’être démontées, capturent l’esprit fluide et existentiel du Coachella.




